Vente Coutau-Begarie
Vente aux enchères du Mercredi 28 mai 2008
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Coutau-Begarie - Paris
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Lot 23 : Nicolas Mikhaïlovitch, grand-duc de Russie. Lettre autographe signée
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Nicolas Mikhaïlovitch, grand-duc de Russie (1859-1919).
Lettre autographe signée: "Nicolas M.", Hôtel de Paris, Monte-Carlo, le 3 février 1913, adressée à Gabriel Hanotaux (1853-1944), 4 pages in-4, conservée avec son enveloppe.
" Bien cher Monsieur Hanotaux, merci mais vous me dites beaucoup trop de choses flatteuses et je reste tout confus car je considère mon livre comme " un essai " d'étude sur Alexandre I et non comme un ouvrage qui donne la clef définitive sur ce curieux personnage. Quant à ma candidature de membre étranger associé, je me soumets à vos conseils mais je n'ai pas le goût de cette espèce de démonstration autour de mon nom. C'est un grand moment pour moi, je le comprends, mais en Russie on ne saisira pas le vrai sens de ce flatteur personnage et on finira par dire que j'écris mes livres " pour l'étranger ".
En général tout ce qui est clergé, droite, union du peuple russe a très mal reçu l'apparition de ce livre. Je suis accusé de libéralisme, appelé Philippe égalité, sapeur de la dynastie et je ne sais encore quels autres qualificatifs. Ainsi l'honneur qu'on veut faire chez vous à l'histoire impériale sera, j'en suis certain, très mal interprété dans beaucoup de milieux qui approchent les gouvernants actuels. Un membre de la Douma, Pourichkevitch, droitier de l'union du peuple russe, avait même écrit officiellement au baron Fredericks, ministre de la Cour, pour la peine de défendre la mise en vente de ce livre " archi révolutionnaire! " Or, le bon sens Impérial a pris le dessus et la lettre du vieux Pourichkevitch n'a pas eu de suites mais c'est significatif comme manque de tact! Pensez seulement si quelque chose de possible avait été fabriqué par un membre de la gauche, mais aux droitiers de (...) tout est permis. J'espère vous revoir au (...) ce Vendredi. Voilà une chose qui m'a fait le plus grand plaisir et jamais élection n'a pu flatter autant mon amour propre, que celle-ci.
En un mot, il faut me prendre tel que je suis ou alors me laisser. Merci encore pour ce très grand honneur dont je raffole. Je pense rester deux semaines à Paris, rentrer ici à Monte Carlo pour quelques jours et revenir à Pétersbourg pour le commencement des fêtes Romanoff (200 ans). Or, ni Pierre le Grand, ni mon ami Alexandre I n'ont vu nécessaire de fêter les 100 et les 200 ans du règne des Romanoff (1713 et 1813)! Là-dessus je finis ce bavardage en demandant toute votre indulgence pour ma franchise habituelle. Cordialement à vous. "





