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Lot 65 - Très beau pistolet par Le Page à Paris, ayant probablement appartenu à [...]

Estimation : 100 000 € / 150 000 €

Très beau pistolet par Le Page à Paris, ayant probablement appartenu à l’Empereur Napoléon 1er et ayant servi lors de son voyage de retour de Russie vers la France du 5 au 18 décembre 1812, en traîneau, en berline à patins, puis en voiture, soit pendant 14 jours et 14 nuits, accompagné du général Armand de Caulaincourt, Duc de Vicence. Pistolet à silex, canons superposés bleuis et dorés, à pans puis ronds, signés sur les pans obliques du canon supérieur : “Le Page” et “À Paris”, numéroté : “158” et sur le canon inférieur : “Arquebusier” et “De l’Empereur”. Les deux canons sont poinçonnés en-dessous : “918” et datés : “1807”. Calibre 13,5 mm. Queue de culasse en acier finement gravé, datée à l’intérieur : “1807” et numérotée : “937”. (Numéro surchargé d’époque sur le : “918”, probablement à la suite d’une modification). Platines gravées de feuillages et de rinceaux, avec sécurité, signées : “LE PAGE À PARIS”. Chiens à col de cygne, gravés de feuillages et ciselés de perles sur le pourtour. Elles sont numérotées à l’intérieur, l’une : “937” et “918”, l’autre : “937” et datée : “1807”. Double queue de détente. Belles garnitures en acier découpé et ciselé, finement gravées de feuillages et d’une urne ; calotte en argent poinçonné, ciselée d’une tête de lion. Crosse en noyer profusément sculptée de feuillages, de palmettes et, autour de la calotte, d’une couronne de feuilles de chêne ; poignée finement quadrillée. Elle porte deux anciennes inscriptions à la peinture ou à l’encre de chine noire, peu lisibles, l’une au-dessus de la platine droite : “Russie”, l’autre entre l’avant de la même platine et la garniture d’entrée de baguette : “Russie - Traîneau”. Baguette en bois fruitier à embout d’ivoire terminé par un clou en fer. Longueur 36 cm. (Quelques petites traces d’oxydation sur les canons).
Époque Premier-Empire.
Très bon état.

POINÇONS : - Orfèvre : “J L” de part et d’autre d’un faisceau de licteur couronné, Jean LE PAGE arquebusier de l’Empereur, 13 rue de la Loi, insculpation 1806. - Coq 2e titre de Paris, 1798/1809. - Moyenne garantie de Paris : “85”, 1798/1809. Ces pistolets à canons superposés de LE PAGE sont très rares, la plupart de ceux connus ont été réalisés entre 1805 et 1807. Les armes utilisées par l’Empereur ne sont pas toutes monogrammées, la seule identification certaine est celle des livres d’ordre de LE PAGE où sont mentionnés les numéros intérieurs de fabrication ainsi que les dates. La plupart de ces livres ont malheureusement disparu, seuls en subsistent quelques fragments. CAULAINCOURT, en tant que grand écuyer, avait entre autre la fonction de s’occuper des armes de l’Empereur. LE PAGE Jean, arquebusier et fourbisseur à Paris, de 1779 à 1822, né en 1746 † en 1834. Il fut l’arquebusier de Louis XVI, du Premier Consul, puis de l’Empereur et de Louis XVIII. Il créa le système à fulminate par brevet du 28 avril 1810. Contrairement à son confrère et concurrent Nicolas-Noël Boutet, il garda les faveurs du nouveau régime sous la Restauration. Il était établi 950, rue de la Loi, en 1798, puis plus tard au 494 de la même rue qui deviendra rue de Richelieu et son atelier prendra le numéro 13 qui deviendra plus tard le numéro 8. Son fils Henri, Jean, André, Prospère lui succède en 1822 et se retire en 1842, né en 1792 † en 1854.

RÉFÉRENCES : - Une paire de pistolets, pratiquement identique mais un peu plus courte, s’est vendue à Londres, chez Christie’s le 29 octobre 1986, n° 200 du catalogue. Ces pistolets portaient, sur la queue de culasse, le : “N” couronné en or, ils étaient numérotés sur les dessus des canons supérieurs : “N° 123”, sous les platines : “798” et datés : “1805”. Cette paire aurait été achetée par le colonel Basil Charles BOOTHBY, après la bataille de Waterloo. - Un pistolet du même modèle, légèrement plus court et un peu moins ouvragé, faisait partie des souvenirs pris par les Prussiens dans la berline de l’Empereur à Waterloo. Il était exposé avec les autres souvenirs de l’Empereur, de la même provenance, au Zeuglaus de Berlin (musée historique allemand).

On le voit reproduit sur des photos des années 1905, 1914 et 1933. (Voir à ce sujet le très intéressant chapitre concernant ces souvenirs, dans l’ouvrage édité par le musée de la Légion d’honneur, à l’occasion de l’exposition La berline de Napoléon, le mystère du butin de Waterloo, en 2012, où sont reproduites ces photos, pages 98 et 99). Voir la reproduction de la photo de 1905. - Un pistolet du même type, mais plus long, avec une calotte en argent à tête de Méduse, de type vendémiaire an XII, également daté de 1807 et portant le numéro : “939” (numéro très proche de l’exemplaire présenté), est passé en vente en Allemagne, chez Hermann Historica, en 2014 (collection privée). - Une autre paire, plus simple, fait partie d’une collection privée étrangère ; les pistolets sont également datés de 1807 et numérotés : “891”.

Armand Augustin, Marquis de CAULAINCOURT, Duc de Vicence (1773/1827), général, ministre, grand écuyer et ambassadeur. Il suivit Napoléon en Russie, lors de la campagne de 1812, et surtout revint avec lui lors de la retraite du 5 au 18 décembre 1812 ; ils voyagèrent en tête-à-tête, en traîneau, en Berline à patins puis en voiture. Il a consigné, dans ses mémoires, les propos que lui tint l’Empereur ; c’est un témoignage de premier ordre sur les illusions qu’entretenait encore Napoléon et sur les jugements qu’il portait sur les hommes. (Biographie, préface de Jean HANOTEAU, aux mémoires du général CAULAINCOURT, Paris, Plon, 1933). Voir également l’ouvrage : En traîneau avec l’Empereur.

Dans l’ouvrage : En traîneau avec l’Empereur, Retraite de Russie 1812, le général de CAULAINCOURT cite dans le chapitre De Smorgoni à Varsovie : “L’Empereur donna à peine le temps de déménager les pelisses et nos armes ; n’ayant point de place dans le traîneau, il fallut renoncer même à son nécessaire qui lui était si utile...” et dans le chapitre De Varsovie à Dresde : “Mais un assassinat secret, un guet-apens serait facile, me dit l’Empereur, témoignant un vif désir d’avoir traversé cette Prusse, qui lui faisait faire des réflexions si plaisantes et en même temps si sérieuses. Cette pensée le préoccupait tellement qu’il me demanda si nos pistolets étaient en bon état, et qu’il s’assura si ceux de son côté étaient sous sa main. Je les avais visités à Posen et nous étions bien décidés à faire un mauvais parti au premier qui s’avancerait...”

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Thème : Armes, Militaria, Chasse Ajouter ce thème à mes alertes