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Vente Piasa

Vente aux enchères du Mercredi 27 mai 2009

Haute Epoque & Curiosités

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Piasa - Paris

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Lot 36 : RARES CHAPITEAU ET COLONNE SCULPTÉS - Chapiteau : Saint-Michel-de-Cuxa…


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RARES CHAPITEAU ET COLONNE SCULPTÉS
en marbre rose et gris de Villefranche-de-Conflent.
Le chapiteau, à la corbeille évasée, est cantonné aux angles de grandes palmettes aux bords et à la nervure centrale soulignés de perles ; des volutes nervurées à la base feuillagée ornent les angles supérieurs ; ces volutes prennent naissance sur une épaisse tige nervurée ou torsadée, couronnée par un motif festonné à trois lobes. L'astragale est en tore et l'abaque en bandeau étroit interrompu en son milieu par un motif décoratif occupant le dé : des mufles léonins sur deux faces, un ananas et une palmette sur les autres faces. Colonne lisse et cylindrique reposant sur une base circulaire moulurée avec socle carré aux angles ornés de griffes en pointes creusées de nervures. Tailloir.

Chapiteau : Saint-Michel-de-Cuxa ou sa région (Pyrénées-Orientales), milieu du XIIe siècle.
Colonne, base et tailloir : Roussillon, XIIe ou XIIIe siècle.
Chapiteau : Hauteur : 30,1 cm - Largeur : 35,3 cm
Hauteur total : 183,9 cm
(Petits accidents).

Provenance :
Acquis par le docteur Maillant le 21 septembre 1957 auprès de la maison L.P. Bresset, Paris.

Ce chapiteau de la collection Maillant évoque de prime abord les chapiteaux du cloître de l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa par son matériau, son décor et sa facture (voir fig. a). Ce cloître, un des premiers érigés dans la région, parvenu sans encombre jusqu'à la Révolution commença à être démantelé dans les années 1820 à la suite de sa vente comme bien national. De nombreux éléments furent alors éparpillés et récupérés dans les constructions d'alentour. Au début du XXe siècle, des sculpteurs et des antiquaires commencèrent à s'y intéresser, notamment un certain George Grey Barnard, de nationalité américaine et résident à Moret-sur-Loing. Il réunit un nombre important de chapiteaux, bases, colonnes et tailloirs et en expédia aux Etats-Unis une partie.
Sa collection fut ensuite rachetée par John D. Rockefeller Jr et les éléments réputés provenir de Saint-Michel-de-Cuxa remontés pour former un petit cloître sur les bords de l'Hudson qui constitue le coeur de ce qui est maintenant appelé le Musée des Cloysters, annexe du Metropolitan Museum of Art de New York.
Le chapiteau Maillant se rapproche notamment des chapiteaux de la tribune de l'abbaye qui fut vraisemblablement détruite au XVIe siècle.
Récupérés dans des décombres et dans les collections locales, huit chapiteaux de cette tribune ont été remployés dans la restitution du cloître aujourd'hui visible à Saint-Michel-de-Cuxa. Ils sont de plus petite taille que ceux du cloître, de facture soignée, avec un aspect plus ornemental dû notamment à l'emploi du trépan qui vient animer les reliefs. Cette particularité s'observe sur le chapiteau présenté ici où l'espace entre chaque lobe étirés des palmettes d'angle est ponctué d'un trou renforçant la vigueur de la composition. Cependant ses proportions encore plus petites que celles des chapiteaux de la tribune ne permettent pas de l'attribuer à l'abbaye de Cuxa.
L'historienne d'art Géraldine Mallet, dans sa thèse sur les cloîtres démontés du Roussillon, a recensé un nombre de chapiteaux réputés provenir du cloître bien supérieur au nombre de chapiteaux qui pouvaient trouver leur place dans l'abbaye. On est donc en présence d'un chapiteau dont le style est très proche de celui de l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa, provenant peut-être d'un bâtiment du bourg, d'églises ou d'autres monastères de la région (voir fig. b).

Références bibliographiques :
G. Mallet, Les cloîtres démontés du Roussillon, Thèse université de Montpellier - 1992, Archives municipales de Perpignan, 2000 ; G. Mallet, Eglises romanes oubliées du Roussillon, Montpellier, 2003 ; A. Bonnery, L'Abbaye Saint-Michel de Cuixà, Vic-en-Bigorre, 2005.

