Vente Piasa
Vente aux enchères du Mardi 23 juin 2009
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Lot 7 : Alexandre II. L.A., [Saint-Pétersbourg]
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Alexandre II. L.A., [Saint-Pétersbourg] Samedi 4/16 janvier 1869, à 11 1/2 h. du matin (N° 5), à Catherine Dolgorouki, " Katia " ; 6 pages in-8 à son chiffre couronné.
Belle et longue lettre. " Oh ! merci, merci, cher Ange de mon âme, pour ton adorable lettre de ce matin, dont toutes les bonnes paroles, qui ne sont que le reflet de notre cœur, m'ont rempli de notre bon soleil en plain. Tous les détails, de nos bons moments d'hier, me hantent comme toi [...] Malgré la position incomode c'était pourtant bon à crier [...] Oh ! quel bonheur de s'adorer comme nous et de savoir apprécier comme nous la jouissance de ne former qu'un seul être devant Dieu. Qu'Il ait pitié de nous et nous accorde un jour Sa bénédiction pour compléter le seul bonheur qui nous manque et dont l'espoir nous rattache à la vie. - Je ne me sens nullement fatigué, mais je dois avouer que ma mine était impossible hier soir et n'est pas brillante non plus ce matin, aussi il faudra vraiement que nous nous reposions quelques jours. [...] Ô mon Dieu ! pourquoi ne peut-on pas nous laisser tranquiles. Ces nouveaux cancans, à propos du bracelet, m'indignentet me font prendre le monde encore plus en horreur ! " Il doit aller à la maison des enfants trouvés et il espère après " avoir la chance de te rencontrer au quai. Nous dinerons avec les enfants et à 7 3/4 h. je volerai auprès de toi, pour oublier tous nos soucis, dans les bras de ma chère petite femme adorée, dans la quelle tout se concentre pour son mari devant Dieu "... 4 h 1/2 après midi. Il est furieux de n'avoir pu apercevoir Katia sur le quai ; il est allé à l'anniversaire de sa filleule... " La seule chose qui me console c'est de te revoir ce soir "...
A 1 h. de la nuit. " Je suis revenu du spectacle français où j'ai vu deux fort jolies pièces [...] Je veux que ma chère petite femme sache que son mari a gardé une bonne impression de notre chère soirée, malgré les petits caprices de son vilain lutin, qui malgré toutes ses promesses ne peut s'empêcher de s'y laisser aller, tout en le regrettant ensuite elle-même et en redevenant ensuite gentille et tendre comme une véritable dysa qu'elle est "... Par prudence, ils ne se reverront pas le lendemain, mais lundi soir : " les enfants voudront me dire adieu et si je ne les laisse pas entrer cela pourrait paraître louche et amener des doutes et des explications fort désagréables. [...] je me prive par là de mon plus grand bonheur, c.a.d. des seuls moments où je me sens véritablement vivre, mais que faire nous devons être prudents, car nous risquerions de gater tout par une imprudence et nous priver de la possibilité de nous voir pour l'avenir, ce qui serait pire que la mort pour nous. [...] Avec ces journées claires je n'ose pas te proposer de nous voir le matin, mais si malgré cela tu te décides à venir à 3 1/2 h. ou à 4 h. demain, écris moi un mot [...] je suis toujours libre à cette heure "... Dimanche 5/17 Janv. à 8 1/2 h. du matin. " Bonjour, mon Ange, j'ai eu beaucoup de difficulté à m'endormir ". Ils se verront le soir : " Ainsi au revoir j'espère à 2 h. au quai anglais et le soir pour sur dans notre cher nid "...
ALEXANDRE II
Tsar de Russie (1818-1881)
Lettres d'amour à Katia
Cet ensemble regroupe huit lettres de la correspondance amoureuse du Tsar Alexandre II à Catherine Dolgorouki (Katia, 1847-1922), témoins de cette extraordinaire histoire d'amour. Leur liaison débuta en 1866. Elle avait dix-huit ans, lui quarante-sept. En 1870, l'installation de Katia dans une chambre du Palais d'Hiver, au-dessus des appartements impériaux où résidait la Tsarine Marie Alexandrovna fit un énorme scandale à la Cour. En 1872, elle lui donnait un fils, Georges, puis deux filles, Olga et Catherine. La Tsarine, depuis longtemps souffrante, mourut le 3 juin 1880, et quarante jours seulement après sa disparition, Alexandre fit de Catherine son épouse morganatique, lui conférant le titre de Princesse Yurievskaya. La vie légitime du couple fut de courte durée, car le Tsar fut victime d'un attentat à la bombe le 13 mars 1881. Ramené mortellement blessé au palais, il agonisait quelques heures plus tard dans les bras de Katia. Devenue veuve, la princesse Yurievskaya s'exila en France à Nice, où elle mourut en 1922, emportant avec elle sa précieuse correspondance que le nouveau Tsar Alexandre III avait tenté de récupérer pour la détruire. Ces lettres sont inédites. Une grande partie de la correspondance (vendue à Londres en 1990 et achetée par la famille Rothschild pour échange avec la Russie) se trouve depuis environ 2000 aux Archives d'État à Moscou.
Les lettres sont numérotées, et portent la date et l'heure, comme un journal de conversation. Elles sont rédigées principalement en français, avec quelques phrases en russe généralement dans l'alphabet latin, et un vocabulaire secret (comme les bingerles désignant leurs ébats érotiques). Par mesure de sécurité, elles ne comportent pas le nom de Catherine et ne sont pas signées. La formule finale en russe : Mbou na bcerda (à toi pour toujours), tient lieu de signature.





