Vente Delorme - Collin du Bocage
Vente aux enchères du Vendredi 12 décembre 2008
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Lot 588 : Anne Louis GIRODET-TRIOSON - Les funérailles d'Atala
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Anne Louis GIRODET-TRIOSON (Montargis 1767 - Paris 1824)
Les funérailles d'Atala
Toile.
22 x 27 cm
Provenance :
Collection Becquerel.
Exposition :
Exposition du deuxième centenaire - Girodet 1767-1824, Montargis, 1967, n°37
Esquisse avec variantes du tableau peint par Girodet et exposé au Salon de 1808 et aujourd'hui conservé au Musée du Louvre (voir S. Bellenger, Girodet 1767-1824, Paris, 2005, cat. 51, reproduit en couleur p.300).
Chateaubriand publie en 1801 une nouvelle rapportée d'Amérique et intitulée Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert. Atala, fille naturelle d'un colon espagnol Lopez, et d'une femme indienne convertie au christianisme, s'éprend du jeune Chactas, un guerrier Outlalissi capturé par les Indiens Muscogulges et Séminoles.
Alors qu'il doit périr sacrifié sur un bûcher, Atala le délivre et s'enfuit avec lui. Comprenant que son amour est un péril pour les voeux de chasteté chrétienne qu'elle avait prononcés au chevet de sa mère mourante, Atala s'empoisonne pour échapper à sa passion.
Elle meurt dans les bras du jeune Indien et reçoit les derniers sacrements du père Aubry, un vieux religieux qui les avait recueillis. Girodet reçoit de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des Débats, le plus grand organe de presse d'opposition de l'Empire, la commande d'un grand tableau pour le
Salon de 1808 (exposé sous le n° 258).
Au travers de cette esquisse préparatoire qui est également à rapprocher d'un dessin réalisé vers 1806 (voir le catalogue de l'exposition Desseins d'artistes - Les plus beaux dessins français des musées d'Angers, Paris, 2000, p. 105, cat. 49, reproduit), Girodet montre les nombreuses recherches entreprises pour fixer sa composition définitive. Ainsi, la scène est inversée, les éléments religieux plus discrets. De même, le personnage de Chactas est décrit comme un indien, vêtu d'un pagne, coiffé d'un chignon et d'un grosse boucle d'oreille. Cette note anecdotique est abandonnée dans le tableau du Louvre au profit d'une représentation à l'Antique avec pour seuls signes évoquant les origines indiennes de
Chactas, une longue chevelure dénouée et une fine boucle d'oreille.
Après le Salon de 1808, le tableau de Girodet devient immédiatement une icône qui reste attachée à la prose de Chateaubriand. En réalisant un grand tableau d'histoire sur un sujet chrétien, Girodet donne raison aux théories de Chateaubriand sur la puissance d'évocation de l'art chrétien.
Girodet, juché sur un escabeau, peint de nuit à la lumière d'une étrange lampe, son tableau Pygmalion et Galatée. Sous le regard du commanditaire le comte de Sommariva, et de son disciple Dejuinne, un carton à la main. Le modèle se rhabille à droite.
L'atelier, réplique fidèle du «laboratoire de Girodet, est rempli d'objets ayant chacun une histoire propre et chargés de symboles.
Le comte Sommariva commanda Pygmalion et Galatée à Girodet en 1812 (voir op.cit.supra, n°7, reproduit p.10).
Bien qu'il soit un habitué, il est cependant douteux que Girodet ait pu l'autoriser à assister à l'élaboration de son oeuvre. Le tableau de Dejuinne commémore donc, non pas les visites, mais le souvenir d'une commande dont le comte du attendre la réalisation pendant sept ans. Durant son tour d'Italie dans les années 1810, Dejuinne se passionna pour les jeux de lumière .
Il devait en rapporter le thème de la scène d'intérieur dans la pénombre, et également celui du peintre dans son atelier
Girodet peignant Pygmalion et Galatée marque le résultat de ses recherches dans ce domaine.
Nous remercions Madame Sidonie Lemeux-Fraitot pour la confirmation de l'attribution de ce dessin. supra, n°12, reproduit p.15 et n°14 reproduit p.16).
Une esquisse sur bois est conservée au Musée des
Beaux-Arts de Strasbourg (voir op.cit.supra.n°9, reproduit p.12).
Notre dessin, vraisemblablement postérieur à cette esquisse, est une vue d'ensemble préparatoire au tableau. Bien qu'on y trouve encore quelques variantes comme le geste du modèle à droite, la plupart des éléments sont déjà fixés.
Girodet peignant Pygmalion et Galatée, commande de l'homme politique et collectionneur Sommariva, fut peint en 1821 et présenté avec beaucoup de succès au Salon de 1822, notamment en raison des effets de clair-obscur. Non localisé depuis la vente après décès de Sommariva en 1840, il fut redécouvert en 1960. Dejuinne fut élève dans l'atelier de
Girodet à partir de 1801, au côté de Ingres et de
Granet.
Il devait garder tout au long de sa vie une grande admiration et affection pour son maître, au point de se porter acquéreur, après son décès, d'un certain nombre d'objets lui ayant appartenus.
Il devait adopter également quelques caractéristiques et habitudes artistiques propres à Girodet, il fut donc considéré naturellement comme son héritier.
Dejuinne a conçu son tableau comme une page d'histoire de l'Art, mais également comme une





