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Vente Aguttes

Vente aux enchères du Samedi 6 juin 2009

Haute Epoque

Peintures & Arts Graphiques

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Aguttes - Lyon

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Lot 17 : DRESSOIR GOTHIQUE - France (Brou), 1er quart du XVIe siècle.


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DRESSOIR GOTHIQUE
À LA CROIX TRÉFLÉE
H. : 142,5 cm - L. : 152,5 cm - P. : 56 cm
Bois de chêne
France (Brou), 1er quart du XVIe siècle.
Etat exceptionnel, restaurations possibles aux tiroirs. Il est à noter la rareté de traces de sciage au dos provenant de l'une des premières scieries à eau datant du Moyen Âge
Armoire à battants dérivée du coffre, ce dressoir à la croix tréflée s'élève sur un soubassement formé de quatre hauts pieds reliés par un plateau d'entrejambe.
L'étage supérieur s'ouvre par deux vantaux sur les espaces de rangement au- dessous desquels glissent deux tiroirs.
C'est la forme de dressoir la plus répandue à la fin du Moyen- âge, avec sa structure de solides montants et traverses dans laquelle sont embrevés les panneaux, espace du décor.
Meuble d'apparat, il conserve les motifs à parchemin sur ses parois latérales, alors que sur les panneaux de façade se déploient largement les lignes architecturales et détails ornementaux finement sculptés des fenestrages gothiques. Les variations sur les formes «classiques» du gothique, quatre- feuilles emprisonnées dans un réseau plus ou moins complexe de soufflets et mouchettes, épousent les différents types d'arcs , ogive, accolade, anse de panier et plein cintre : profusion décorative du style flamboyant, tempérée par le primat de la structure et la rigueur de l'ordonnancement.
Certains dispositifs ( emboîtement des arcs, jeux des soufflets et mouchettes) s'apparentent aux arabesques architecturales présentes sur les vitraux, tombeaux ou stalles du monastère royal de Brou. La facture apaisée des motifs sculptés plaide en faveur du travail d'un atelier local ( à l'image du chantier de Brou) , inspiré par le répertoire des sculpteurs venus, à partir de 1513, du brillant foyer artistique que constituent alors la Flandre
. Ce meuble est en effet contemporain de l'église et du couvent voulu par Marguerite d'Autriche, tante de Charles Quint, à la mort de son époux Philibert le Beau, Duc de Savoie. Edifié à partir de 1506, par amour et piété, ce chef- d'oeuvre du gothique flamboyant répond à la volonté «d'honorer le lieu où le corps de son feu seigneur est inhumé ». Les liens que ce meuble entretient avec Brou vont bien au- delà. En effet, bien visibles en façade et plusieurs fois répétées sur les côtés, des marques au fer creusées dans le bois nous interrogent.
La croix tréflée seule ou sur un écu, voire cantonnée de monogrammes, est l'insigne de l'Ordre de saint Maurice, patron des chevaliers et des soldats, saint quasi légendaire dont le culte est né en Valais à Agaune, sur le lieu supposé de son martyre. Elle est associée sur deux blasons à la croix de Lorraine, emblème de la Maison d'Anjou qui contribua à la diffusion du culte de saint Maurice.
Or , saint Maurice est le saint patron de la famille de Savoie. L'Ordre de saint Maurice, militaire et religieux, doit sa création à la Congrégation qui rejoignit Amédée VIII (1391-1434), premier duc de Savoie, dans son château de Ripaille, près de Thonon. Puis en 1573, à la réunion des ordres de saint Lazare et de saint Maurice, le duc de Savoie Emmanuel Philibert reçoit du Pape les insignes de l'ordre et les charges héréditaires de Grand Maître et de Général de « la milicia Sancti Lazari et Mauricius».
Bourg fut aux XIVe et XVe siècles l'une des capitales de la cour nomade de Savoie, avant de passer sous domination française. Le traité de Cateau-Cambrésis ,en 15659, restitue au duc la Savoie et ses annexes : les syndics de Bourg obtiennent alors le droit d'ajouter aux armoiries de leur ville la croix d'argent de l'ordre de saint Maurice.
Date trop tardive pour que la croix gravée soit celle de la ville. Si l'on se réfère aux inventaires des Hôtels Dieu, les marques pyrogravées sont, aux XVe et XVe s., celles de nobles personnes de pouvoir et d'argent.
Un fer à graver coûte cher. Ce qui suppose la possession de nombreux meubles de grande qualité.
L'empreinte pyrogravée est un moyen simple et solide dans le temps d'affirmer sa propriété et de garantir son bien. Marque de propriétaire donc. Le dressoir a dû appartenir à un chevalier de l'Ordre de saint Maurice ( pour y être admis, il faut dix degrés de noblesse),voire au Duc de Savoie lui- même en tant que protecteur de l'Ordre qui se consacre à l'aide aux nécessiteux et aux malades. Il pouvait être destiné à l'hôpital de Brou, dont les meubles et objets seront rassemblés après 1790 dans l'Hôtel Dieu construit à Bourg.
Meuble riche en histoire, construit au XVIe siècle sous l'influence des ateliers flamands, transmis à l'Hôtel Dieu de Bourg, porteur de l'emblème qui rappelle les périodes fastes de la Savoie, l'armoire dressoir nous parvient dans un état de conservation remarquable, sans entage ni restauration, sans trace de fumée ni de suie, preuve d'une longue installation dans un lieu de prestige.

Iwan WINBERG - Zar Nikolaus I. Pauwlowitsch von Russland
Adjugé 85 000 €

04 mai 2012 - Beaussant-Lefèvre

HERGÉ
Les aventures de Tintin
Adjugé 233 700 €

05 mai 2012 - Artcurial - Briest-Poulain-F.Tajan