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Lot 386 - Pendule « à l’éléphant » en bronze ciselé, doré ou patiné ; le tambour [...]

Estimation : 20 000 € / 30 000 €

Pendule « à l’éléphant » en bronze ciselé, doré ou patiné ; le tambour verni bleu est surmonté d’un barbet attaquant un échassier et repose sur l’éléphant, celui-ci la trompe levée est campé sur une terrasse rocaille agrémentée de larges fleurs. Le cadran circulaire émaillé blanc signé « Jn Baptiste Baillon » indique les heures en chiffres romains alternés de fleurs de lys dorées et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes. Le mouvement, également signé et numéroté 2565. Poinçon au « C » couronné. Attribuée à Jean-Joseph de Saint-Germain. Epoque Louis XV. H : 45 – L : 33 – P : 20 cm.
Le milieu du XVIIIème siècle est une période particulièrement féconde pour les arts décoratifs français. En effet, tout était mis en œuvre pour assister à l’émergence de talents exceptionnels et pour attirer les meilleurs artistes et artisans européens de l’époque désireux de travailler pour les grands amateurs de la capitale. La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier ; sa composition originale, figurant un éléphant barrissant sur une base rocaille, fut créée vers le milieu du XVIIIème siècle avec certaines variantes, notamment dans l’ornementation de l’amortissement orné d’un singe tenant une ombrelle ou d’un échassier effrayé par un chien. Le modèle peut être rattaché à l’œuvre de Jean-Joseph de Saint-Germain, car un exemplaire de ce type, signé par ce bronzier, est apparu sur le marché de l’art parisien (vente à Paris, Hôtel Drouot, Me Lombrail, le 18 juin 2008, lot 150). Saint-Germain s’était fait une spécialité de ce genre de créations horlogères à figures d’animaux ornées de taureaux, lions, éléphants, rhinocéros, sangliers…qu’il déclina pendant plusieurs décennies. Concernant plus précisément les pendules à l’éléphant, il réalisa un autre modèle à succès, de composition inversée et surmonté d’un jeune enfant tenant un cadran solaire (voir une pendule de ce type qui est reproduite dans Tardy, La pendule française, Ire Partie : De l’Horloge gothique à la pendule Louis XV, Paris, 1975, p.171). Enfin, parmi les rares autres pendules de dessin identique à celle que nous proposons, citons, pour les modèles surmontés d’un singe : un premier exemplaire conservé à la Residenz de Bamberg (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Band I, Munich, 1986, p.124, fig.2.8.5) ; un deuxième qui appartient aux collections royales espagnoles (paru dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio Nacional, Madrid, 1987, p.23) et un dernier qui figure dans les collections des Princes de Hesse au château de Fasanerie à Fulda (illustré dans le catalogue de l’exposition Gehäuse der Zeit, 2002, p.93) ; enfin, pour le modèle orné du groupe dit « à l’échassier », mentionnons particulièrement celui, également signé « Jean-Baptiste Baillon », qui a fait partie de la collection de Mrs. Anna Thomson Dodge (vente Christie’s, Londres, le 24 juin 1971, lot 39), et qui, tout comme l’exemplaire que nous proposons, pourrait correspondre à la pendule prisée 150 livres en septembre 1771 dans l’inventaire après décès du chirurgien Egide de Bertrand-Pibrac : « Une pendule dans sa boite de cuivre doré surmontée d’un héron et supportée par un éléphant, ladite pendule sonnant les heures et demies heures aiguilles de cuivre et cadran d’émail fait par Jean-Baptiste Baillon ». Jean-Joseph de Saint-Germain (Paris 1719-1791) est probablement le plus célèbre bronzier parisien du milieu du XVIIIème siècle. Actif à partir de 1742, il ne fait enregistrer ses lettres de maîtrise que plusieurs années plus tard, en juillet 1748. Réputé pour la création de nombreuses caisses de pendules et de cartels qui firent sa notoriété, il joue également un rôle primordial dans le renouveau des arts décoratifs parisiens et dans le développement du courant néoclassique au début des années 1760. Parallèlement à ses créations horlogères, Saint-Germain réalise également de nombreux bronzes d’ameublement : chenets, appliques, candélabres…faisant toujours preuve de la même inventivité. Il se retire des affaires en 1776. Jean-Baptiste III Baillon (mort à Paris le 8 avril 1772) : Fils d’artisan parisien, Jean-Baptiste III Baillon est probablement le plus important horloger parisien du règne de Louis XV. Après son accession à la maîtrise en juillet 1727, il installe son atelier place Dauphine, puis rue Dauphine après 1751. Il acquiert rapidement une très grande notoriété et reçoit successivement les titres de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire de la Reine en 1744, puis, en 1770, de Valet de Chambre-Horloger Ordinaire de la Dauphine Marie-Antoinette. Pour la création des caisses de ses pendules il s’entoure des meilleurs bronziers et sculpteurs parisiens du temps, notamment des Caffieri, de Saint-Germain, des Osmond et de Charles Cressent. Outre le Garde-meuble de la Couronne, sa clientèle était composée de certains membres de la famille royale et de la couronne d’Espagne, et de nombreux grands collectionneurs. Amateur et passionné d’art, après son décès, sa collection de tableaux, de meubles et d’objets d’art, fut proposée aux enchères à Paris le 16 juin 1772.

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