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Vente De Baecque & Associés

Vente aux enchères du Jeudi 24 juin 2010

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Lot 36 : Voyage en Nouvelle-Guinée (1876-1877). 5 L.A.S. à sa mère


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Voyage en Nouvelle-Guinée (1876-1877). 5 L.A.S. à sa mère.
Meuven-Bay, Batavia, Ternate et Dorey (Nouvelle-Guinée), sept. 1876 - août 1877. 46 pp. in-8.
Employé au Muséum pour classer les hyménoptères, Maurice Maindron est envoyé en Nouvelle-Guinée, pays inexploré, avec le naturaliste Achille Raffray.
Il n'a alors que 19 ans. Très rare et passionnante correspondance.
Il raconte son arrivée à l'extrême pointe orientale de Java, isolé au milieu d'un chantier hollandais de construction d'un grand phare, s'indigne du comportement des Hollandais vis-à-vis des indigènes, cultivateurs enrichis qui écrasent la colonie de leur faste grossier, traitant le Malais en peuple conquis, ils ne daignent même pas jeter un regard sur cette race intelligente et fine , évoque ses rapports difficiles avec son compagnon de voyage, son installation sur l'île de Ternate qu'il décrit longuement (ainsi que la population et ses coutumes, les festivités).
Enfin, c'est l'arrivée en Nouvelle-Guinée où il ne pourra adresser qu'une lettre tous les six mois tant les communications sont inexistantes.
Il raconte le voyage, la visite de Raffray au Rajah, et celle du prince de Tidore et autres chefs locaux à bord du navire, enfin, l'installation au pays des Papous.
Après être resté quelques jours à bord en attendant que les Papous eussent fini la maison qu'ils nous construisaient, nous prîmes possession de cette demeure où je me fis porter par les matelots.
Cette petite maison est construite en morceaux de bois rangés les uns à côté des autres, les murs sont tapissés de nattes nommées par les Papous Cocoyas, et fabriquées par eux avec les feuilles d'un palmier ou Pardanas.
Notre chambre et une grande pièce où demeurent les hommes, et un petit corps de bâtiment ajouté depuis peu et contenant les caisses, telle est notre demeure.
Nous avons remédié à l'inconvénient que suscitait notre plancher composé de rondins alignés et à travers lesquels tout passait, en le garnissant de nattes formant tapis, et on a dû garnir les pieds des chaises de planches ainsi que ceux de la table pour les empêcher de faire autant de trous et de se pencher gracieusement d'un côté ou de l'autre.
La maison est sur pilotis. Nos hommes dorment dans la première pièce et la porte ouvre sur une petite véranda, cette pièce est toujours remplie de Papous, aussi bien que notre fenêtre où se font les affaires et où nous changeons des perles, des couteaux et des étoffes contre des animaux de toute espèce qu'ils nous apportent [...].
Notre chambre surtout est assez bien close et on peut y travailler tranquille, c'est du moins une façon de parler car on voit toujours à la fenêtre cinq ou six têtes de Papous [...] .
Ses blessures le font terriblement souffrir et il a dû faire des aménagements pour écrire, dessiner et empailler.
Je peux ainsi, sans me déranger, faire avec les Papous des échanges d'insectes contre des perles ou des épingles .
Il décrit l'habitat des Papous, grandes maisons bâties sur pilotis en bois brut et recouvertes comme notre maison d'atops, c'est-à-dire de feuilles de palmiers arrangées par bandes ayant la forme d'un peigne, et se recouvrant en imbrication [...] .
Mais aussi leur mode de vie, leurs coutumes.
Ces maisons sont de véritables phalanstères traversées par un long couloir, des deux côtés est une rangée de petites chambres dont chacune renferme une famille ; il peut tenir jusqu'à quarante Papous dans une seule de ces maisons.
Les Papous sont d'assez braves gens, véritables grands enfants qu'il faut traiter cavalièrement.
Très bavards, ils mettent un temps infini à conclure des marchés, si simples qu'ils soient ; leur mauvaise foi alliée à leur naïveté est comique. D'une sobriété excessive, ils mangent quelques fruits et surtout celui de l'arbre à pain, aussi leur pays est-il des plus pauvres au point de vue de l'alimentation. On y trouve cependant quelques bananes et du poisson [...].
Le costume est d'une simplicité hébraïque :
jusqu'à onze ans à peu près, il est nul chez les deux sexes, à partir de cet âge, les hommes ont un petit pagne large de cinq ou six doigts tombant comme un tablier d'une ceinture, et quelquefois trainant à terre ; les femmes portent le même costume ; cependant beaucoup, surtout quand elles sont encore jeunes, enroulent autour de leur taille, un sarang qui leur vient aux genoux.
Les Papous se recommandent à l'attention par leur couleur brune, un nez très large et dont l'extrémité tombe un peu, une large bouche et surtout cette chevelure immense et frisée qui leur donne quelque ressemblance avec une tête de loup.
Ils ont les membres larges et grêles et sont peu robustes.
Les hommes de la montagne ont des ornements bizarres, tels que des morceaux d'os ou de coquilles passés dans la cloison du nez [...] .
Il raconte aussi longuement les deux épisodes qui ont failli lui coûter la vie, sa cruelle maladie qui effraya les Papous au point qu'ils crurent voir un mort et ne revinrent plus, etc.

LES HEURES HACHETTE, HEURES À L'USAGE DE PARIS
Adjugé 1 680 000 €

27 avril 2012 - Millon et Associés Paris

Iwan WINBERG - Zar Nikolaus I. Pauwlowitsch von Russland
Adjugé 85 000 €

04 mai 2012 - Beaussant-Lefèvre