Lot 139
Antonio SAURA
« CRUCIFIXION », 1961
Technique mixte sur papier marouflé sur toile signé et daté en haut au milieu
74,5 x 101,5 cm
Provenance :
- Galerie Elvira Gonzalez, Madrid
- Collection particulière, Milan
« Le supplice comme pour une crucifixion implique une transgression de l'harmonie, une dissolution des formes souveraines et constituées » écrit Scarpetta.
Saura se place du côté du bourreau et de son « plaisir de tuer » mais aussi du côté farce grotesque de la figure de la Passion si abondamment traitée au cours des siècles et volontairement réduite à un dessin gribouillé d'enfant.
« J'ai cherché écrit Saura à créer une image convulsive et à en faire une bourrasque protestataire »
L'image de violence est accentuée par le contraste entre un motif cadré, centré, un fond net et les coups de pinceaux rageurs qui dépècent, charcutent, fouillent la chair agissant comme un oiseau de proie sur sa victime. Saura l'emprunte à Vélasquez dans sa Crucifixion du Prado : « le noir absolu du fond de Vélasquez favorise l'apparition sereine du corps supplicié ».
C'est davantage la chair qui est violentée que le caractère profanatoire de la manière de peindre de Saura qui est mise en exergue avec une « graphologie » selon les mots de l'artiste plus dépouillée que sur les oeuvres sur toiles. Saura « exaspère » la tradition selon le mot de Guy Scarpetta.
L'Espagnol parle à propos de la Crucifixion du Prado de « la tension envahissante de la chair qui se découpe dans la nuit obscure »
Les racines refont ainsi toujours surface un jour ou l'autre dans l'histoire de la peinture…
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Tableaux anciens
À propos de la vente06/07/2008
Catalogue
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78000 Versailles - France