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Lot 75 - Francis PICABIA (Paris 1879 - 1953) - Les châtaigniers à Munot, effet de soleil, [...]

Francis PICABIA (Paris 1879 - 1953)
Les châtaigniers à Munot, effet de soleil, 1907
Huile sur toile d'origine
73 x 92 cm
Signé et daté en bas à droite Picabia 1907
Porte sur le châssis l'inscription à la craie bleue Les châtaigniers à Munot, effet de soleil, 1907, ainsi que sur la traverse du châssis l'inscription à la craie bleue Loué + 3032; et sur une ancienne étiquette 182

Provenance:
Vente de tableaux modernes par Maîtres Laurin, Guilloux, Buffetaud, Tailleur, à Paris, Palais d’Orsay, le 13 décembre 1977, n° 161, reproduit
Collection particulière

Une copie du certificat du comité Picabia sera remise à l'acquéreur.

Picabia, « artiste vibrant et sincère, que sa passion pour nos campagnes et nos champs a conduit à vivre en pleine Nature » Edouard André, Exposition Francis Picabia, Le Petit Journal, 2 février 1907.

Picabia et le rapport à l’impressionnisme
Lorsque son grand-père, le photographe Alphonse Davanne, aurait annoncé la fin prochaine de la peinture, Picabia lui aurait répondu « A moins que nous ne fassions des tableaux autres que ceux où l’on copie servilement la nature ».
Les châtaigniers à Munot, effet de soleil, 1907, est le témoin parfait de cette volonté de dépasser la photographie réaliste, de renoncer à la copie des formes extérieures pour voir plus loin, plus profond que la surface des choses, au-delà des apparences.
Plus ardent que jamais, l’été offre sa lumière puissante, les foins brillent, les arbres prennent vie. Si c’est la lumière qui nous éblouit, ce sont les ombres qui se jouent de notre œil et font naître les formes. Même les ombres ne sont que couleurs, vibrantes et miroitantes ; un fin filet violet vient caresser les foins, suggestion d'une oasis paisible de fraicheur que le personnage délaisse pour profiter des feux de l’été.
C'est dans une valse perpétuelle que l'artiste emporte notre regard. Jamais il ne se fixe, découvrant une nouvelle teinte ou un nouveau mouvement entre les arbres, qui se confondent subtilement entre les divers plans. Dans cet immuable flot une fenêtre s’ouvre sur la lumière estivale.
C’est ainsi que l’ambiance des paysages de Pissarro et Sisley guide le pinceau de Picabia dans cette œuvre néo-impressionniste.
L’impressionnisme fut en effet aux yeux de Picabia « le cordon ombilical qui [lui] permit de développer[ses] poumons, d’apprendre à marcher ». L’œuvre est ainsi empreinte des inspirations néo-impressionnistes de Picabia, s’inscrivant dans le sillage de Camille Pissarro auquel il emprunte notamment l’attention portée au traitement des arbres et à l’harmonie des couleurs.

Entre dépendance et influences dans une perpétuelle recherche esthétique
Cette période témoigne également du lien de Picabia vis-à-vis des images mécaniques, notamment du travail à partir de photographies ou de cartes postales. Mais au-delà de cette analyse, c’est bien l’idée de l’instant figé dans la photographie que Picabia défie.
Cette dépendance de Picabia tant à l’image préexistante qu’aux esthétiques et courants antérieurs, imprègne fortement ses expériences artistiques et vient nourrir sa réflexion sur l’art, qui selon lui « ne se limite pas lui-même, [mais] se continue ».
Toujours dans cette idée il affirme : « je n’ai aucun désir de dominer, je ne veux que dominer mes œuvres. Un tableau ne doit être d’aucune époque, il doit concentrer ses propres besoins et non ceux d’une époque, mais la dominer. […] Il n’y a ni premiers, ni derniers artistes ».
Il lui incombe donc de s’approprier ces sources et de s’obliger à trouver une place à son art, respectant l’idée de Cézanne qu’il cite et selon laquelle « en art, on est révolutionnaire ou plagiaire ».
Evoquant la quête d’esthétique de Picabia, L. Roger-Milès dans le catalogue de l’exposition de février 1905 à la Galerie Haussmann, affirme « c’est l’observation constante qu’il a de la nature, qui lui permet de passer d’un effet à un autre, avec tant de bonheur : et c’est elle, l’infatigable génératrice d’art, qui guide son jeune et ferme talent, dans sa mission de beauté ».

« Mon évolution ? Comparez-la, si vous le voulez, à celle d’une plante dont les fortes racines lui permettent d’aboutir en mille feuillages ».

Cette œuvre fait partie d’une série, et est à rapprocher de l’œuvre de 1906 Les châtaigniers (les châtaigniers, effet de soleil, Munot, Nièvre) exposée sous le n°26 dans l’exposition 1907. Elle fait également écho à l'œuvre Les châtaigniers de 1907, provenant de la collection de The Honorable David Montagu, exposée à la Matthiesen Gallery de Londre en 1959 (n°8) et au Salomon R. Guggenheim Museum de New York en 1970 (n°6) et reproduit au Tome 1 du catalogue raisonné Picabia sous le numéro 313, et dans l'ouvrage de Maria Luisa Borràs de 1985 sous le numéro 53.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes