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Lot 21 - Nicolas POUSSIN (Les Andelys 1594-Rome 1665) - La Sainte Famille avec saint [...]

Estimation : 200 000 € / 300 000 €

Nicolas POUSSIN (Les Andelys 1594-Rome 1665)
La Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste
Toile
Restaurations anciennes
Dans un cadre en bois sculpté et doré, travail français d'époque Louis XIV
Holy family with St John the Baptist, canvas, in a French Louis XIV carved giltwood frame
52 x 68 cm - 20 1/2 X 26 3/4 IN.


Provenance
13 juin 1804 : Mentionné dans la collection de Lucien Bonaparte (1775-1840) à Rome ;
Vente de la collection de Lucien Bonaparte, Prince de Canino, Londres, New Gallery, 6 février 1815, n° 50 ;
Vente de la collection de Lucien Bonaparte, Londres, Stanley, 14-16 mai 1816, n° 42 ;
Vente de la collection de Lucien Bonaparte, Paris, 25 décembre 1823-10 janvier 1824, n° 49 (3 000,00 francs) ;
Collection Guillaume Bertrand Scipion de Saint Germain, vers 1840 ;
Par descendance, collection privée à Montauban, France ;
Vente anonyme, Londres, le 10 décembre 2003 (Christie's), n° 66 ;
Galerie Agnew's Londres ;
Vente à Londres, le 8 décembre 2015, (Christie's), n° 30.
Bibliographie
D.C. Bozzani, Galleria Bonaparte, Roma, 13 Giugno, Archivio di Stato, Rome Camerale II, Antichità e Belle Arti, 7, fasc. 204, no. 13 (d'après Edelein-Adadie, op. Infra) ;
A. Guattani, Galleria del Senatore Luciano Bonaparte, Rome, 1808, p. 97, no. 52 ;
Choix de gravures à l'eau-forte, d'après les peintures originales et les marbres de la galerie de Lucien Bonaparte, London, 1812, no. 38 'La Sainte Famille, petit tableau, sur toile, par Nicolas Poussin';
W. Buchanan, Memoirs of paintings, with a chronological history of the importation of pictures by the great masters into England since the French Revolution, London, 1824, II, p. 289, no. 50 ;
F. Boyer, Le monde des arts en Italie et la France de la Révolution et l'Empire, Turin, 1970, p. 228, note 2 ;
J. Thuillier, Tout l'œuvre peint de Nicolas Poussin, Milan-Paris, 1974, p119 et 120, R.27 (comme peut-être de Charles Errard en se basant sur la gravure) ;
J. Thuillier, Nicolas Poussin, Paris, 1994, R. 30, p. 270 (idem) ;
D. Martinez de la Pena y Gonzales, 'Sobre la collection de pinturas de Lucien Bonaparte', Miscelanea de Arte, 1982, pp. 252 (non vérifié) ;
M. Natoli, 'Lucien Bonaparte, le sue collezioni d'arte e le sue dimore a Roma e nel Lazio (1804-1840)', Paragone, novembre 1990, XLI, pp. 105, 108, note 22 ;
B. Edelein-Abadie, La collection de tableaux de Lucien Bonaparte, prince de Canino, Paris, 1997, pp. 241-242 ;
R. Parment, 'Rouen pourra-t-elle acquérir un nouveau Nicolas Poussin ?', Normandie, 26 novembre 2002 ;
C. Wright, Poussin Paintings A Catalogue Raisonné, Londres, 2007, p. 268 (œuvre récemment réapparue et sur laquelle il ne peut se prononcer car il ne l'a pas vue) ;
Maria-Teresa Caracciolo, Lucien Bonaparte, 1775-1840, Un Homme libre, notice du tableau, pp. 258 - 260, n° 114, reproduit (Nicolas Poussin).
Exposition
Ajaccio, Palais Fesch, musée des Beaux-Arts, Lucien Bonaparte, 1775-1840, Un Homme libre, 24 juin - 30 septembre 2010, n° 114.
Ce tableau a été mis en rapport avec une mention de la collection de Don Gaspar Méndez de Haro y Guzmán (1629-1687), 7e marquis del Carpio et Eliche (1629-1687), vice-roi de Naples à la fin de sa vie, qui possédait une importante galerie comprenant la Madone d'Albe de Raphäel et la Vénus Robeky de Velazquez. Dans l'inventaire de ses biens (conservé à Madrid, Palacio de Liria, Archivio Casa de Alba), sous le n° 905, une Sainte famille est décrite avec un ange --notre saint Jean-Baptiste ? - de Nicolas Poussin dans la manière de Titien, avec des dimensions légèrement plus petites (44 x 55 cm). Ses peintures passent ensuite dans la famille d'Albe à Madrid.
Lucien Bonaparte, jeune frère de Napoléon, collectionnait déjà lorsqu'il était ministre de l'intérieur et des arts en 1799-1800. Cette année-là, il est envoyé comme ambassadeur à Madrid en compagnie des peintres Jacques Sablet et Guillon-Lethière qui le conseillent. On sait qu'il ramène d'Espagne entre 100 et 300 tableaux, certains donnés par le roi Charles IV et d'autres achetés. Suite à un désaccord avec son frère, il doit s'exiler à Rome en 1804, et fournir une liste des objets qu'il déménage depuis Paris, pour se conformer à la réglementation italienne de l'époque. Notre toile y figure. Elle a donc été achetée soit à Madrid, soit à Paris entre 1800 et 1804, et ensuite elle est régulièrement citée comme lui appartenant. Lucien obtiendra à Rome un autre Poussin, le Massacre des Innocents (Chantilly, Musée Condé) de la famille Giustiniani. Notre Sainte Famille est ensuite acquise par Scipion de Saint-Germain vers 1840. Important médecin et auteur de publications, il était conseillé par Aimé Charles His de la Salle (1795-1878). Conservé chez ses descendants jusqu'en 2003, le tableau n'était connu des spécialistes que par la gravure de Silvestrini de 1812 dans le catalogue de la vente de Lucien Bonaparte. Depuis sa réapparition, il est daté du début du premier séjour romain, soit vers 1626/27.
Le jeune artiste est arrivé à Rome dans l'hiver 1623-1624, après un bref séjour à Venise. Très vite, il est protégé par d'importants mécènes comme Cassiano dal Pozzo ou Francesco Barberini, pour qui il peint la Mort de Germanicus, et multiplie les bacchanales ainsi que des sujets religieux de moyen format pour les collectionneurs. Ces années sont marquées par une grande influence de Titien. La consécration arrive en 1628 avec la commande du Martyre de saint Erasme destiné à la basilique Saint-Pierre.
Notre toile peut être rapprochée du Repos pendant la Fuite en Egypte du Szépmüvészeti Museum de Budapest (57 x 74 cm) où l'on retrouve un saint Jean-Baptiste proche du nôtre, le linge suspendu entre les arbres, et un saint Joseph séparé du groupe central, absorbé dans sa lecture. On peut aussi le comparer à un autre Repos pendant la Fuite en Egypte avec saint Jean-Baptiste inachevé (vente anonyme, Londres, 11 juillet 2001 (Christie's), n° 54) donné vers 1626 et avec des peintures mythologiques, en général datées de 1627 : Céphale et Aurore (collection privée), Mars et Vénus (Boston, Museum of Arts), Acis et Galatée (Dublin, National Gallery), avec ce motif d'un drap accroché aux branches et des putti semblables.
Charles Mellin (vers 1598-1649), ami proche et rival de Poussin dans la commande de la chapelle de la Vierge à Saint-Louis-des-Français, s'est inspiré de notre composition, en la renversant, pour sa Sainte famille (collection particulière, catalogue exposition Charles Mellin à Nancy, 2007, p. 152).
Dans la suite de sa carrière, Nicolas Poussin peindra près d'une quinzaine de fois le sujet du Repos pendant la Fuite en Egypte, et presque autant de Sainte famille avec le Baptiste, variant le nombre de personnages, introduisant des paysages ou des bâtiments antiques, s'éloignant des modèles vénitiens pour s'inspirer de Raphaël. Celle-ci, qui hésite encore entre ces deux iconographies, entre une frise classique majestueuse et la séduction baroque d'un pinceau rapide, contient déjà les prémices de son art à venir, tout en conservant un aspect intimiste d'une scène familiale remplie de tendresse.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes