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Lot 152 - Bas-relief figurant la reine Radegonde de Poitiers en position de gisant - Monolithe [...]

Estimation : 150 000 € / 200 000 €

Bas-relief figurant la reine Radegonde de Poitiers en position de gisant
Monolithe de calcaire lutetien, percé entre les pieds
168 x 33 x 10 cm
Accidents partiels et anciennes restaurations

Présenté sur un socle noir et une coque de protection établis sur mesures.
On y joint le rapport de l'analyse pétrographique effectuée par l'IRPA en date du 4 avril 2019. Ce rapport démontre que la pierre provient du bassin parisien.

Radegonde, épouse de Clotaire 1er, reine des Francs, préfère quitter la Cour et se consacrer à la vie religieuse sous l'influence de l'évêque Médard. Elle fonde vers 539 une abbaye à Poitiers et reçoit de nombreuses reliques dont un fragment de la Vraie Croix donné par l’empereur de Constantinople Justinien; l'abbaye est alors dédiée à la Sainte-Croix.
Cet important vestige pourrait être un couvercle de sarcophage ou une statue colonne dédiée à l'ornementation d'un pilastre. La surface sculptée présente des éléments stylistiques et iconographiques proches de ceux qu'on trouve dans les représentations de Radegonde de Poitiers. Cette iconographie se base notamment sur les origines germaniques du personnage, idéalisé par les longues nattes, un costume stylisé à longues manches, serré par une large ceinture d'où tombent des cordes nouées. La couronne confirme bien la présence d'une reine. Il s'agit forcément d'une représentation idéalisée et nullement d'un portrait fidèle. Aucune représentation mérovingienne de cette femme n'a été trouvée à présent. L'iconographie de Radegonde, telle qu'elle est connue aujourd'hui, commence au haut Moyen-Age et s'enrichie au fur et à mesure des siècles.

Radegonde est enterrée en 587 dans l'église Sainte-Marie-hors-les-murs, qu'elle a fondée et qui prendra son nom suite à sa sanctification. Un pèlerinage se développe alors autour de sa personne. Une communauté de clercs est chargée de veiller sur son tombeau et d'accueillir les fidèles.

Le bourg et l'église subissent des dégâts lors du siège de Poitiers par le duc d'Aquitaine en 955. En 1012, l'abbesse Beliarde dégage le tombeau de Radegonde qui avait été muré, puis on reconstruit une nouvelle église Sainte Radegonde sur l'ancienne. Un incendie fait modifier les plans du chantier en 1083. Plus tard, pendant les guerres de religion, la tombe de la reine est pillée.

Aujourd'hui, l'hypothèse la plus probable est que ce vestige soit lié à l'une des phases de reconstruction de l'édifice et des alentours, voués au culte de Sainte Radegonde. Un chapiteau du choeur actuel montre que la sculpture en bas-relief est présente dans l'église. Par ailleurs, deux dalles sculptées sont insérées dans les murs du clocher rebâti au XIè siècle dont une représente une femme couronnée, comme Sainte Radegonde.

Bibliographie:
Radegonde: reine moniale et sainte, Jean Aubrun, 1986
Vie populaire de sainte Radegonde, reine de France et patronne du Poitou, Emile Briand, 1891
Tierdarstellungen in der Kleinkunst der Merowingerzeit im westlichen Frankenreich, Michaela Aufleger,1997
Poitiers : Sainte Radegonde, dir. Robert Favreau, 1999

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Thème : Eléments d'architecture, Boiseries Ajouter ce thème à mes alertes