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Lot 291 - Achille Zo Bayonne, 1826 - Bordeaux, 1901 - Composition à la théière

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Achille Zo Bayonne, 1826 - Bordeaux, 1901
Composition à la théière
Huile sur panneau, une planche,
signé 'ACHILLE ZO' en bas à gauche
34,50 x 26,50 cm (13,46 x 10,34 in.)
Bibliographie : en rapport :
H. Jeanpierre, ' Achille Zo, sa vie, son œuvre ', 'Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne', 4e trimestre 1967, n°116, p. 409-421.
Gérald Schurr, Pierre Cabane, 'Dictionnaire des petits maîtres de la peinture 1820-1920', Paris, 1996, 2 vol.
Jean-Louis Augé, Elisée Trenc Ballester, 'Les peintres français et l'Espagne de Delacroix à Manet', catalogue d'exposition, Castres, Musée Goya, 11 juillet-5 octobre 1997.
'Velasquez et la France : la découverte de Velasquez par les peintres français', catalogue d'exposition, Castres, Musée Goya, 9 juillet-3 octobre 1999.

Commentaire : Orphelin de père à quatorze ans, Achille Zo commence son apprentissage comme peintre vitrier. Parallèlement, il suit les cours de l'Académie de dessin de Bayonne et reçoit plusieurs prix de peinture. Dans les années qui suivent, Achille Zo est employé dans un atelier de décoration de théâtre à Bordeaux dirigé par le peintre Laroque, avant de se rendre à Paris, en 1846, dans l'espoir de se faire un nom. Il entre dans l'atelier de Thomas Couture et y travaille deux années de suite. Faute de moyens, il est finalement contraint de reprendre sa place dans l'atelier de Bordeaux.
On le retrouve à Paris en 1852, lors de la présentation au Salon d'un tableau intitulé Marchands d'esclaves. Son œuvre obtient un succès certain, ce qui lui permet d'effectuer un grand voyage à travers l'Espagne. Il accumule alors des croquis qui serviront de matière première pour ses œuvres futures. Il retourne en Espagne à plusieurs occasions, notamment en 1856 à Madrid, et en 1860 en Andalousie.
Au cours des années qui suivent, Achille Zo se spécialise dans les sujets historiques et dans les scènes populaires espagnoles. Ses 'Gitanos du Monte Sagrado à Grenade' et sa 'Famille de bohémiens en voyage' remportent un certain succès au Salon de 1861. Son 'Marchand de fruits à Séville', très remarqué par la critique en 1864, est acquis un peu plus tard par le roi Ferdinand du Portugal. En 1868, le 'Tribunal des Rois Mores à l'Alhambra de Grenade', acheté par l'Etat, lui vaut la médaille d'or du Salon.
Peu avant 1870, Achille Zo commence à délaisser les sujets espagnols pour se consacrer à l'orientalisme. Il présente, au Salon de 1870, le 'Rêve du croyant' : le tableau met en scène un disciple de Mahomet découvrant, à travers la fumée d'un narguilé, les splendeurs du paradis d'Allah. Dans cette œuvre, Achille Zo offre une approche fantaisiste des pratiques religieuses de l'Islam et témoigne de l'admiration occidentale largement partagée pour la piété orientale.
Très affecté par le siège de Paris, Achille Zo regagne sa ville natale en 1871. Il ouvre un atelier et prend le poste de directeur de l'Ecole de dessin de Bayonne. Il est également nommé conservateur du Musée de peintures et des décors de théâtre. Son activité de peintre s'en trouve quelque peu réduite. Il délaisse les Salons de Paris et se consacre de plus en plus aux expositions locales.
Notre tableau, signé et daté 1873, fut probablement peint dans ce contexte à Bayonne. Achille Zo met en scène un service à thé en bronze émaillé, probablement d'origine touareg, sur une petite estrade recouverte d'un tapis. Une superbe étoffe rouge ornée de motifs se déploie sur la partie droite du tableau. Au premier plan à droite, deux babouches sont négligemment disposées sur le sol. Le service à thé, qui accompagne les Touaregs dans leurs déplacements, est sans doute l'ustensile le plus répandu dans tout le Sahara. On en trouve de toutes tailles et de couleurs différentes. Acte quotidien et rituel dans le Sahara, la préparation du thé se fait selon des règles précises, et on le déguste à la manière d'un grand cru.

Notre nature-morte a probablement été réalisée par Achille Zo dans son atelier de Bayonne, grâce à des objets orientaux achetés en France ou en Espagne, le peintre ne connaissant finalement l'Orient qu'à travers l'Andalousie au passé mauresque évanoui. Vers la fin du XIXe siècle, beaucoup d'artistes orientalistes achèvent leurs compositions en France au lieu de les exécuter au cours même de leur voyage en Orient, dans un atelier sur place. Ils utilisent alors des accessoires d'ateliers, costumes, tapis et objets d'art musulmans. Théophile Gautier décrit ainsi l'intérieur de Théodore Chassériau : ' les yatagans, les kandjars, les poignards persans, les pistolets circassiens, les fusils arabes, les vieilles lames de Damas niellées de versets du Coran, les armes à feu enjolivées d'argent et de corail, tout ce charmant luxe barbare se groupaient encore en trophées le long des murs ; négligemment accrochés, les gandouras, les haiks, les burnous, les caftans, les vestes brodées d'argent et d'or… '. Les artistes recréent ainsi d'étonnants mondes de faux-semblants. Par conséquent, l'accumulation des différents objets au sein d'une même œuvre peut même donner lieu à des anachronismes, les peintres n'étant pas toujours conscients de l'époque et de l'origine exacte de ces trouvailles.

Notre œuvre est révélatrice de la technique d'Achille Zo : son travail s'effectue méthodiquement, du schéma de l'ouvrage à l'apposition méticuleuse de la signature. Un dessin sûr et rigoureux assure l'équilibre de la composition. Les valeurs s'intègrent harmonieusement dans cet espace structuré. A l'instar de ses paysages ornés de cruches, chaudrons, couvertures aux raies multicolores, le peintre se plait à décrire précisément les objets qui s'offrent à son regard, prétextes à des jeux d'ombres et de lumière et à de vifs rappels de tons sur un fond sobrement coloré.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes