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Lot 39 - CHATEAUBRIAND (François-René, vicomte de) - Fragment de 4 feuillets du [...]

Estimation : 10 000 € / 15 000 €

CHATEAUBRIAND (François-René, vicomte de)
Fragment de 4 feuillets du manuscrit autographe des Aventures du dernier Abencérage, insérés dans l'édition d'Edouard Pelletan de 1897, illustrée par Daniel Vierge.
Vers 1810-1811.
4 feuillets manuscrits de 20 x 25 cm environ, comportant chacun entre 18 et 25 lignes. Montés sur onglets dans la reliure à l'endroit des passages imprimés.
Reliure en demi-chagrin vert avec coins, dos lisse orné de fers spéciaux, tête dorée. Reliure du temps.
TRES INTERESSANT FRAGMENT MANUSCRIT COMPORTANT DES PASSAGES INEDITS.
Il faisait partie d'un ensemble plus complet dont Paul Hazard fit la description et le commentaire en 1925 dans le Journal des Savants (tome XXIII, n°5, pp. 203-223).

Chateaubriand avait écrit cette longue nouvelle dans le courant de l'été 1810. D'après l'analyse de Paul Hazard, notre fragment doit être un deuxième état du manuscrit (il comporte peu de ratures) destiné à être lu en public devant son cercle d'amis. Louis XVIII fit partie de ses auditeurs. La ponctuation, en effet, y est assez particulière.

On sait par ailleurs que Chateaubriand laissa longtemps son manuscrit dans son portefeuille sans intention de le publier. Il faillit y être contraint en 1811 à la suite de problèmes pécuniaires mais Toqueville le lira d'embarras.
C'est à ce moment qu'il dut, dans l'hypothèse d'une publication prochaine, faire quelques suppressions de passages hostiles à Napoléon, qui auraient pu le compromettre et de quelques descriptions qui se rapprochaient trop, sans doute, de son modèle, l'Histoire chevaleresque des Maures de Grenade, par Perez de Hita dans la traduction de Sané.
Ce n'est qu'en 1826 que les Aventures du Dernier Abencérage furent imprimées dans le seizième volume de ses oeuvres complètes publiée par Ladvocat.

Le fragment comprend ainsi plusieurs passages comprenant des descriptions pittoresques de Grenade rayées d'un trait de plume (et donc parfaitement lisibles), qui montrent la première intention de l'auteur, mais ne furent pas reprises dans l'édition originale de 1826.

Le premier feuillet commence par « Des émotions encore plus vives » correspond aux pp. 27-28 de l'édition Pelletan.

Le second, qui commence par « sous le dernier roi de Grenade » correspond aux pp. 31-32 de l'édition Pelletan et comprend un passage de 7 lignes inédites : « Les pignons de ces maisons bordaient la place ; liés ensemble et se touchant par les côtés, ils se détachoient les uns des autres à la hauteur du toit et se terminoient en pointe... Ils étoient persés dans leur surface par des fenêtres en ogives, qu'à peine séparoient entre elles des pilastres de briques rouges : la plus entière avoit l'air d'une serre immense couronnée par une dentelure d'ornements gothiques ».

Le troisième feuillet (pp. 32-33 de l'édition Pelletan) commence à « pour errer dans les rues de Grenade ».
Il comporte un passage inédit de 9 lignes : « Là s'élevoit le tronc où était placé le portrait de Fatine, et au pied duquel Abenamar combattoit pour la beauté de sa maîtresse.
Aben Hamet croyoit voir flotter les panaches, briller les casques, et les lances et les boucliers ; il lui sembloit que toutes les dames de Grenade, les Galiara, les Xarifa, les Daraxa, regardoient encore du haut de leurs balcons, les jeux magnifiques et laisser tomber des parfums sur la tête de leurs chevaliers. »

Le quatrième feuillet (pp. 114-115 de l'édition Pellatan) commence à « la naïveté de ces plaintes » et comprend in extenso la romance « Le Cid », « Prêt à partir pour la rive africaine... »

Provenance : ancienne collection François-Claude de Boodt.

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