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Lot 344 - François BOUCHER Paris, 1703 - 1770 - Le repas de la basse-cour - Huile sur toile [...]

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François BOUCHER Paris, 1703 - 1770
Le repas de la basse-cour
Huile sur toile
Signée et datée 'f. Boucher 1769' en bas au centre

Young farmer in a farmyard, oil on canvas, signed and dated, by Fr. Boucher
80 x 64,50 cm (31,50 x 25,39 in.)
Provenance : Collection Panchet ;
Sa vente, Paris, 12 octobre 1802, n° 4 : " Vue d'une Basse-Cour, où une jeune fille jette du grain à des Poulets " (31 francs) ;
Acquis lors de cette vente par Jacques-Nicolas Brunot (1763-1826) ;
Chez L. Koetser, 1939 ;
Mondschein, 1940 ;
Collection de lord Hillingdon, Londres ;
The Halsborough Gallery, Londres, répertorié entre 1942 et 1954 ;
Collection M. Krikor A. Bergamali, Montevideo;
Vente Marquez, Montevideo, 28 mai 1957 ;
Collection Jean Chaquiriand, France ;
Vente anonyme ; Londres, Christie's, 8 décembre 1972, n° 93 (26.000 gns à Julian) ;
Collection privée, Allemagne ;
Chez Richard Green, Londres, en 2012 ;
Acquis auprès de cette galerie par l'actuel propriétaire lors de la Biennale des Antiquaires à Paris en 2014





Expositions : 'Masterpieces of Painting', Montréal, Museum of Fine Art, 5 février - 8 mars 1942, n° 47
Bibliographie : 'The Connoisseur', août 1954, repr. coul. sur la couverture
Alexandre Ananoff and Daniel Wildenstein, 'François Boucher', Lausanne et Paris, 1976, t. II, p. 296-297, n° 672, fig. 1723
Alexandre Ananoff and Daniel Wildenstein, 'L'opera completa di Boucher', Milan, 1980, p. 142, n° 710
Burton B. Fredericksen, Benjamin Peronnet, 'Répertoire des tableaux vendus en France au XIXe siècle', Los Angeles, 1998, t. 1, p. 187
Commentaire : François Boucher fait partie de ces artistes qui connurent dès leur vivant une immense notoriété. Son nom est aujourd'hui encore indissociable de l'idée d'une esthétique associée au règne de Louis XV et au goût de Madame de Pompadour, celle d'une vision du monde légère, gaie, souvent teintée de volupté, dans des paysages aux coloris frais, le tout servi par une touche généreuse dégageant une puissante séduction. L'ensemble de ces caractéristiques allié à une production extrêmement féconde et d'une grande diversité au cours d'une longue carrière font de François Boucher - pour reprendre les mots des Goncourt - " un de ces hommes qui signifient le goût d'un siècle, qui l'expriment, le personnifient et l'incarnent. Le goût français s'est manifesté en lui dans toute la particularité de son caractère : Boucher en demeurera non seulement le peintre, mais le témoin, le représentant, le type1. "
Dès le début de sa carrière, Boucher développa rapidement un goût prononcé pour le paysage dans lequel il installe paysans et figures bibliques à son retour d'Italie, avant de petit à petit le transformer, au gré des commandes ornementales, en décor abritant des jeux de putti ou les émois amoureux de jeunes bergères et de leurs amants, donnant un nouveau souffle au genre de la pastorale galante.
Les amours oiseleurs et les bergères faussement innocentes ne sont cependant pas les seules figures à égayer ces scènes de genre champêtres de François Boucher, qui élabore à partir de la fin des années 1740 une sorte de synthèse entre les deux : ce que l'on appellera dans les arts décoratifs les " Enfants Boucher ". Il s'agit de fillettes et de garçonnets s'adonnant à des activités du quotidien, mangeant de la bouillie, blanchissant le linge, jouant avec des animaux, jardinant… Ces charmantes figures d'enfants en habit de paysans connurent un vif succès et vinrent peupler les dossiers des fauteuils en tapisserie, les dessus des commodes sous la forme de biscuits de Sèvres, les assiettes, les planches gravées et les toiles comme celle que nous présentons.
Cette fillette donnant à ses poules le grain retenu dans son tablier est un merveilleux exemple de ce vocabulaire mis en place par François Boucher. Daté des dernières années de sa carrière, il illustre la reprise d'un thème qui lui aura été cher et qu'il aura décliné en plusieurs versions. Un premier tableau daté de 1752 et gravé à plusieurs reprises sous le titre de " La petite fermière " puis de " La petite Ménagère " présente dans un format en largeur ce même sujet d'une petite fille donnant du grain aux poules. Il s'agit peut-être du tableau mentionné dans le catalogue de la vente dite de Madame du Barry de 1777 : " Une petite fille qui jette du grain à des poules et des poulets près d'une chaumière² ". Un autre enfant de Boucher fut repris par le maître à la fin de sa vie : " Le Petit Alchimiste ", issu d'un cycle décoratif conçu vers 1751 et à nouveau peint sur toile en 17693, signifiant ainsi la grande popularité et la persistance du goût pour ces figures enfantines.
Un tableau comme celui que nous présentons incarne à lui seul le siècle de Louis XV : la main de son plus grand maître y a, à l'aide d'une matière vibrante et généreuse, dépeint une charmante scène champêtre, baignée d'une douce lumière et d'un coloris délicat, où les plis framboise de la jupe d'une petite paysanne viennent faire écho aux nuages frangés de rose.

1. L'Art du XVIIIe siècle, vol. I, Paris, 1873, p. 177
2. A. Ananoff et D. Wildenstein, op. cit., t. II, p. 1752, n° 413
3. Vente anonyme ; Londres, Sotheby's, 5 décembre 2013, n° 208

Nous remercions Monsieur Alastair Laing de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de ce tableau d'après photographie, ainsi que pour son aide à la rédaction de cette notice.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes