Lot 80
*ANDREAS GURSKY (né en 1955) HONG KONK, 1994 Photographie en couleurs Signée, datée, titrée et numérotée 1/2 E.A au dos Edition de 6 exemplaires, plus 2 EA 118 x 148.5 cm (461/2 x 581/2 in.) Exposition : - Musée Municipal d'Erlanger, 2002. Bibliographie : - Andreas Gursky Fotografien 1994-1998. Veit Görner, catalogue de l'exposition, Allemagne, 1998. - Andreas Gursky. Peter Galassi, The Museum of Modern Art New York, 2001. « Plus on regarde les images d'Andreas Gursky et plus on s'achemine vers ce constat, au premier abord surprenant, qu'elles ne sont pas destinées à l'œil. Faites pour lui, assurément, elles ne s'adressent cependant pas seulement à la réception oculaire. La prolifération des détails, le foisonnement des matières, l'abondance des coloris ou la multiplicité des textures contrastent fortement avec le peu de variétés des plans d'ensemble, le manque de diversité des angles de vue et des cadrages, toutes choses qui induisent une dialectique de la perception allant sans cesse du particulier au général, du petit au grand, du singulier au pluriel, et cela sans que le regard puisse se fixer sur un point de la photographie. (…) Continuellement sollicité, attiré, intrigué par un tel élément dans la photographie, par ce qui passe inaperçu lors d'une vision synoptique, l'œil repart aussitôt vers des fragments plus importants, des parties entières plus grandes encore, pour constater que quelque chose lui avait échappé et qu'il faut regarder de plus près. Regard rapproché et regard englobant se complètent autant qu'ils séparent les dimensions et les hiérarchies des différentes grandeurs. Partant de ces interrelations entre la taille et l'échelle, on pourrait gloser sur les conditions nécessaires à l'estimation perceptive de la « grandeur » d'une photographie, car l'appréciation scalaire n'est pas une science exacte. Elle s'enracine non seulement dans une culture des images, mais également dans des souvenirs, des expériences et des sensations qui règlent le monde, naturel ou fabriqué, sur l'échelle du vécu de l'homme.En ce sens, les photographies de Gursky ne sont pas destinées à l'œil ; elles sont plutôt le résultat d'un vécu qui découpe le monde à son échelle. Cependant, lorsque ces photographies requièrent des déplacements corporels, rapprochements, éloignements - et pas seulement des mouvements oculaires - permettant au spectateur de trouver la bonne distance nécessaire à une observation qui fonctionne par découpage et recomposition, alors, cette question de l'échelle se trouve mise en abîme par la taille des photographies. Est-il pertinent de parler ici de « photographie » ? En tant qu'images les œuvres de Gursky se rattachent bien sûr à l'histoire de la photographie ou du cinéma. Mais leur forte présence pourrait les inclure au domaine de l'objet, avec son épaisseur, sa masse, sa texture. Et qu'elles soient très petites ou très grandes, les photographies de Gursky demeurent à échelle humaine.(…) De manière générale, Gursky produit une sorte de circuit fermé de la perception dans lequel le support, l'objet photographié et son image sont variables mais se répondent » (Infime, immense, infime par Jacinta Lageira, Catalogue de l'exposition 13 février-19 avril 2002, Centre Pompidou, Paris)
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Photographie et cinéma
À propos de la vente
Catalogue
Art Contemporain - Part I
75008 Paris - France
28/10/2006
Proposé par BONHAMS CORNETTE DE SAINT CYR
01 47 27 11 24