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Lot 41 - L’égarement de l’infortune. - L’une des premières pièces de théâtre[...]

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L’égarement de l’infortune.
L’une des premières pièces de théâtre écrite par le divin Marquis.
Manuscrit complet de ce drame en 3 actes et en prose écrit par le Marquis de Sade à Vincennes en 1781. Manuscrit de brouillon de 75 pages in-8 sous couverture avec titre sur le premier plat détaché et sans dos et phrase en exergue de la main du Marquis, « il est donc des forfaits qu’on ne peut condamner ».
Texte écrit par son fidèle valet avec une cinquantaine de corrections manuscrites et rajouts de la main du Marquis, ainsi que de nombreux passages, parfois des pages entières rayées de la main du Marquis. Texte inédit, faisant partie des 35 actes recensés par le catalogue raisonné des œuvres du Marquis en date de 1788 et qui firent partie de la collection de la famille de Sade. Pièce jamais publiée.
Cette pièce, l’une des premières écrites par le Marquis rentre parfaitement dans les codes d’écriture du théâtre au XVIII ème siècle que maîtrisaient avec dextérité Sade, lui le passionné de théâtre depuis toujours et qui rêvera toute sa vie de ce voir jouer et de triompher sur les planches.
Il est indiqué sur une page volante que cette pièce fut présentée le 30 novembre 1790 au théâtre du Palais Royal puis retirée « lors de ma brouillerie » , écrit Sade, « suite à un différent avec GAILLARD pour être donnée au théâtre Molière qui l’a reçue ». En effet, Sade cherchant à tout prix à se faire jouer, voulut que sa première pièce Jeanne LAISNE ou le siège de Beauvais soit représentée au Théâtre français en mai 1790 ce que les deux associés, Gaillard et Dorfeuille refusèrent, d’où la fâcherie pour cette pièce.
L’intrigue, reposant sur le pathétique, cette forme particulière et codée de l’émotion propre au XVIII ème siècle au théâtre (à la différence du roman reposant plus sur l’apathie des personnages libertins), se déroule en exil dans un Londres sordide, Sade cédant aux décors des romans noirs et gothiques en vogue à la fin du XVIII ème siècle à Paris .
Un gentilhomme Derval et son épouse ont quitté la France par amour et vivent dans la plus grande pauvreté avec leur enfant.
Derval, pour faire vivre sa famille se décide à détrousser un homme dans la rue.
De son côté son épouse, Cécile, repousse les avances d’un chevalier de Merville qui veut l’aider financièrement en échange de ses faveurs.
Elle refuse et soutient son mari qui est accusé de vol et de tentative de meurtre.
Il apparaît après plusieurs rebondissements que le détroussé n’est autre que le père du chevalier de Merville, mais aussi de Derval.
Fort des mécanismes sadiens de reconnaissance des liens familiaux cachés (si bien développé dans la reconnaissance entre Justine et Juliette dans son univers romanesque), la raison et les bons sentiments triomphes, Derval et sa femme rentrent à Paris avec leur père et retrouvent leur rang, Le chevalier se fait pardonné (cela conforme aux idées de Diderot et Beaumarchais qui, à l’opposé de Rousseau, considèrent avec Sade que le théâtre est une école de vertu). Le texte se terminant par cette tirade du père, « ce n’est jamais imprudent que l’on quitte la route des devoirs, elle seule conduit au vrai bonheur, celui qu’on achète aux dépens du cri de la conscience ».
Importante pièce de théâtre dans le répertoire de Sade, si cher à ses yeux (peut-être plus que les romans), jamais jouée et dont la version présentée ici, du fait des nombreux passages supprimés, représente l’œuvre première, bien plus développée. Elle s’inscrit totalement dans l’œuvre du Marquis, imprimant en creux les caractéristiques des romans de Sade. Ce qui fera dire à J.J BROCHIER que « son théâtre par son traditionalisme, par son goût de l’opéra-comique et du mélodrame, pourrait passer aux yeux du lecteur naïf pour une œuvre sans importance… Alors que c’est parce que les fantômes du Marquis ne sont pas présents dans le théâtre que ces fantômes sont en action ailleurs, dans les romans ».

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Thème : Documents, Autographes Ajouter ce thème à mes alertes