Vous voulez être alerté par email, des ventes aux enchères d'objets ou d'oeuvres d'art ou de collection qui vous intéressent...

CLIQUEZ ICI
Restez alertés avec Auction.fr
Logo détails des lots Auction.fr

Vente Piasa

Vente aux enchères du Jeudi 20 novembre 2008

Lettres et Manuscrits Autographes

Livres, B.D., Autographes

Toutes les ventes de Piasa

Piasa - Paris

Résultats de vente avec frais

Lot 28 : CHARLES IX (1550-1574) Roi de France. P.S. « Charles 


Translate // traduire

CHARLES IX (1550-1574) Roi de France. P.S. « Charles », Saint-Germain en Laye 31 janvier 1574 ; contresignée par le Secrétaire d'État Claude PINART ; cahier de 32 pages in-fol., papier.

DOCUMENT HISTORIQUE DU PLUS GRAND INTERET. C'EST UN VERITABLE CAHIER DE DOLEANCES DE LA HAUTE ET BASSE BRETAGNE PENDANT LES GUERRES DE RELIGION, AUQUEL REPOND LE ROI QUATRE MOIS AVANT SA MORT.
Le Roi a ordonné au S. de MEJUSSEAULME, capitaine et gouverneur de la ville de Rennes, de se rendre dans toutes les villes de la HAUTE BRETAGNE, « pour scavoir & entendre le comportement de tous voz subjectz dicelle chacun en son estat en les plainctes doleances et remonstrances quilz avoient a vous fere pour leur estre par vous pourveu sur icelles & establir entre eulx le repos & la tranquilité, en quoy vous desirez quils vivent & demeurent ensemblement soubz vostre obeyssance »...
Remonstrances du clergé. Les ecclésiastiques des évêchés de NANTES, RENNES, VANNES, SAINT-MALO et DOL se montrent heureux : la province vit « en telle union et repos que jusques icy ilz estoient demourez en toute tranquilité et doulceur sans estre aucunement empeschez, soit en la cellebration du service divin ou a la perception de leurs rentes & revenus » ; ce ne sont que compliments sur la noblesse, la justice, le tiers état « tant au faict de la marchandise que agriculture » ; et « par la pluspart desdites villes la Relligion Catholicque appostolicque & rommaine est seulle maintenue et entretenue »... Cependant les gens du clergé de Rennes et de Vannes se plaignent de leur difficulté à se faire payer, et à grands frais, le revenu de leurs églises, consistant en rentes hypothécaires et rachetables, et demandent à être autorisés à faire saisir les héritages des redevables, pour pouvoir continuer à payer le personnel des églises et y continuer le service divin, alors qu'ils sont très mal payés « par ceulx qui leur doibvent des rentes et qui jouissent du revenu de leurs églises [...] Disent oultre quil y a plusieurs personnes tant nobles que aultres gens mariez qui tiennent benefices au grand scandalle & murmure du peuple »... Le clergé de Saint-Malo demande au Roi, compte tenu de l'importance de cette ville, d'interdire « a ceulx de la nouvelle oppinion de demourer ne resider aucunement en icelle ville ains quils ayent a en vider sinon quils veuillent fere abjuration de ladite oppinion et profession de foy en la relligion catholicque appostolicque et rommaine affin que soubz pretexte de la liberté quils disent avoir de vivre en leurs maisons sans estre recherchez, ilz ne puissent par quelque intelligence secrette moienner une surprise en ladite place ». Le clergé de Dol aimerait que pour le bon exemple les gentilshommes assistent au service divin au moins aux jours de fête... D'autres plaintes concernent des biens du clergé, à Dol, et à Guérande où les gens de la nouvelle religion refusent de payer les dixièmes... Le clergé de Vitré dénonce que « plusieurs des habitans dicelle estans de la nouvelle oppinion se sont retirez aux Isles de Gerzay Grenezay es pais d'Angleterre jusques au nombre de treize hommes et femmes de crainte qu'on leur fist abjurer leurdite oppinion, et quant a ceulx qui lauroient abjurée y en a jusques au nombre de dixhuict ou vingt qui nont voullu recevoir les sainctz sacrements de leglise et ne vont aucunement a la messe »... etc.
Remonstrances de la justice. Les gens de justice demandent de « retrancher la multiplicité ruineuse des officiers » ; ceux de Guérande se plaignent du clergé, la plupart des chanoines étant « jeunes et en bas aage »...
Remonstrances du Tiers Estat. Les gens de RENNES réclament pour évêque M. de Xainctes. Ceux de VANNES protestent contre les voleurs et pirates de mer, retirés à La Rochelle et qui pillent « les paouvres marchans trafficquant »... D'autres réclament le paiement des blés livrés au camp devant La Rochelle... Les habitants de SAINT-MALO protestent contre les navires anglais qui « journellement prennent les navires biens et marchandises »... Ceux de GUERANDE remarquent que de grandes quantités de blé ont été sorties du pays et risquent de manquer lors d'une disette ou famine... Ceux de DINAN remontrent que ceux qui possèdent des bénéfices aux environs de leur ville n'y résident nullement, n'y font aucun service religieux ni aumônes au pauvre peuple.... Ceux de GUERANDE se plaignent d'être chargés de tailles et subsides, « encores que lad ville soit assise en frontiere sur ung hault descouvrant en la grande mer de toutes partz et sont les murailles portes & ponts de ladite ville presque du tout en ruyne nayans lesd habitans aucung moien de les fere reparer, et sont oultre cella grandement oppressez par quelques gentilzhommes de la nouvelle oppinion »... Les gens d'ANCENIS réclament contre les gens qui prennent les fruits de leurs bénéfices « au grand scandalle du peuple, et leurs paouvres paroissiens ne recoivent aucuns docteur en la relligion catholicque », et l'abbaye de Malleray, de grand bénéfice, tombe en ruine ; ils se plaignent que le Sire de La Musse Ponthier fasse fortifier une maison sur la rivière d'Erdre « qui est le chemin pour aller au lieug ou se font ordinairement les presches sans lequel La Musse il ny auroit aucun huguenot en toute la terre dudit Ancenys »... À LA ROCHE-BERNARD, on proteste contre les « gens de guerre tant de cheval que de pied » qui ont réduit les habitants en grande nécessité ; on demande « de fere commandement tresexpres aux habitans de Croisic de cesser les incursions quilz font ordinairement sur les marchans de La Rochebernard trafficquans par la riviere de Vilaine, sans lequel trafficq lesd habitans seront contrainctz de mandier leur vye », etc.
BASSE BRETAGNE. Le S. de TERNALAN s'est rendu aux évêchés de Saint-Brieuc, Tréguier, Léon, Cornouaille et Vannes. Selon l'évêque de Saint-Brieuc, le clergé fait bien son devoir, mais les trois abbayes de Lantenac, Beauport et Roquien, où il n'y a plus de religieux, sont possédées par des inconnus. Le sénéchal se plaint qu'on ne puisse « apprehender et fere justice daucuns volleurs se tenans aux forestz circonvoisines. [...] Et quant aux marchans et gens du tiers estat nous auroient faict plaincte de ne pouvoir librement exercer leur trafficq de marchandise sur la mer a raison du grand nombre de voleurs et escumeurs de mer », et des taxes qu'on prélève sur les marchandises dans les ports et havres. À Lanvollon, on se plaint du transfert de la juridiction à Saint-Brieuc. Le clergé de Lantreguer (Tréguier) déplore que les bénéfices principaux « sont occuppez par estrangers qui le tiennent soubz le nom dautres se reservant de si grandes pensions », laissant les abbayes tomber en ruines ; des gentilshommes font clore des domaines de grande étendue, ce qui empêche de lever les dîmes ; des arrêts défavorables ont été rendus en Parlement par des gens « de la nouvelle oppinion ». Le trafic maritime est empêché par les « pirates & volleurs qui sont sur la coste » et les subsides levés sur les marchandises. À Lannion, on se plaint du transfert de la juridiction à Lantreguer. À Morlaix, tous se plaignent des impositions levées au temps des guerres civiles, et des ravages faits par « les garnisons de gendarmerye, lesquelles en moins dun mois consommèrent tous les grains foings pailles, & autres provisions quilz avoient faictz pour toute lannée parce que le pais est peu fertil »... Ils sont grevés d'impositions et, outre la solde de 50.000 hommes de pied, les sommes levées sur eux par le Roi sont plus importantes que celles payées par Rennes, capitale de la province ; les plus riches ont été obligés pour payer les 40.000 livres tournois d'engager leurs biens et de s'endetter ; ils doivent entretenir une maison pour accueillir les pestiférés... On retrouve le même genre de plaintes et remonstrances à Saint Pol de Léon, Lesneven, Brest et Saint-Renan, Châteaulin. Le clergé de Quimper déplore qu'aux abbayes (Landevennec, Langonnec, Quemperelle bon repos, Cretmalouan, « les abbez desdits lieulx ne font residence & ny est le service divin faict suivant lintention des fondateurs, pour n'avoir nombre de relligieulx, ou que le peu quil y a par faulte de correction & discipline vivent dissolument au grand scandalle de leglise jusques a y commettre des meurtres les ungs contre les autres scavoir es abbayes de Landevennec et Langonec ». Quant aux « benefices ayans charge d'ames », la plupart sont « occupez par personnes secullieres soubz ombre de les conserver pour leurs enfans qui sont le plus souvent encores au berceau et les font tenir par paouvres prestres ignares leurs subjectz ou domestiques, et par ce moien nest la parolle de Dieu administrée » ; souvent le laboureur emporte la gerbe sans prévenir le curé ; les chanoines se plaignent d'avoir été obligés de loger les gens de guerre... « Se plaingnent davantaige quen la place qui est devant leglise cathedralle de levesché qui servoit autreffois de cimetiere, ou on faisoit alentour dicelluy une procession generalle chacun an qui se continue encores pour lejourdhuy les juges dud lieu puis vingt cinq ans y ont faict dresser des potences & gibetz pour y faire executer les crimes chose qui est beaucoup scandalleuze a ladite eglise ». Quelques gens de justice sont réputés être concussionnaires, et ont été appelés devant la Cour de parlement ; les sentences ont du mal à être appliquées par manque de main-forte. La noblesse se plaint d'être contrainte par les gens des comptes à venir leur faire hommage. Les bourgeois déplorent les intolérables charges qui pèsent sur le commerce ; ils ont été oppressés par les garnisons de gendarmerie, et réclament une meilleure répartition des 6.000 livres payée par eux « du commandement du Roy de Pollongne [...] pour esquipper les navires qui furent preparez pour aller devant Belle Isle du temps que le conte de Montgommery la tenoit [...] Et surtout se plaingnent du grand nombre de pillardz & pirates de mer » ; faute d'argent, les murs et pavés de leur ville tombent en ruine... S'étant rendu « en la ville & château de Concq [Concarneau] qui est de grande importance pour la deffense de la coste », Ternalan l'a trouvée très mal gardée ; les habitants réclament le retour de la juridiction transférée à Quimper ; les capitaines et mortes-paies ne tolèrent aucun officier ni sergent royal dans la ville, de sorte que la justice ne peut être appliquée, et ont provoqué « plusieurs desobeyssances et rebellions ». Après Quimperlé, Carhaix, Hennebont, Auray, il arrive à Vannes où « le peuple demeurant le long de la marrine se plaint de ce quen temps de guerre il est contrainct a fere guet achepter artilleries pouldres & autres munitions de guerre pour la deffence de la coste, et neangmoins sont aultant et plus chargés de tous subsides que ceulx qui habitent aux autres endroits de la province »... etc.
REPONSES GENERALES. Charles IX a répondu au fur et à mesure à chaque doléance ou remontrance, chargeant souvent le duc de MONTPENSIER, gouverneur de Bretagne, ou le premier président du Parlement, de veiller à y remédier, ou renvoyant à ces « Responces generalles ». Sur ce qui concerne les ecclesiastiques, le Roi approuve l'ordre et règlement rédigé par l'assemblée du Clergé en forme d'ordonnance, qu'il leur enjoint de faire observer, notamment par le cardinal de Bourbon. Pirateries sur la mer : des mesures vont être prises avec l'Angleterre contre la piraterie, et les juges ainsi que le S. de Bouillé, vice-amiral de Bretagne, doivent tenir la main à ce que ces actes cessent « et que le commerce se puisse exercer en toute liberté et seuretté ». Sur l'oppression des gens de guerre : « Sadite Maté ayant congnu que la licence que ont pris cy devant les compaignies de gens darmes et de gens de pied de mal vivre sur les champs et de foulle & opression a ses subjects proceddoit par la plus grande partie par faulte de payement a voullu avant toutes choses et comme pour lune des premieres & principalles pourveoir au payement de ses gens de guerre » ; des ordonnances de police et discipline vont être prises « affin doster toutes les pilleries & exactions qui se faisoient sur le peuple »... Soulagement du peuple : « Sa Maté desirant soullaiger son peuple a faict expedier lettres expresses pour revocquer toutes commissions ex[traordinai]res, en vertu desquelles ledit peuple estoit travaillé. Elle fera tousjours pour leur soullaigement tout ce quil sera possible ». Pour le faict de la Justice et suppression d'une partie de trop grand nombre d'officiers : le Roi va envoyer par tout son royaume « pour tenir une forme de grandz jours affin que la justice soit scincerement & dilligemment rendue & administrée a ses subjectz » ; il demande au Sieur de Cussé, premier président, et à d'autres conseillers de la cour de Parlement de Bretagne, de prendre toutes mesures pour que justice soit bien rendue en Bretagne...
Suit la déclaration du Roi aux gentilshommes des provinces députés vers lui, évoquant « la peine que jay prise pour remettre ce royaume en repos. Les eclesiasticques joissans de leurs biens resideront en leurs charges affin de sacquitter de leur debvoir et administrer la parolle de Dieu [...] La noblesse aura occasion de se contanter estant ma volunté dhonorer les bons & les remunerer selon leurs merites et au contrere fere chastier les mauvais de leurs mallefices. Je feray tellement regler ma justice quelle sera doresnavant rendue avec plus de legalité et briefveté quelle na esté cy devant sur tout jay mis peine de soullaiger mon paouvre peuple de tant de maulx et opressions dont depuis certain temps en ca il a esté par trop affligé a mon tres grand regret [...] Tout mon zelle & estude ne tend a autre chose que a concerver le repos en ce royaume »... Il veut suivre lui-même ses affaires, mais veut choisir un personnage sur lequel il puisse se reposer ; « sen estant allé le Roy de Poullongne Monsr mon frere », il fait choix de son autre frère le duc d'ALENÇON... Le manuscrit s'achève par un bref discours du duc d'ALENÇON...

Josef Capek - King Lear
Adjugé 257 143 €

06 mai 2012 - Vltavin - Aukcni Sin Vltavin, s r. o.

LES HEURES HACHETTE, HEURES À L'USAGE DE PARIS
Adjugé 1 680 000 €

27 avril 2012 - Millon et Associés Paris