COLLECTION DU DOCTEUR CHARLES MAILLANT (1898-1993) : LOTS 35 À 46
On entrait au 36 de la rue Charles Laffitte, dans le Neuilly résidentiel, plus près du Bois que du coeur bruyant de la Capitale ; on poussait la porte de cet hôtel brique et pierre et là, coupé du monde, pouvait commencer un voyage dans le temps et sur tous les continents. Dès le hall, sur chaque marche de l'escalier monumental qui desservait les étages, un masque, un buste, un chapiteau, une statue étaient là pour vous accompagner durant votre visite. Des idoles des lointaines Cyclades, des masques africains, des divinités précolombiennes, des poteaux des Iles Salomons et, dans chaque pièce, des meubles sévères, des saints, des Christs, des objets liturgiques du Moyen Age. Pas tant celui du XVe siècle, à l'expression souvent exubérante ou déjà aimable, non, mais celui, austère, sacré, mystique des cloîtres et des cathédrales.
Charles Maillant, né Mayer, se souhaitait expert en oeuvres d'art à l'exemple de son oncle Charles-Amédée Mannheim. Il dut se résoudre à faire sa médecine et devint ainsi pneumologue. Mais l'art sous toutes ses formes l'habitait. Violoniste à ses heures perdues, il s'adonna à la fabrication de meubles, de bijoux et de sculptures, faisant réaliser en métal les formes aériennes qu'il créait dans du carton découpé. Il écrivit une quinzaine d'ouvrage dans des domaines aussi différents que le sommeil, la volonté, la beauté, les rêves et même les aphrodisiaques dans lesquels l'aspect philosophique ou psychologique tient toujours une place prépondérante. Son admiration vis-à-vis de la nature est aussi manifeste à travers ses études sur les sociétés organisées de certains insectes telles les abeilles ou les fourmis. Mais le sujet que l'on devine sous-jacent de tous ces domaines d'intérêts demeure l'homme et, plus précisément l'Homme, Créature de Dieu. Son livre, le plus personnel, est sans conteste Dieu revu et corrigé qu'il écrivit en 1954 où il s'interroge sur le flot continuel de violences qu'engendrent les religions depuis des millénaires. Meurtri dans sa chair, il essaye de comprendre l'antisémitisme et d'expliquer la place des juifs dans la société.
Charles Maillant était un acheteur infatigable, hantant les galeries et les salles de vente, notamment Drouot “une mine d'or pour qui sait voir”. Il ne se passait pas une semaine sans une trouvaille ou un nouvel émerveillement. C'est dans le domaine de l'art médiéval que son goût trouva sa juste mesure, s'intéressant aux sculptures des XIIe et XIIIe siècles, âge d'or de la spiritualité. La pierre ne l'effrayait pas, n'hésitant pas à monter à l'étage de sa demeure colonnes, chapiteaux, gisants et fonts baptismaux. On ne trouve curieusement ni émaux de Limognes ni ivoires parisiens du XIVe siècle dans sa collection. Il avait plutôt l'âme d'un bâtisseur et aimait recréer des ambiances, accrochant des grandes fresques catalanes aux murs, des tapisseries mille-fleurs, installant des vitraux en guise de tableaux, jusqu'à son jardin évoquant celui d'un cloître avec un imposant bénitier entouré de buis taillés.
Des pièces de cette collection, et non des moindres, malheureusement sans indication de provenance, ont déjà fait l'objet de batailles d'enchères ou de transactions. Il a été possible de réunir dans cette vente une dizaine d'oeuvres d'art qui ne représentent qu'une toute petite partie de ce que cet amateur avait accumulé. D'une grande force expressive ou spirituelle, d'un style parfois atypique, d'origine prestigieuse ou d'une grande rareté, ces objets et ces sculptures ont chacun une histoire à conter et sauront, j'espère, faire revivre la personnalité singulière, passionnée, attachante, discrète et profondément humaine du Docteur Maillant.

Laurence Fligny

Quelques résultats de vente d'objets de la collection Maillant :
Siège cariatide, Zaïre, Luba (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 17 mai 1993, lot 39, 12 000 F)
Devant d'autel en bois polychrome, École catalane, vers 1200 (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux- Buffetaud-Tailleur, 24 novembre 1993, lot 93, 100 000F)
Fresque murale, Catalogue, XIIe siècle (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 24 novembre 1993, lot 94, 120 000 F)
Joug en pierre, Vera-Cruz, Classique, vers 450-650 (Vente Christie's, Paris, 12 juin 2003, lot 671, 150 000 E)
Kero, début de la période coloniale, vers 1470-1560 (Vente Christie's, Paris, 10 décembre 2003, lot 426, 28 000 €)

HERGÉ
Les aventures de Tintin
Adjugé 233 700 €

05 mai 2012 - Artcurial - Briest-Poulain-F.Tajan

Iwan WINBERG - Zar Nikolaus I. Pauwlowitsch von Russland
Adjugé 85 000 €

04 mai 2012 - Beaussant-Lefèvre