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Sale Kohn

Sale on Thursday, 5th of august 2010

Moderns and Contemporaries Paintings and Scultures, Made in USA

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Kohn - Cannes

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Lot 302 : ARMAN, Pierre Fernandez ARMAND, dit - RELIQUAIRE, 1997


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ARMAN, Pierre Fernandez ARMAND, dit (Nice 1928 - New York 2005).
RELIQUAIRE, 1997
Bronze à patine vert nuancé.
Fondeur Bocquel.
Signé et numéroté 1/4
H. 200 cm

Quatre exemplaires numérotés, et une épreuve d'artiste. Suite à un déplacement de fonctions, le personnage quitte l'organique pour la mécanique. La surprise est néanmoins, conséquente, car la charnière démultiplie l'anatomique. La mise en mouvement permet de dévoiler les objets sacrés : « Le Saint Prépuce », dixit Arman… faucille et marteau, instruments de l'émasculation sublime ?
« Quand il touche aux archétypes, auxquels il donne une expression plastique, l'artiste pose des balises : commentateur et visionnaire, car il crée ce biseautage du regard et de la pensée qui permettent d'analyser le monde, à travers l'objectif rééquilibrant de la simplicité,
de l'instinct, du point de vue libéré des mots d'ordre. C'est en cela que le génie impose sa marque, envers et contre les exécutants de modèles préfabriqués.
(..) L'artiste est bien l'alchimiste qui, sous nos yeux, transforme l'objet quotidien en objet autre. Expression contre oppression : le grand Créateur ne recule devant aucun pouvoir.(…)
La prise en compte d'un emblème aussi puissant dans l'imaginaire historique du XXe siècle que Lénine, propose, néanmoins, plusieurs niveaux de lecture. Mais il ne pourrait s'agir, en aucun cas, comme certains ont pu le dire, d'un assassinat. (…) Arman mobilise son énergie créatrice contre ce que Lupasco identifi e, dans sa philosophie, comme entropie par homogénéité, c'est-à-dire l'uniformisation porteuse de mort. Arman prend une position conceptuelle face à ce « Ready-Made » déboulonné par le sens de l'histoire ; certes, une figure en série à valeur de symbole plus forte qu'un moulin à café. Mais à ce titre, il l'inclut dans son langage. Transculpture au violoncelle, Lénine devient sirène, hanneton, pièce de la faune en cours de mue ; engrené, il arbore ses « auréoles implacables », telle
une sanctification de Saint-Pierre, ou semblant un fantôme de Henri III, paré de son pourpoint avec fraise et manches gigot…(…)
Comme il avait détourné les productions en chaînes de l'Occident industrialisé, dénoncé la prolifération pollution du déchet moderne, pointé au doigt la catastrophe inhérente au désordre technologique galopant et à l'emballement de l'économie capitaliste, dans les combustions de « the Day after », Arman s'abat sur un des deux saints du paradis communiste. L'argument d'iconoclastie tombe par la banalisation du label et son entrée dans le domaine public. « Petit père des peuples » supplanté par le disciple-fils Staline, puis vidé par Elstine de son sarcophage de verre : un déménagement des meubles pour tout transfert de cendres. C'est bien de l'intérieur qu'on a fait cuire Lénine dans tous les enfers de la pensée. Quel artiste pourrait-il alors prétendre « tuer » Lénine… Inversement, aucune pression totalitaire ne saurait venir à bout du génie. (…)Arman pervertit le corps de son « héros », le traite comme un violon ou une statue mythologique, rendant au mythe sa cruauté par inclusion de signes. Arman dépèce, déchiquette la figure, casse l'entité globale de la statue qu'il scie en tranches et montre
en creux ! Mythologie négative, s'il en est : Lénine réifié. (…)
Quand, en 1992, Arman réalise ses premières « Interprétations dialectiques du Marxisme-léninisme », la glasnost a depuis six ans, démantelé le goulag, organisation musclée d'éducation et de correction. Le pouvoir en place, dit « communisme », qui s'est revendiqué pendant soixante-dix ans de l'autorité de Lénine, apparaît, alors, comme une féodalité. Au nom de la liberté individuelle et à l'occasion du « déboulonnage » des images, Arman s'empare de la figure vénérée, effigie moderne d'une religion d'état, édifié sur des textes sacrés et enracinée dans son mausolée, Mecque du XXe siècle, au cœur de la Place Rouge. Il dénonce un avatar de la religion chrétienne : Lénine, auteur, à partir du « Capital », de la vulgate marxiste, les théories de Karl Marx n'ayant jamais sous-entendu l'adoration des dictateurs.
A travers Lénine, Arman s'en prend aux décisions du Congrès du Parti Communiste qui, en 1922, sous prétexte d'un art lisible par les travailleurs, fait tomber, sous l'appellation de « réalisme socialiste », une chape de plomb sur les créateurs et les intellectuels. Rideau de fer qui a contaminé la pensée, bien au¬-delà des frontières russes. » Arman Variations sur un Lénine, Tita Reut, 1998. Extraits catalogue Exposition Variations sur Lénine, 1998.
EXPOSITION
Galerie Patrice Trigano, 11 mars-11 avril 1998,
Arman Variations sur Lénine.

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