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Lot 8 - Michel Anguier Eu, 1612 - Paris, 1686 - Neptune agité - Bronze à patine brune - [...]

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Michel Anguier Eu, 1612 - Paris, 1686
Neptune agité
Bronze à patine brune
Hauteur : 52 cm (20,50 in.)

Neptune, bronze, brown patina, by M. Anguier

Provenance : Collection Marcel Bissey ;
Collection Thierry Feray ;
Collection particulière









Expositions : 'Louis XIV, fastes et décor', Paris, musée des Arts Décoratifs, Palais du Louvre, Pavillon Marsan, mai - octobre 1960, p. 138, n° 700

Bibliographie : " Un collectionneur remet au goût du jour le savant désordre des cabinets du curieux ", in 'Connaissance des Arts', janvier 1958, visible sur les photographies de la p. 81
Philippe Jullian, "Tradition et éclectisme dans une maison du XVIIIe siècle au coeur de Paris", in 'Connaissance des Arts', n° 140, octobre 1963, p. 78, le bronze est visible sur l'une des photographies du "Salon vert"

Bibliographie en rapport:
Geneviève Bresc-Bautier, " Le petit bronze ", dans 'Un temps d'Exubérance : Les Arts décoratifs sous Louis XIII et Anne d'Autriche', Paris, 2002, p. 426-431
Paul Labesse, 'Les frères Anguier, sculpteurs eudois', Eu, 2008, p. 84
Geneviève Bresc-Bautier et Guilhem Scherf (dir.), 'Bronzes français de la Renaissance au Siècle des lumières', cat. exp. Paris, Musée du Louvre, 2008, p. 208, n°56
Jeremy Waren, 'Beauty and Power, Renaissance and Baroque Bronzes from the Peter Marino Collection', Paul Holberton publishing for the Wallace Collection, Londres, 2010

Commentaire : Après s'être formé auprès de son père menuisier à Eu, Michel Anguier poursuit son apprentissage entre 1629 et 1633 à Paris dans l'atelier de Simon Guillain. A partir de 1641 il séjourne à Rome pendant une dizaine d'années et découvre avec Nicolas Poussin et François Duquesnoy les œuvres de l'Antiquité pour lesquelles il se passionne. Il s'initie au baroque auprès d'Alessandro Algardi et assiste Le Bernin pour un temps. A son retour en France, Anguier obtient rapidement d'importantes commandes. On lui doit la décoration des appartements d'été d'Anne d'Autriche au Louvre, des statues commandées par Nicolas Fouquet pour son château de Saint-Mandé puis pour les jardins de Vaux-le-Vicomte. Il sculpte un important cycle de bas-reliefs au Val-de-Grâce et signe les ambitieux groupes ornant la porte Saint-Denis à Paris. Sa carrière, exemplaire, s'articule autour de ces grandes commandes et de son implication au sein de l'Académie royale dont il est professeur adjoint en 1668 puis recteur en 1671.

Si Anguier est l'un des dépositaires du grand style de la sculpture versaillaise insufflé par François Girardon, il est aussi sans doute à l'origine de la diffusion et de l'engouement pour les statuettes indépendantes jetées en bronze. Cet art, jusqu'alors souvent réservé aux décors d'églises va se développer en partie grâce au succès critique et commercial du fameux cycle des dieux et des déesses conçu par Anguier peu de temps après son retour de Rome.
Le 6 mai 1690, à l'Académie Royale de peinture et de sculpture, Guillet de Saint Georges rapporte : " M. Anguier fut occupé en 1652 aux modèles de six figures, chacune de 18 pouces (48,8 cm se rapportant à la figure seule) qui ont été jetées en bronze et qui représentent un Jupiter foudroyant, une Junon jalouse, un Neptune agité, une Amphitrite tranquille, un Pluton mélancolique, un Mars qui quitte les armes et une Cérès éplorée (… )1".
Michel Anguier est ici clairement influencé par 'Neptune et Triton' du Bernin qu'il a vu et admiré à Rome (Londres, Victoria and Albert Museum). Dans notre groupe, 'Neptune', le dieu des mers, est puissamment campé sur ses jambes dans un mouvement dynamique vers l'avant. II enjambe le cheval marin avec autorité, son buste est large, ses épaules puissantes, ses flancs saillants et son sillon inguinal marqué, soulignant sa force physique et sa colère. Les proportions sont élégamment allongées. Les veines des pieds et des mains qui s'animent sous la tension musculaire affleurent sous l'épiderme et les mèches sont soulignées avec vigueur dans l'épaisse chevelure.
Le bronze est fondu d'un seul jet, solidairement d'une base carrée, par la méthode de la cire perdue. On remarque quelques pièces de bouchage caractéristiques de l'ancienneté du mode opératoire de la fonte. L'ensemble de l'empreinte, d'une belle nervosité, est remarquablement inscrite dans la cire et très peu reprise à froid.

Au sein du cycle des dieux et des déesses, le 'Neptune agité' occupe une place particulière. Son évidente influence baroque et le dynamisme de sa composition s'opposent en effet au calme et à la sérénité de l''Amphitrite tranquille' à laquelle il est souvent apparié.
Dans sa grande version, neuf exemplaires en plus du nôtre sont aujourd'hui connus². La qualité de notre groupe, ayant appartenu au grand collectionneur Thierry Ferray (fig.1) et fait l'objet d'un prêt lors de l'exposition 'Louis XIV, faste et décors' de 1960, se rattache aux plus belles réalisations de Michel Anguier et plus généralement des bronzes français du Grand Siècle.

1. 'Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale (…)', Paris, 1854, p. 438
2. Londres, Victoria & Albert Museum (H. 51,50 cm) ; Londres, Collection Jennifer Montagu (H. 52,30 cm); New York, The Metropolitan Museum of Art (Altman Collection, H. 53,70 cm) ; Paris, musée Carnavalet (H. 50 cm) ; Washington, National Gallery of Art (H. 51,50 cm) ; Toulouse, fondation Bemberg (H. 52 cm) ; Londres, vente Sotheby's, 10 décembre 1987, n°64 (H. 50,50 cm) ; Paris, collection particulière (exp. Paris, 2001, n° 53, H. 57 cm) ; Paris, collection particulière (exp. Paris, 2008-2009, n° 56, H. 52 cm)

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