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Lot 68 - RODIN Auguste (1840-1917) "Fugit Amor", petit modèle Épreuve en plâtre peint [...]

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RODIN Auguste (1840-1917) "Fugit Amor", petit modèle
Épreuve en plâtre peint couleur bronze, signée et dédicacée sur la base "A mon ami Durand Tahier / A.Rodin".
Conçue entre 1881 et 1887, exécutée en 1890.
Haut. : 37,22 cm ; Larg. : 46,2 cm ; Prof. : 19,8 cm

Provenance : - Hippolyte DURAND-TAHIER (don de l'artiste, juillet 1890), - Collection particulière (par descendance du précédent).

L'authenticité de cette oeuvre a été confirmée par le Comité Auguste Rodin.

Le comité Auguste Rodin a l'intention d'inclure cette oeuvre dans ses archives en vue de la publication du Catalogue Critique de l'Oeuvre Sculpté d'Auguste Rodin actuellement en préparation à la galerie Brame & Lorenceau sous la direction de Jérôme Le Blay sous le numéro 2017-5615B.

Un certificat du Comité Rodin sera remis à l'acheteur. Fugit Amor fut initialement conçu comme l'un des éléments de "La Porte de l'Enfer".

Commandé à Rodin en 1880 pour le futur Musée des Arts décoratifs, ce projet monumental bénéficia d'inspirations multiples : architecturale d'une part, comme une réponse aux Portes du Paradis de Lorenzo Ghiberti à Florence ; littéraire ensuite, témoignant ainsi de l'obsession du sculpteur pour Dante. Rodin consacra plus de trente ans de sa vie à la réalisation de la Porte de l'Enfer, sans jamais l'achever.

Chacune des figures qui la composent sont des chefs-d'oeuvres à part entière qui illustrent les passions humaines à travers la représentation du Nu.
Avec le thème du Fugit Amor, Rodin met en image le "cercle des luxurieux", deuxième Cercle de l'Enfer, décrit par Dante dans La Divine Comédie.

L'auteur y évoque l'errance sans fin des couples liés par un amour interdit. Rodin ajoute quant à lui une inspiration baudelairienne ; l'homme et la femme n'y jouent pas le même rôle : la beauté et la sensualité de la tentatrice entraînent l'homme vers sa chute.

Dans cette expression d'une passion impossible, Paolo et Francesca, les amants tragiques de Rimini, sont représentés par deux corps en tension, assemblés avec une parfaite fluidité, qui demeurent dans l'incapacité de s'embrasser.

Ce groupe, présent en deux versions, l'une verticale, l'autre horizontale, dans le vantail droit de La Porte de l'Enfer, fut exposé seul à partir de 1887 sous divers titres : Le Rêve, Le Sphinx ou La Sphinge, qui traduisent bien ses rapports étroits avec l'esthétique symboliste de la femme fatale.

Quelques années plus tard, Camille Claudel réalise L'âge Mur, dans cette oeuvre, contrairement au Fugit Amor de Rodin, c'est l'homme qui fuit la femme, les deux amants créent ainsi un dialogue par sculptures interposées qui fait écho à leur relation passionnée et tumultueuse.

Pour ce plâtre, les archives du musée Rodin conservent de nombreux éléments de correspondance entre 1890 et 1899 entre Rodin et Hippolyte Durand-Tahier (1863-1899), peintre d'origine bretonne sous le nom de "Paul Froment", ami de Charles Maufra et Paul Gauguin, employé du Ministère des Beaux-Arts puis Secrétaire de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1890 à 1899.

A ce titre, il côtoie Rodin et son cercle d'amis dont Pierre Puvis de Chavannes, tous deux membres fondateurs de la Nouvelle Société Nationale des Beaux-Arts en 1890.

Deux courriers évoquent le don de ce groupe par Rodin en Juillet 1890 : "Maintenant pourquoi ne vous avouerai-je pas que je suis très heureux de trouver une occasion de vous rappeler que je désire impatiemment posséder le superbe groupe que vous avez eu la bonté de m'offrir ?"
(L.A.S. de Durand Tahier du 6 Juillet 1890, Archives du Musée Rodin) et "Mon cher Maître, Je ne veux pas attendre Samedi pour vous remercier de votre précieux cadeau ainsi que de la promptitude que vous avez mis à satisfaire mon impatient désir de le posséder. Je ne me lasse pas de l'admirer. C'est une de vos plus belles oeuvres".
L.A.S. de Durand Tahier du 8 Juillet 1890, Archives du Musée Rodin).


Dans l'oeuvre de Rodin, la technique de la sculpture sur plâtre tient une place privilégiée.
Elle est l'incarnation qui traduit le plus fidèlement le geste créatif de l'artiste, avec la terre et la cire.
Les oeuvres en terre crue, étaient souvent détruites après l'étape du moulage, alors que les plâtres originaux sont conservés et deviennent l'unique transcription du modelage initial, restituant ainsi toute la force et la spontanéité de la création.

Cette traduction plastique des fantasmes et des angoisses de l'époque connut un grand succès si bien que ce sujet fut édité en bronze par Rodin dès 1887.

L'édition d'épreuves originales n'est pas possible à partir de cet exemplaire en plâtre.

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Thème : Sculptures Ajouter ce thème à mes alertes