Vente Céramique Française : 1945-1970 dont Sélection Collection Raf Simons chez Piasa : 205 lots
17 décembre 2013  -  205 lots

Céramique Française : 1945-1970 dont Sélection Collection Raf Simons chez Piasa

Piasa 83 RUE DU BAC, 75007 PARIS 75007 Paris (France) FR
Filtres
Réinitialiser
Piasa : Céramique Française : 1945-1970 dont Sélection Collection Raf Simons 17 décembre 2013  
Piasa : Céramique Française : 1945-1970 dont Sélection Collection Raf Simons 17 décembre 2013  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Informations sur la vente

83 RUE DU BAC, 75007 PARIS 75007 Paris (France)
Le 17 Decembre a 18h
Exposition publique
Jeudi 12 décembre 2013 de 10h à 19h
Vendredi 13 décembre 2013 de 10h à 19h
Samedi 14 décembre 2013 de 11h à 19h
Dimanche 15 décembre 2013 de 11h à 18h
Lundi 16 décembre 2013 de 10h à 19h
Mardi 17 décembre 2013 de 10h à 14h

Téléphone pendant l’exposition et la vente
+33 (0)1 45 44 12 71

Pour tout renseignement, veuillez contacter la Maison de ventes au +33 (0)1 53 34 10 06.

Frais de vente

Les frais par défaut pour cette vente s’élèvent à 30% TTC

Date d'exposition

Voir ci-dessous :

Conditions de vente

Accèder aux conditions de ventes

Crédit photos

Contacter la maison de vente.

Informations complémentaires

Le monde de céramiques de Raf Simons
Avec passion et patience, le directeur artistique de la Maison Dior
collectionne depuis plus d’une quinzaine d’années les grandes signatures
de la céramique française. Entretien avec un esthète à l’oeil expert

Piasa : D’où vient votre passion pour la
céramique ?
Raf Simons : C’est quelque chose qui est venu
petit à petit. Pendant mes études de design
industriel à Genk, au début des années 90,
j’ai eu la chance d’avoir comme enseignant
le céramiste belge Piet Stockmans ; un
passionné qui nous a initiés à la discipline. A
cette époque, alors que la mode était au design
contemporain, je m’intéressais aux designers
des années 50 et 60, comme Charlotte Perriand
ou Nakashima dans le domaine du mobilier,
mais aussi de la céramique. Avant cela, j’ai été
stagiaire de Walter Van Beirendonck à Paris
où j’ai découvert les Puces de Clignancourt
qui m’ont fasciné. Une fois diplômé, j’ai moimême
commencé à acheter et à vendre sur
les marchés aux puces en Belgique, avec un
véritable intérêt pour la céramique. J’en ai
même vécu pendant un ou deux ans. Ce que
je trouve magnifique dans cet art, c’est cette
association d’ingrédients simples - la terre,
l’eau et le feu – qui donne naissance à des pièces
exceptionnelles. D’une manière générale, je
dirais aussi que j’aime le rapport à la nature de
cette discipline, son côté solitaire et artisanal
qui débute avec la terre entre vos mains.
Pourquoi la céramique française en
particulier ?
Je collectionne également les créations du
Danois Axel Salto ou les céramiques contemporaines
d’artistes comme Sterling Ruby.
Mais il est vrai que les céramistes français
ont développé des années 50 à 70 un langage
aussi identifiable qu’éclectique, doublé d’une
extraordinaire diversité que j’apprécie.

Comment avez-vous constitué cette
collection ?
À la fois avec le coeur, mais aussi avec l’idée
de porter un regard curatorial. Cela ne veut
pas dire rassembler une grande quantité de
pièces d’un même artiste, mais plutôt réunir
les pièces emblématiques qui permettent de
donner la meilleure interprétation de son travail.
Cela est très relatif car votre goût interagit
souvent avec votre tête.
Pour Pol Chambost, j’ai par exemple travaillé
à réunir un groupe de vases « Corolle » noirs
et jaunes à l’intérieur. Cela leur donne plus de
force quand ils sont de la même couleur et dévoile
mieux les lignes et les courbes travaillées
par l’artiste. Chez Georges Jouve ou les Ruelland,
c’est exactement l’inverse. Un ensemble
de dix pièces de la même couleur est bien moins
intéressant. Les vases de Jacques et Dani Ruelland
ont quelque chose de très romantique et
de très fort lorsqu’ils sont réunis, peut-être
aussi parce qu’ils sont le fruit d’un couple.
Pouvez-vous nous tracer les grandes lignes
de cette collection ?
Il s’agit une juxtaposition de plusieurs artistes
très différents dont j’aime notamment la dualité.
Pol Chambost est pour moi aussi fascinant
que Jean Royère. Comme lui, son dessin est à la
fois très masculin et très féminin. Chez Juliette
Derel, c’est l’inverse. Sa façon très brute de
travailler la matière donne à ses créations une
sorte de masculinité. On sent, comme chez Perriand
et les femmes qui ont collaboré auprès de
grands artistes masculins, une force de caractère,
une volonté de s’imposer. J’ai également
réuni une sélection de pièces de Roger Capron.
Son travail est peut-être moins intellectuel mais
tellement libre, graphique et joyeux. Ses pièces
me procurent toujours beaucoup de joie et
d’énergie. Le travail de Jacques Blin a quant à
lui une nature primitive qui me fait penser à l’art
rupestre. Je suis également obsessionnel du travail
de Valentine Schlegel en lien avec la nature.

Existe-t-il des parallèles entre votre
collection de céramiques et votre mode ?
Les choses que vous collectionnez, avec lesquelles
vous vivez, comme les choses que vous
créez expriment une personnalité. Elles interagissent
parfois ensemble. Lorsque j’étais chez
Jil Sander, j’ai ainsi imaginé une collection en
relation avec Chambost. C’était un vrai défi que
de traduire en tissu les courbes de céramiques
imaginées par l’artiste. Le travail de Chambost
est extrêmement féminin et sans doute plus
proche de Dior d’une certaine manière. On
parle ainsi toujours de ses pièces « florales » qui
m’évoquent les femmes fleurs de Christian Dior.
J’ai aussi un grand intérêt pour les céramiques
de Picasso sur lesquelles il dessinait souvent les
visages de ses muses et des femmes de sa vie.
Cela a également été à un moment une source
d’inspiration pour mes créations. Ces interactions
se produisent naturellement quand c’est
bon moment.
Combien de temps avez-vous mis pour
rassembler ces pièces ?
J’achète des céramiques depuis longtemps,
mais je le fais avec une approche beaucoup
plus précise depuis les treize dernières années.
Une collection est selon moi plus une affaire de
temps que de vitesse.
Pourquoi vous séparez-vous d’une partie de
cette collection ?
Je suis un créatif pour qui tout est toujours en
évolution, et pour qui cette évolution est nécessaire.
Cela ne signifie pas pour autant que ces
pièces seront perdues parce qu’elles sont vendues,
ni que j’en ai fini de ma passion pour les
grands céramistes français. Mais quand vous
rassemblez autant de pièces avec passion, vous
prenez également du plaisir à les dévoiler. Cela
ne veut pas dire que je n’ai pas eu de mal à les
voir partir, mais je suis heureux de me tourner
vers d’autres horizons et de nouvelles pièces.

Lire plus

Informations Maison de vente

Piasa

118, rue du faubourg Saint-Honoré 75008 Paris France
33 (0)1 53 34 10 10

bid-office@piasa.fr

Besoin d’explications ou d’informations complémentaires ? Consulter la FAQ