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Lot 113 - Ramiro ARRUE (1892-1971) La Mère Huile sur toile signée en bas à droite 85 x 100 [...]

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Ramiro ARRUE (1892-1971)
La Mère
Huile sur toile signée en bas à droite
85 x 100 cm
Etiquette manuscrite de l'artiste au dos, marquée n°1





Expositions:
- Musée Basque, Exposition des Artistes Basques, mai 1926
- Galerie Artiste et Artisan, Paris, mars 1927, n°1

CHEF-D'OEUVRE DE RAMIRO ARRUE

Le format, le support, le sujet et l'histoire de ce tableau en font une œuvre majeure de ce maître de la peinture.
C'est une des seules œuvres (la seule ?) restée en main privée, illustrée dans le catalogue d'Olivier RIBETON, Ramiro ARRUE dans les collections publiques françaises. Une pleine page lui est consacrée mais seulement en noir et blanc. Dans cet ouvrage, le tableau est accompagné d'un long et élogieux article-critique de Francis Jammes conservé au Musée Basque de Bayonne. Cet article, paru en première page du journal La Liberté Sud-Ouest, le 12 septembre 1926, explique pourquoi La Mère est le chef-d'œuvre de l'exposition de 1926 et doit absolument rester dans les collections du Musée.
Finalement, Ramiro ARRUE préféra la retirer. Pierre BOUVET DE THEZE proche ami de l'artiste, acquiert alors l'œuvre restée depuis dans la famille par descendance. A ce titre, le tableau figure sur une liste manuscrite de Ramiro ARRUE lui-même, conservée au Musée Basque (inv. 90.57.130), où sont répertoriées ses œuvres les plus importantes et leurs acquéreurs. Ce tableau figure au numéro 2 de l'inventaire, juste après les Joueurs de Cartes du musée de Bilbao et avant un autoportrait de 1913 (n°5). Il est très vraisemblable que ce tableau ait donc été réalisé autour de 1920.
En 1925-1926, Ramiro ARRUE a 34 ans. Il est certainement au sommet de son art. Il vient d'obtenir la médaille d'or à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs à Paris, pour l'immense scène de Fandango conservée aujourd'hui dans la salle des Mariages de la mairie de Saint-Jean-de-Luz.
L'étiquette manuscrite de la main de l'artiste, au dos de l'œuvre, laisse penser que ce tableau était le premier de l'exposition de 1926 au Musée Basque. En choisissant une toile aussi importante comme première œuvre de l'exposition, Ramiro ARRUE voulait frapper fort.

LA MERE EST UN SUJET AUX INNOMBRABLES SYMBOLES.

Orphelin de mère, ce sujet a une résonnance toute particulière pour cet artiste qui n'aura pas de descendance.
"Nul maître sans maîtres" écrit Francis Jammes dans son article. Voici l'adaptation contemporaine de la Vierge à l'Enfant, le sujet central des plus grands maîtres de la Renaissance. C'est Raphaël qui nous secoue dans notre inconscient.
La Mère et l'enfant, c'est aussi la transmission, l'esprit de Famille, l'héritage de valeurs chères qui raisonnent encore plus au Pays Basque. Francis Jammes appelle cela le "génie d'une race". Il y a superposition de la Mère et de la Terre, cette femme directement posée sans artifice sur ces montagnes, comme un même symbole d'héritage. La mère se révèle aussi dans une terre nourricière à l'origine de toute racine.
Jammes cherche des parentés artistiques. Il écrit "[Ramiro ARRUE] est complet, Cézanne est incomplet". Tant d'éloges ! Mais n'y a-t-il pas dans ce visage de femme si pure, les influences du monde artistique parisien que Ramiro a fréquenté comme notamment Modigliani dont l'atelier était voisin du sien à la Grande Chaumière, quartier Montparnasse. C'est aussi l'influence de l'Art nègre ou celte qui s'exprime à travers un souci de pure simplicité.
Cette scène d'une grande sérénité laisse aussi la place à un paysage qui fait vibrer le souvenir des plus belles compositions de Léonard de Vinci dans la Vierge à l'Enfant avec Sainte Anne et Saint Jean-Baptiste ou La Joconde. On retrouve également les mains protectrices de la Dame à l'Hermine.
Et cette touche, cette palette unique! Ramiro ARRUE a d'abord été reconnu comme un grand paysagiste. Les aplats et sa touche, les effets d'ombre et de lumière, lui ont valu une grande reconnaissance. Francis Jammes cite Cézanne certainement aussi pour la manière que Ramiro ARRUE a de synthétiser les formes dans des paysages de montagnes qui lui rappelle la montagne Sainte-Victoire.
Il n'y a pas de Maître sans maîtres disait Francis Jammes. Avec la Mère, Ramiro ARRUE transcende le style pictural et le simple discours ethnographique de la peinture basque. Il convoque les plus grands référents de la civilisation occidentale en restant contemporain, voire avant-gardiste.
Parmi les vingt œuvres de l'exposition, c'est celle-ci que retient Francis Jammes. Dans la dernière partie de son article, il appelle les Bayonnais et le Musée Basque à organiser une grande souscription pour que ce chef-d'œuvre ne quitte pas le temple de l'histoire basque.
Francis Jammes a également dédicacé un sonnet à Arrue, La Nourrice de Saint-Pée-sur-Nivelle, qui résonne comme un écho à cette œuvre.
Quelques jours plus tard, toujours en 1926, Ramiro ARRUE entreprend la réalisation des illustrations pour le Mariage Basque de Francis Jammes.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes