Vente Piasa
Vente aux enchères du Mercredi 27 mai 2009
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Piasa - Paris
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Lot 37 : TÊTE DE VIERGE - Bourgogne ?, fin du XIIe, début du XIIIe
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TÊTE DE VIERGE
en pierre calcaire. Tête coiffée d'un voile, s'apparentant au maphorion byzantin, qui épouse la forme du crâne avec le bord supérieur relevé à la manière d'un casque et qui tombe verticalement de part et d'autre du cou en formant une ondulation sur les côtés. Ce voile laisse apparaître la chevelure qui dessine une accolade sur le front ; ses mèches parallèles sont partagées par une raie médiane. Visage à l'ovale régulier, avec des arcades sourcilières proches des globes oculaires légèrement saillants, un nez long et droit, une bouche aux lèvres fines avec commissures marquées se relevant imperceptiblement et qui donnent une expression impassible mais non sévère.
Bourgogne ?, fin du XIIe, début du XIIIe siècle.
(Fragment, cassée et recollée).
Hauteur : 20,5 cm - Largeur : 11,3 cm - Profondeur : 13,5 cm
La nature de la pierre est du calcaire fin, constitué d'oolithes et de débris de coquilles roulés, liés par un ciment sparitique qui pourrait correspondre à du calcaire jurassique de Bourgogne. Si cette tête évoque celle des Vierges en majesté auvergnates, elle s'en distingue par certains caractères, notamment la nature du matériau, la pierre et non le bois. Elle ne porte pas non plus le paenula, cette grande pièce de vêtement à l'ouverture circulaire laissant passer la tête que l'on observe sur nombre de Vierges d'Auvergne. Son expression est également moins sévère et son visage, moins mature, fait plutôt penser à celui d'une jeune fille. Elle pourrait être ainsi originaire de Bourgogne, région voisine, qui a produit un certain nombre de Vierges en majesté s'écartant des modèles du Centre de la France comme celle de Notre-Dame-la-Brune de Tournus (Saône-et-Loire), celle de Notre-Dame de Beaune (Côte d'Or) ou encore celle de la collection Marcus, dite de Chagny (Saône-et-Loire).
Ouvrages consultés :
J. Liéveaux-Boccador, E. Bresset, Statuaire médiévale de collection, Les Clefs du Temps, 1972; Abbé R. Laurentin, R. Oursel, Vierges romanes - les vierges assises, Ed.
Zodiaque, 1986; F. Gravelines, Vierges romanes, Beaumont, 1999; S. Cassagnes-Brouquet, Vierges noires, Rodez, 2000.
COLLECTION DU DOCTEUR CHARLES MAILLANT (1898-1993) : LOTS 35 À 46
On entrait au 36 de la rue Charles Laffitte, dans le Neuilly résidentiel, plus près du Bois que du coeur bruyant de la Capitale ; on poussait la porte de cet hôtel brique et pierre et là, coupé du monde, pouvait commencer un voyage dans le temps et sur tous les continents. Dès le hall, sur chaque marche de l'escalier monumental qui desservait les étages, un masque, un buste, un chapiteau, une statue étaient là pour vous accompagner durant votre visite. Des idoles des lointaines Cyclades, des masques africains, des divinités précolombiennes, des poteaux des Iles Salomons et, dans chaque pièce, des meubles sévères, des saints, des Christs, des objets liturgiques du Moyen Age. Pas tant celui du XVe siècle, à l'expression souvent exubérante ou déjà aimable, non, mais celui, austère, sacré, mystique des cloîtres et des cathédrales.
Charles Maillant, né Mayer, se souhaitait expert en oeuvres d'art à l'exemple de son oncle Charles-Amédée Mannheim. Il dut se résoudre à faire sa médecine et devint ainsi pneumologue. Mais l'art sous toutes ses formes l'habitait. Violoniste à ses heures perdues, il s'adonna à la fabrication de meubles, de bijoux et de sculptures, faisant réaliser en métal les formes aériennes qu'il créait dans du carton découpé. Il écrivit une quinzaine d'ouvrage dans des domaines aussi différents que le sommeil, la volonté, la beauté, les rêves et même les aphrodisiaques dans lesquels l'aspect philosophique ou psychologique tient toujours une place prépondérante. Son admiration vis-à-vis de la nature est aussi manifeste à travers ses études sur les sociétés organisées de certains insectes telles les abeilles ou les fourmis. Mais le sujet que l'on devine sous-jacent de tous ces domaines d'intérêts demeure l'homme et, plus précisément l'Homme, Créature de Dieu. Son livre, le plus personnel, est sans conteste Dieu revu et corrigé qu'il écrivit en 1954 où il s'interroge sur le flot continuel de violences qu'engendrent les religions depuis des millénaires. Meurtri dans sa chair, il essaye de comprendre l'antisémitisme et d'expliquer la place des juifs dans la société.
Charles Maillant était un acheteur infatigable, hantant les galeries et les salles de vente, notamment Drouot “une mine d'or pour qui sait voir”. Il ne se passait pas une semaine sans une trouvaille ou un nouvel émerveillement. C'est dans le domaine de l'art médiéval que son goût trouva sa juste mesure, s'intéressant aux sculptures des XIIe et XIIIe siècles, âge d'or de la spiritualité. La pierre ne l'effrayait pas, n'hésitant pas à monter à l'étage de sa demeure colonnes, chapiteaux, gisants et fonts baptismaux. On ne trouve curieusement ni émaux de Limognes ni ivoires parisiens du XIVe siècle dans sa collection. Il avait plutôt l'âme d'un bâtisseur et aimait recréer des ambiances, accrochant des grandes fresques catalanes aux murs, des tapisseries mille-fleurs, installant des vitraux en guise de tableaux, jusqu'à son jardin évoquant celui d'un cloître avec un imposant bénitier entouré de buis taillés.
Des pièces de cette collection, et non des moindres, malheureusement sans indication de provenance, ont déjà fait l'objet de batailles d'enchères ou de transactions. Il a été possible de réunir dans cette vente une dizaine d'oeuvres d'art qui ne représentent qu'une toute petite partie de ce que cet amateur avait accumulé. D'une grande force expressive ou spirituelle, d'un style parfois atypique, d'origine prestigieuse ou d'une grande rareté, ces objets et ces sculptures ont chacun une histoire à conter et sauront, j'espère, faire revivre la personnalité singulière, passionnée, attachante, discrète et profondément humaine du Docteur Maillant.
Laurence Fligny
Quelques résultats de vente d'objets de la collection Maillant :
Siège cariatide, Zaïre, Luba (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 17 mai 1993, lot 39, 12 000 F)
Devant d'autel en bois polychrome, École catalane, vers 1200 (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux- Buffetaud-Tailleur, 24 novembre 1993, lot 93, 100 000F)
Fresque murale, Catalogue, XIIe siècle (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 24 novembre 1993, lot 94, 120 000 F)
Joug en pierre, Vera-Cruz, Classique, vers 450-650 (Vente Christie's, Paris, 12 juin 2003, lot 671, 150 000 E)
Kero, début de la période coloniale, vers 1470-1560 (Vente Christie's, Paris, 10 décembre 2003, lot 426, 28 000 €)





