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Lot 51 - Cheminée d'époque Louis XIII - Datée 1652 - En pierre calcaire, à linteau [...]

Estimation : 360 000 € / 460 000 €

Cheminée d'époque Louis XIII - Datée 1652
En pierre calcaire, à linteau sculpté de guirlandes de rinceaux, surmonté d'un trumeau avec corniche en doucine présentant une frise à denticules, orné en son centre d'un médaillon octogonal ceinturé d'un tore de feuilles de lierre et de rubans, encadré par un blason décoré de chutes de fruits nouées de rubans et d'écailles de poisson, agrémenté en son sommet d'une coquille garnie d'une tête d'angelot et de feuilles torsadées et à sa base d'un mascaron enrichi de feuilles de chêne et de rubans; reposant sur des jambages à l'image de cariatides, présentant des fleurs et des fruits, se prolongeant par des têtes de lion; restaurations au linteau, à la corniche et d'une pierre de remplissage du trumeau
Cheminée : H. 420 x L. 258 x P. 83 cm
Foyer : H. 158 x L. 190 cm

A calcareous stone chimney piece, Louis XIII, dated 1652
Chimney : H. 165,35 x W. 101,57 x D. 32,68 in.
Hearth : H. 62,20 x W. 74,81 in.

Provenance : Hôtel du Château de Rocher, Vaucluse, France

Commentaire : La date figurant à l'arrière du linteau permet de dater la création de cette cheminée, des toutes dernières années de la Fronde. Son histoire est cependant documentée à partir de 1828, date de la construction d'un hôtel particulier à Bollène, le Château de Rocher, exquise demeure dans le goût italianisant si prisé à l'époque.

Cette cheminée monumentale, au décor luxueux, témoigne de l'influence de l'Ecole de Fontainebleau. Les motifs architecturaux et ornementaux sont empruntés au répertoire antique mais sont interprétés dans le style bellifontain. On y retrouve le cartouche, les guirlandes de fruits, ainsi que les cuirs enroulés sur le trumeau, qui encadrent l'espace destiné à recevoir une toile.

Au XVIIe siècle, sont publiés d'importants recueils spécialisés dans les cheminées, notamment celui des planches du graveur Abraham Bosse, d'après des dessins de Jean Barbet, tiré de l'ouvrage intitulé Livre d'architecture d'autels et de cheminées.
Celui-ci aurait vraisemblablement inspiré le maître-atrier de cette cheminée.
Des similitudes sont à noter entre cette cheminée et celle de la planche 7 du recueil.
Des analogies sont évidentes avec la cheminée, illustrée ci-dessus, du musée des Beaux-Arts de Tours, ancien palais épiscopal : décor anthropomorphe constitué de cariatides, guirlandes de fleurs et de fruits ornant le trumeau.

Quoiqu'aucun document d'époque n'ait été retrouvé attestant des circonstances de la commande de cette cheminée, la qualité de la pierre laisse à penser qu'elle pourrait provenir de la carrière de Saint Restitut, toute proche de l'hôtel du Château de Rocher.

Les recherches de Christian Trézin, réunies dans un ouvrage intitulé "Grignan, du Castellum au Palais d'Apolidon", permettent d'établir des similitudes ornementales entre des éléments présents notamment sur la façade de la Cour du puits et du portail de l'église collégiale du château de Grignan et notre cheminée : rubans flottants, guirlandes de fruits et cariatides engainées.

On retrouve également quelques analogies iconographiques dans les détails ornementaux du plafond du salon Octogonal du Château de Suze La Rousse : plumes et mascarons flanquées d'éléments végétaux.

Seul un commanditaire ayant une importante fonction dans la société et résidant, vraisemblablement, dans un des châteaux de la région de Provence, aurait pu passer commande d'une pièce de cette envergure, notamment durant la période de la Fronde entre 1648-1653.

The inscription on the back of the lintel is used to date the creation of this fireplace in the last years of the Fronde in France.
Its history is however documented from 1828, date of the construction of a mansion in Bollène, the Château du Rocher, exquisite house in the Italian style so popular at the time.

This monumental fireplace, with luxurious decor, shows to the influence of Fontainebleau's school. The architectural and ornamental motifs are borrowed from the ancient repertory but are interpreted in the Bellifontain style. We find the cartouche, the fruit's garlands, as well as the leathers wound on the trumeau, around the space intended to receive a painting.

In the seventeenth century, important specialized collections of fireplaces are published; including of the engraver Abraham Bosse's boards, based on drawings by Jean Barbet, from the book entitled "Book of architecture of altars and fireplaces" .
This book probably inspired the creator of this fireplace.

Similarities should be noted between this fireplace and the one plate 7 of the collection.
A comparative study can also be made with the chimney of the Salon Louis XIII of the Museum of Fine Arts of Tours, old episcopal palace: anthropomorphic decor constituted of caryatids, garlands of flowers and fruits adorning the trumeau.

Although no document of time was found certifying the circumstances of this fireplace's order, the quality of the stone suggests that it could come from the quarry of Saint Restitut, very close to the hôtel du Château de Rocher.

The researches of Christian Trézin, in his work entitled "Grignan, from Castellum to the Palace of Apolidon", make it possible to establish ornamental similarities between elements present in particular on the facade of the second Courtyard of the Castle of Grignan and the fireplace Louis XIII (lot No. 51): ribbons, lion heads and caryatids sheathed.

There are also some iconographic analogies in the ornamental details of the ceiling of the Octogonal Salon of the Château de Suze La Rousse: feathers and mascarons flanked by plant elements.

Only a person with an important function in society and living probably, in one of the Castles of the region of Provence, could have afforded such a piece, especially during the period of the Fronde 1648-1653.

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