Lot 15
15. 15AR GIORGIO DE CHIRICO (1888-1978)
Piazza d'Italia
signé 'g. de Chirico' (en bas à gauche) ; signé et inscrit 'Piazza d'Italia Giorgio de Chirico' (au revers)
huile sur toile
Peint en 1963
40 x 50 cm.
Provenance
Galleria Sianesi, Milan.
Collection particulière, Milan.
Vente, Wannenes Art Auctions, Gênes, 13 décembre 2021, lot 14.
Collection particulière, Autriche (acquis dans cette vente).
Bibliographie
C.Bruni Sakraischick, Catalogo Generale delle Opere di Giorgio de Chirico dal 1951 al 1971, Vol.II, (illustré n° 252).
Dans Piazza d'Italia, Giorgio de Chirico compose l'un de ses paysages métaphysiques les plus emblématiques - une place dépouillée et énigmatique, figée dans une immobilité troublante. Puisant dans le langage visuel de l'architecture classique et de la perspective renaissante, de Chirico transforme la piazza italienne en un lieu de mystère et de réflexion intemporelle. Les ombres tranchantes, les arcades désertes et les trains lointains suggèrent un récit suspendu, comme si le temps lui-même s'était arrêté pour contempler le silence. L'œuvre s'impose comme un prolongement puissant de ses premières explorations du temps, de la mémoire et de la nature métaphysique de l'espace - offrant aux collectionneurs une rare opportunité d'entrer en résonance avec l'un des grands concepts esthétiques du XXe siècle.
L'influence de de Chirico sur le surréalisme fut considérable. André Breton et le groupe surréaliste admiraient ses œuvres pour leur capacité à accéder à l'inconscient et à rendre visible le monde des rêves. L'univers de Piazza d'Italia, avec son silence saisissant et sa logique onirique, résonnait profondément avec leurs recherches sur l'automatisme psychique et les juxtapositions irrationnelles.
Un écho plus intime de cette atmosphère se retrouve dans le dessin Vestali e tempietti in riva al mare. Réalisée avec une précision délicate, l'œuvre représente des figures classiques et des temples miniatures dans un paysage côtier tout aussi empreint de métaphysique. Sa composition théâtrale et son architecture ornementale rappellent la dimension scénique de Piazza d'Italia, tout en soulignant l'attachement constant de de Chirico à l'Antiquité comme espace de réflexion et de potentiel symbolique.
Ensemble, ces œuvres illustrent la quête persistante de de Chirico : sonder le mystère de l'existence à travers le silence des formes et l'architecture des rêves.
« Et quid amabo nisi quod aenigma est ? »
Que pourrai-je aimer, sinon l'énigme ?
Cette devise personnelle, marquée d'un accent nietzschéen, résume non seulement la vision métaphysique de de Chirico, mais aussi l'essence même de ce qui fascine les surréalistes : l'amour du mystère, du rêve, et de cette logique invisible qui affleure sous la surface des choses.
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