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Lot 42 - Léopold STARKMANN (Né en 1914) - La crique. Huile sur toile, signée en bas à [...]

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Léopold STARKMANN (Né en 1914) - La crique. Huile sur toile, signée en bas à gauche et datée 954. Dimensions : 61 x 46 cm. Léopold Starkmann est né en Hongrie peu avant la première guerre mondiale. Issu d'une famille vivant dans le plus grand dénuement, Il tente sans succès de migrer aux États-Unis. Il s'installe finalement en Allemagne à la fin des années 20 et il y apprend les rudiments de la couture. Arrivant à Paris en 1932, il connaît un important succès commercial et social en développant le concept de la mode à coût raisonnable et à grande échelle. Son concept est développé aussi bien en France qu'aux États-Unis, où il connaît là aussi un brillant écho.

En parallèle de cette carrière, Leopold Starkmann est un artiste accompli.

La galerie André WEIL, 26 avenue Matignon à Paris (galerie d'André BRASILIER et de Roger BEZOMBES…) réalise ses expositions personnelles en 1951,1953, 1955, 1957 et 1962. Ces dernières remportent toutes un vif succès. Ses œuvres sont à l'époque largement acquises par les musées nationaux, notamment le musée d'art moderne de Paris, ou le musée d'Ile-de-France.
En 1958, il publie l'ouvrage "visa pour l'espoir" aux éditions Del Duca. Cette œuvre autobiographique sera prolongé par un prix éponyme, très médiatisé, que Leopold Starkmann remettra une fois par an à une jeune personnalité innovante. La dotation du prix est à l'époque de 500 000 francs. Leopold Starkmann quitte ensuite Paris et s'installe dans le sud de la France. Il y exposera et vendra lui même sa création.

Son style le plus remarquable (années 50 et 60 est qualifié à l'époque de "cloisonnisme rythmé".

Nous pouvons citer la critique de Roger NALYS dans sa rubrique "A paris, de ceci et de cela, l'on parle", publiée dans L’OFFICIEL DE LA MODE (numéro 482-483, année 1962) au sujet de l'exposition de 1962 de Leopold Starkmann à la galerie André Weil, Paris :

"Les métamorphoses de léopold starkmann. En ce moment même, se tient chez andré weil, une exposition du plus haut intérêt, qui fait courir le tout-paris.
Il s'agit de la 5eme exposition starkmann. C'est une figure hors série que léopold starkmann présente. Nos lectrices se souviennent certainement de son extraordinaire aventure publiée chez del duca sous le titre « visa pour l'espoir » et que nous avons analysée ici même. Elles savent aussi toute la valeur, matérielle et morale, qui s'attache au prix que cet homme de cœur attribue chaque année, sous le même concept du « visa pour l'espoir ». Aujourd'hui, ce que starkmann nous offre, avenue matignon, ce sont des compositions étranges où le peintre s'exprime non pas figurativement et pas davantage d'une manière abstraite, mais dans un mélange harmonieux des deux disciplines. Comment? Eh bien, starkmann ayant pratiqué successivement les deux styles, ni l'un, ni l'autre, considéré séparément n'a pu le satisfaire. Ce qu'il voulait c'est dans sa transfiguration du monde visible, ajouter à la réalité perceptible, le reflet de sa propre vie intérieure. Il a donc songé à mélanger les deux procédés. Dès lors, tout s'éclaire. Les motifs se prennent, se quittent, se rejoignent, se prolongent, se fondent, tantôt réels, tantôt purement imaginés. Musicalement, pourrait-on dire. Et c'est la métamorphose ! La rue sans joie débouche sur l'émerveillement. Au tréfonds du bourbier se mirent les étoiles et à travers le toit crevé s'illumine le ciel. Chez starkmann, le dessin est pur, élégant, subtil, la couleur raffinée, délicate. L'ensemble est puissamment rythmé comme l'entend la sagesse hindoue, tagore ne fait-il pas du rythme la force transcendantale qui pousse les êtres et les choses à se mouvoir harmonieusement dans une joyeuse exaltation? Dans tout cela, aucune angoisse, aucune perversité. L'insolite n'a rien de morbide et freud n'intervient pas. Cependant, si pour être «à la page», starkmann devait marquer quelque penchant obsessionnel, je le verrais en ceci : d'une manière à peu près constante, ses toiles portent de larges courbes elliptiques tracées autour de mystérieux soleils. Désir d'envol hors des limites de l'espace fini ? Hantise d'évasion ? Les liens qui nous enserrent ? Le couvercle qui nous écrase ? Fort probablement. Mais, en l'occurrence, une autre pensée vient à l'esprit, lancinante. Les courbes de starkmann qui, fait à retenir, est d'ascendance hongroise, se rapprochent de certains signes asiatiques par lesquels se traduit la fusion humaine dans l'âme universelle. Toutes proportions gardées, l'on ne peut s'empêcher de songer au taï-ki de confucius. Vous savez bien ? La spirale rythmée inscrite dans le cercle, qui, symbolisant l'union du yang masculin et du yin féminin, exprime en définitive l'harmonie souveraine. Singulière et troublante rencontre en vérité mirage ? Sans aucun doute. Mais auquel, face au jeu savant de starkmann, on se prend à céder.


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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes