Lot 31
31. MASQUE PENDE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO fumu mbuya ou phumbu mbuya bois, pigments, fibre 38 cm de haut Provenance Collecté in situ avant 1891 par Camille-Aimé Coquilhat (Liège 1853 - Boma 1891), vice-gouverneur général de Belgique au Congo Donné à André Dochy par la veuve de Camille-Aimé Coquilhat dans les années 1950 par descendance familiale Né à Liège, Camille-Aimé Coquilhat est un personnage clé de la première phase de la colonisation du Congo par l'État libre du Congo, fondé sous le patronage du roi Léopold II. Officier de carrière, il rejoint l'Association internationale africaine en 1882 pour participer à l'expédition de Stanley dans le Haut-Congo. Dès le début, il se distingue par son efficacité, son engagement et son esprit d'initiative, jouant un rôle crucial dans l'établissement d'avant-postes coloniaux clés tels que Bolobo, Équateurville et, surtout, Iboko, qu'il transforme en station modèle. À Iboko, il travaille sans relâche à l'établissement de relations pacifiques avec le peuple bangala, dont il apprend la langue et étudie les traditions. Coquilhat défend une vision progressiste et humaniste de l'engagement colonial, prônant le leadership moral, l'importance du travail rémunéré et le respect des populations locales. Son approche, fondée sur la persuasion plutôt que sur la coercition, a profondément marqué son action sur le terrain. De retour en Belgique en 1885, il est nommé administrateur général du département de l'intérieur de l'État libre du Congo, devient un proche conseiller du roi Léopold II et participe aux préparatifs de la conférence antiesclavagiste de 1889. En 1890, il retourne au Congo en tant que vice-gouverneur général. Gravement affaibli par la maladie, il meurt à Boma en mars 1891. Auteur de Sur le Haut-Congo (1888), un récit vivant de son expérience et de ses réflexions sur la mission civilisatrice en Afrique, Coquilhat laisse le souvenir d'une personnalité pionnière, réfléchie et engagée, consciente des défis et des contradictions de l'entreprise coloniale, mais convaincue du pouvoir transformateur de l'éducation, de la justice et du respect mutuel. En son honneur, le poste d'Iboko a été rebaptisé Coquilhatville (aujourd'hui Mbandaka). Le lot actuel, ainsi que diverses armes du Congo (dont certaines sont illustrées dans Sur le Haut-Congo), a été donné dans les années 1950 par la veuve de Coquilhat à André Dochy et est resté dans la famille depuis lors. Selon De Sousberghe (L'Art Pende, 1958), les masques mbuya apparaissaient et se produisaient dans le village lors des fêtes célébrant le retour des garçons circoncis. Au fil du temps, en particulier chez les Katundu, ces masques ont joué un rôle plus théâtral, servant de divertissement public et représentant des personnages villageois reconnaissables. Le présent exemple représente un homme à l'expression sereine, identifié comme phumbu, le bourreau chargé d'exécuter la peine capitale, ou fumu, le chef. Les deux personnages portent des masques couronnés de grandes cornes en fibre, mais le phumbu se distingue par l'ajout d'une plume rouge foncé de Musophaga rossae, insérée dans la coiffe. Chez les Pende, seul un homme ayant tué un ennemi ou un animal puissant tel qu'un léopard, un buffle, un éléphant ou un crocodile est autorisé à porter cette plume.
Voir la version originale (lang.en-us)
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Arts d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie
À propos de la vente
Catalogue
Art africain et océanique
1060 Saint-Gilles - Belgique
24/06/2025
Proposé par Cornette de Saint Cyr Bruxelles
32 (0)2 880 73 80