Lot 20
20. 20AR MARCEL MARIËN (1920-1993) La servante au grand coeur 1969 Signé et daté en bas à droite 'Mariën nov.1969' Titré 'La servante au grand cœur' en bas à gauche Collage et encre sur carton noir 68 x 48 cm Provenance Collection Sergio Dangelo and Carla Bordoni, Milan Par descendance aux actuels propriétaires Exposition Galerie Saint-Laurent, 'Paradise Never', 10-29 janvier 1970 , no. 2 Bruxelles Galleria dei Bibliofili, 'Simbolismo e Surrealismo, La poesia onirica', 2-30 mai 1972, ill. p.22, Milan Galleria Pilota, Marcel Mariën, 31 janvier – 21 février 1974, no. 22, Milan Galleria Zarathustra, 'La condizione eccentrica', décember 1978, Milan Un certificat (photographie) signé de l'artiste sera remis à l'acquéreur « Mon frère de lait condensé, au nom de tous les chats de Belgique salut! » (Début d'une lettre de Marcel Mariën à Sergio Dangelo datée du 14/4/1972 sur papier à en-tête du Club Félin de Belgique A.S.S.L.) Pour savoir qui était Marcel Mariën, aujourd'hui il suffit de demander à l'Intelligence Artificielle ou à un moteur de recherche quelconque, qui nous parlera de l'un des protagonistes du surréalisme, et je me permets d'ajouter : le véritable surréalisme. L'IA nous racontera sa grande amitié (ainsi que ses disputes) avec Magritte, sa qualité d'artiste, de poète, de photographe, quelqu'un que nous qualifierions aujourd'hui de « polyvalent ». Mais personne ne peut nous en dire plus sur Mariën que ses propres œuvres, lui qui se qualifiait lui-même, sur une de ses cartes de visite, de « vieillard débutant ». Les essais, les écrits, les interprétations doivent objectivement céder la place à ses « artefacts », à ses « jeux », à ses images. On sera alors inexorablement frappé par son humour subtil et incisif, ses manières expressives, son imagination provocatrice, ses inventions qui partaient souvent de la réalité mais avançaient sur les ailes du subconscient, sans filtres, sans hypocrisies « accommodantes ». L'affinité élective qui a été à la base de l'amitié intense et prolifique entre mon père — Sergio Dangelo — et Marcel se retrouve selon moi dans une phrase que j'ai souvent entendue de la bouche de mon père : « Je suis un surréaliste qui peint et non l'inverse ». Cet axiome s'applique parfaitement à Mariën, lui aussi « surréaliste absolu » avant toute autre chose. Voici donc la « normalité » de Mariën écrivant une lettre recommandée à Isidore Ducasse — alias Comte de Lautréamont — mort une centaine d'années plus tôt (« La version Vivienne » - 1967), voici la synthèse absolue de l'éros et du quotidien dans un collage (« La servante au grand cœur » - 1969), voici le jeu d'une épingle qui pique peut-être plus notre pensée que notre chair, en accompagnement d'une dédicace passionnée (« Un dimanche du Marquis de Sade » - 1975), voici la Belgique... topos du surréalisme (« Le message »). Du lien entre Mariën et Dangelo, très intense depuis les années 60, il me reste aussi un souvenir d'enfant, puis de jeune garçon. Ce sont les rires, les blagues, les gags entre eux deux, souvent avec la complicité de ma mère... Mais surtout, encore aujourd'hui, tant d'années après, je me souviens de l'énergie qui, comme dans un rêve, se sentait, se palpait, intensément, telle une présence physique... de manière surréelle ! Simone Carlo Alberto Reggiori Dangelo
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Dessins, aquarelles et pastels
À propos de la vente
Catalogue
Belgian & Contemporary Art
1060 Saint-Gilles - Belgique
18/06/2025
Proposé par Cornette de Saint Cyr Bruxelles
32 (0)2 880 73 80