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Lot 68 - Serge POLIAKOFF - «JAUNE ET BLANC», 1962 - Huile sur toile signée en bas à [...]

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Serge POLIAKOFF
«JAUNE ET BLANC», 1962
Huile sur toile signée en bas à droite
81 x 100 cm
Provenance :
- Hanover Gallery, Londres
- Collection particulière, Paris
Exposition :
« Serge Poliakoff », Whitechapel Gallery, Londres, 1963 repertorié au catalogue sous le n°93
Bibliographie :
- Porte le n° 962093 des archives Serge Poliakoff
- « Serge Poliakoff », catalogue raisonné, Alexis Poliakoff, volume III, 2011, reproduit sous le no 62-02 page 284
On connaît le goût de Poliakoff pour la couleur. Il la travaille longuement, furieusement, jusqu’à l’épuisement, afin d’obtenir l’intensité chromatique souhaitée. Il ne faut pas perdre de vue que dans l’œuvre de Poliakoff la couleur est un langage et que c’est par l’intensité des rapports établis entre elles, qu’il nous parle.
Si depuis Kandinsky, la chromatologie a évolué, la couleur dans l’œuvre de Serge Poliakoff a su garder son symbolisme, sa puissance et ses valeurs traditionnelles. Sous le pinceau du peintre, sous les spatules, les couleurs primaires retravaillées s’enrichissent des autres couleurs tout en restant les supports majeurs de sa pensée.
Dans la tradition orthodoxe, la couleur est une participation de la lumière créée et incréée. Dans cette œuvre « Composition jaune et blanc », 1962, Serge Poliakoff s’exprime par le jaune, couleur de l’or et du soleil, auquel les anciennes civilisations attribuaient une vertu magique. Couleur expansive, couleur chaude, couleur triomphante qui déborde toujours des cadres où on veut l’enfermer. Tel un guerrier triomphateur, Serge Poliakoff crée des jaunes à tendances claires, des jaunes qui parfois s’opposent les uns aux autres jusqu’à devenir une sorte de peau de la terre. Pour Serge Poliakoff, il ne saurait y avoir d’art pictural sans couleur. Dans son œuvre, les espaces, les masses, les formes asymétriques ont leur importance et si c’est de leur déséquilibre que nait la magie, c’est par la couleur que le tableau retrouvera sa logique interne.
Lorsqu’on regarde un tableau de Serge Poliakoff, ce qui nous interpelle en premier lieu et nous tient le plus à cœur, ce sont les alternances de couleurs qui s’offrent en une sorte de conflit comme un témoignage de l’énergie personnelle, de la réflexion et du choix plastique du peintre. Inspiration, drame, joie, tout cela ne s’est pas fait tout seul. Remplacer la parole par la couleur n’est pas non plus une mince affaire. Il faut pour cela une grande foi en soi et en son art.
Depuis les années 1962, la quête architecturale de Poliakoff s’est élargie afin d’accueillir une gamme renforcée de couleurs qui changent, en intensité, la carnation de ses œuvres comme si sa chaude intensité rejoignait le mouvement visuel. « Couleur, c’est très caprice » disait Poliakoff avec son savoureux accent franco-russe. Son grand mérite aura été de sortir sa peinture au grand air, de lui donner la force de se confronter aux réalités et d’être dans sa non-figuration plus réelle que le réel. Serge Poliakoff jugule son monochrome, travaillant la couleur à plusieurs niveaux et lui insufflant une tonalité particulière. Pour ce tableau il a sacrifié sans remords tout ce qui est qualité seconde de la peinture, au profit des exigences premières s’attachant à cerner ce qui dans son propos de peintre survit aux sacrifices du raffinement dont il se refuse à admettre les séductions.
Peinture qui prend du recul, devient son propre témoin, s’abstrait de ce qui la limite pour régner en toute franchise au-delà des mots. « Composition jaune et blanc » 1962 est une oeuvre souriante, souriante comme l’était le peintre, homme sensible, homme abstrait, homme muré dans son art, homme constructeur des images de son temps. En observant cette œuvre, on en vient à se persuader que le monde contemporain s’est évanoui aux yeux de Poliakoff. Tableau qui dévoile par sa couleur la part immatérielle de son plain-chant et de sa transparence.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes