Vente Piasa
Vente aux enchères du Mercredi 27 mai 2009
Haute Epoque & Curiosités
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Piasa - Paris
Résultats de vente avec frais
Lot 38 : TÊTE - Bourgogne , vers 1125/1140.
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TÊTE
en pierre calcaire sculptée. Visage très ovalisé au menton pointu et aux pommettes hautes ; expression saisissante du regard avec arcades sourcilières arquées et paupières cerclant des globes oculaires très saillants ; les paupières sont elles-mêmes finement ourlées et les yeux creusés d'un iris entouré d'un trait gravé ; bouche aux lèvres fines et aux commissures relevées ; chevelure en relief, avec raie médiane et traitée en mèches parallèles, dessinant une accolade sur le front ; oreilles également bien dessinées, au pavillon développé avec absence de lobe ; trace d'arrachage au niveau supérieur de la tête.
Bourgogne , vers 1125/1140.
Soclée.
(Restaurations au nez, au menton et légèrement aux lèvres).
Hauteur : 18 cm - Largeur : 12,5 cm - Profondeur : 11 cm
La nature de la pierre a été étudiée par Annie Blanc, docteur en géologie. Il s'agit d'un calcaire fin, blanc micritique à points roses dont la provenance possible serait du calcaire jurassique supérieur du Mâconnais (carrière de La Lie à La Roche-Vineuse). Ce calcaire a notamment été utilisé à l'abbatiale de Cluny (Saône-et-Loire) pour la sculpture des chapiteaux et des voussures du portail occidental. Il ne semble pas cependant que l'on puisse rattacher cette tête à Cluny III. Elle serait plus proche de certains visages de l'église de la Madeleine de Vézelay (Yonne) sans cependant qu'on y observe un souci de raffinement comparable à celui qui est apporté dans le traitement des yeux. La taille modeste de cette tête et les traces d'arrachement - indiquant qu'elle n'était pas hors oeuvre - font penser qu'elle devait appartenir à un grand chapiteau, à un linteau ou à une voussure.
COLLECTION DU DOCTEUR CHARLES MAILLANT (1898-1993) : LOTS 35 À 46
On entrait au 36 de la rue Charles Laffitte, dans le Neuilly résidentiel, plus près du Bois que du coeur bruyant de la Capitale ; on poussait la porte de cet hôtel brique et pierre et là, coupé du monde, pouvait commencer un voyage dans le temps et sur tous les continents. Dès le hall, sur chaque marche de l'escalier monumental qui desservait les étages, un masque, un buste, un chapiteau, une statue étaient là pour vous accompagner durant votre visite. Des idoles des lointaines Cyclades, des masques africains, des divinités précolombiennes, des poteaux des Iles Salomons et, dans chaque pièce, des meubles sévères, des saints, des Christs, des objets liturgiques du Moyen Age. Pas tant celui du XVe siècle, à l'expression souvent exubérante ou déjà aimable, non, mais celui, austère, sacré, mystique des cloîtres et des cathédrales.
Charles Maillant, né Mayer, se souhaitait expert en oeuvres d'art à l'exemple de son oncle Charles-Amédée Mannheim. Il dut se résoudre à faire sa médecine et devint ainsi pneumologue. Mais l'art sous toutes ses formes l'habitait. Violoniste à ses heures perdues, il s'adonna à la fabrication de meubles, de bijoux et de sculptures, faisant réaliser en métal les formes aériennes qu'il créait dans du carton découpé. Il écrivit une quinzaine d'ouvrage dans des domaines aussi différents que le sommeil, la volonté, la beauté, les rêves et même les aphrodisiaques dans lesquels l'aspect philosophique ou psychologique tient toujours une place prépondérante. Son admiration vis-à-vis de la nature est aussi manifeste à travers ses études sur les sociétés organisées de certains insectes telles les abeilles ou les fourmis. Mais le sujet que l'on devine sous-jacent de tous ces domaines d'intérêts demeure l'homme et, plus précisément l'Homme, Créature de Dieu. Son livre, le plus personnel, est sans conteste Dieu revu et corrigé qu'il écrivit en 1954 où il s'interroge sur le flot continuel de violences qu'engendrent les religions depuis des millénaires. Meurtri dans sa chair, il essaye de comprendre l'antisémitisme et d'expliquer la place des juifs dans la société.
Charles Maillant était un acheteur infatigable, hantant les galeries et les salles de vente, notamment Drouot “une mine d'or pour qui sait voir”. Il ne se passait pas une semaine sans une trouvaille ou un nouvel émerveillement. C'est dans le domaine de l'art médiéval que son goût trouva sa juste mesure, s'intéressant aux sculptures des XIIe et XIIIe siècles, âge d'or de la spiritualité. La pierre ne l'effrayait pas, n'hésitant pas à monter à l'étage de sa demeure colonnes, chapiteaux, gisants et fonts baptismaux. On ne trouve curieusement ni émaux de Limognes ni ivoires parisiens du XIVe siècle dans sa collection. Il avait plutôt l'âme d'un bâtisseur et aimait recréer des ambiances, accrochant des grandes fresques catalanes aux murs, des tapisseries mille-fleurs, installant des vitraux en guise de tableaux, jusqu'à son jardin évoquant celui d'un cloître avec un imposant bénitier entouré de buis taillés.
Des pièces de cette collection, et non des moindres, malheureusement sans indication de provenance, ont déjà fait l'objet de batailles d'enchères ou de transactions. Il a été possible de réunir dans cette vente une dizaine d'oeuvres d'art qui ne représentent qu'une toute petite partie de ce que cet amateur avait accumulé. D'une grande force expressive ou spirituelle, d'un style parfois atypique, d'origine prestigieuse ou d'une grande rareté, ces objets et ces sculptures ont chacun une histoire à conter et sauront, j'espère, faire revivre la personnalité singulière, passionnée, attachante, discrète et profondément humaine du Docteur Maillant.
Laurence Fligny
Quelques résultats de vente d'objets de la collection Maillant :
Siège cariatide, Zaïre, Luba (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 17 mai 1993, lot 39, 12 000 F)
Devant d'autel en bois polychrome, École catalane, vers 1200 (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux- Buffetaud-Tailleur, 24 novembre 1993, lot 93, 100 000F)
Fresque murale, Catalogue, XIIe siècle (Vente Drouot, Mes Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 24 novembre 1993, lot 94, 120 000 F)
Joug en pierre, Vera-Cruz, Classique, vers 450-650 (Vente Christie's, Paris, 12 juin 2003, lot 671, 150 000 E)
Kero, début de la période coloniale, vers 1470-1560 (Vente Christie's, Paris, 10 décembre 2003, lot 426, 28 000 €)





