Lot 316
1951 DELAHAYE 135 M Châss is n° 801450 Carosserie Dubos Un des deux exemplaires à aérateurs latéraux Boite cotal Carte grise française Delahaye est un nom mythique de l’histoire automobiles française, car contrairement aux nombreux constructeurs populaires qui fleurissent à cette époque, elle se spécialise dans les automobiles de luxe d’une part, et d’autre part dans les véhicules utilitaires lourds. A l’époque, on peut déjà parler de véhicules de prestige, car la force de Delahaye est de proposer des véhicules aussi luxueux que performants. Elle parvient ainsi, à lorgner le marché des Bugatti, Rolls Royce et des Hotchkiss, notamment grâce au rachat du constructeur sportif Delage en 1935. La stratégie est audacieuse, plutôt que de s’adapter à la demande élevée des voitures populaires en ces temps de crise, Delahaye préfère se spécialiser dans les véhicules prestigieux alors réservés à l’élite. La marque s’illustre grâce à la 135, qui deviendra le symbole français du luxe et de la sportivité de toute une génération, car elle sera déclinée en de très nombreuses carosserie durant sa longue carrière (1935-1952). Les 135 sont encore évoquées comme des chefs d’oeuvre, tant au niveau de leurs lignes, que de la qualité des matériaux. La marque fabriquera de nombreux châssis roulants destinés aux carrossiers de renom. Les clients n’hésitent donc pas à créer des modèles uniques représentant les excès et l’insolence du luxe de cette l’époque en s’inspirant de l’esthétique américaine. Mais Franay, Antem, Guilloré, Chapron, Letourneur mais aussi Dubos, restent fidèles aux principes du style classique européen d’après guerre et signent les plus belles réussites de DELAHAYE. Dubos est le carrossier français qui se spécialise dans les berlines de type «coach», simples et sans superflus. Ils sont néanmoins racés et élégants. Ce modèle se distingue des autres créations du carrossier notamment par des aérateurs latéraux. L’histoire de cette automobile et de son propriétaire débute le 7 juin 1998, le jour de la fête des mères : « Nous étions partis à la vente aux enchères de Fontainebleau. Avec Madame, nous étions partis pour envisager l’achat d’un petit cabriolet. Parmi tous les véhicules annoncés à la vente, il y avait cette DELAHAYE pour laquelle le montant de démarrage des enchères était prévu entre 100 000 f et 120 000 f. Nous nous étions fixés un budget inférieur et c’est donc la seule voiture que je n’ai pas regardée. Les prix de cabriolets se sont envolés, la fin de la vente arrivait et nous n’avions pas acheté de voiture ancienne. Le barnum s’était déjà bien vidé des acheteurs potentiels et nous étions sur le point de partir car la fin de la vente approchait. La DELAHAYE était annoncée au départ des enchères à 40 000 f, avec Madame, nous fîmes demi-tour pour écouter, pendant que 2 enchérisseurs montaient le prix, je consultai la cote, pas mal ! Je dis à ma femme : « si on mettait un peu d’argent ? » ! Et bien pourquoi pas répondit-elle, je levai la main à une enchère de 50 000 f et là……longue attente, plus personne n’a surenchéri. Je venais d’acquérir un coach DELAHAYE pour 50 000 f plus les frais, certes avec le moteur bloqué mais tout de même une DELAHAYE. Rapatriée par dépanneuse, elle regagna notre domicile la semaine suivante. Alors j’examinai la voiture et mesurai l’ampleur des travaux : moteur bloqué, menuiseries des portes,… Les enfants étaient en admiration devant cette magnifi que auto, accompagnés de leur mère, ils m’encouragèrent à remettre en état cette automobile. Nous primes le pari de remettre en route le moteur, et si celui-ci démarrait, nous la remettrions en état complètement. L’opération chirurgicale se mit alors en place, dépose des bougies et injection d’un mélange de looked et de dégrippant dans chaque cylindre. 2 à 3 fois par semaine je complétai le niveau dans chaque cylindre et vérifi ai à l’aide de la manivelle si le miracle allait se réaliser, j’ajoutai également un peu de gaz oil de temps en temps et renouvelai l’opération pendant 3 semaines. Et le miracle arriva, la manivelle se mit à tourner légèrement, mais le moteur se bloqua un peu plus haut, mais avec un peu de patience et le mélange de produits, le moteur se débloqua complètement au bout de 15 jours. Démontage du carter inférieur et nettoyage complet, bougies neuves, nettoyage des vis patinées, huile neuve, batterie neuve, liaison essence avec un jerrican et nouveau miracle : mise en route de la DELAHAYE dans un nuage de fumée. Montage des roues et petit tour dans le quartier, c’était magique ! Ensuite 5 années de travail (+ de 2 800 heures prises sur le temps des loisirs) ont été nécessaires pour la remettre en état totalement. Quel travail et quelle patience pour mon épouse qui a supporté cette longue privation de loisirs mais aujourd’hui quelle fi erté et quelle récompense de rouler enfi n ensemble avec cette magnifi que automobile qui nous a permit de gagner de nombreux prix de concours d’élégance ! ».
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Voitures de sport et de collection
À propos de la vente
Catalogue
Automobiles
77300 Fontainebleau - France
22/06/2014