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Lot 215
ARMAN « COLERE BRULEE », 1972 Inclusion de contrebasse dans plexiglas, signé en bas au centre Pièce unique 200 x 160 x 21 cm Provenance : Collection particulière, Paris Exposition : Galerie du Génie, FIAC, Paris, 1990 Bibliographie : Porte le n°2472 des archives Denyse Durand-Ruel. Sera reproduit dans un prochain volume du catalogue raisonné de l'œuvre de l'artiste en préparation par Denyse Durand-Ruel De l'agressivité latente des « Poubelles » naîtra chez Arman, à partir de 1960 le désir de la fureur auquel il donnera le nom générique de « Colères ». Il casse, brûle, détruit, s'acharne, scie, disloque, principalement des instruments de musique dont il fixe les débris sur des panneaux de bois, puis plus tard dans des résines synthétiques transparentes. Démantèlement qu'il inflige dans un temps-mort statique où se mêle à un certain sens du tragique une théâtralité ironique dont les résultats ne se veulent pas décoratifs. Destruction, profanation prennent le relais des « Déchets », des « Poubelles » à la nostalgie romantique et débouche sur le geste iconoclaste, le geste sacrilège qui s'attaque à l'intégrité des valeurs et des propriétés. « J'affirme que l'expression des détritus, des objets, possède une valeur en soi, directement, sans volonté d'agencement esthétique les oblitérant et les rendant pareils aux couleurs d'une palette ; en outre, j'introduis le sens du geste global sans rémission ni remords » Cette contrebasse qui en son temps fut instrument à quatre corde, accordé en quarte, do, sol, ré, sol, et dont la fonction fut de donner à l'orchestre son rythme cardiaque, sa pulsion, est devenue par le geste d'Arman une sorte de grand oiseau désarticulé, naturalisé, plastifié. Muette, figée, fixée, cette contrebasse est appelée à d'autres causes. « Si on casse une caisse rectangulaire, on obtient une composition cubiste : si on casse un violoncelle, on aboutit à un résultat romantique. Si l'on donne un grand coup sur un violon (violoncelle ou contrebasse) on en fait un violon abîmé, inutilisable. Si on les inclut dans une boîte, si on les fixe dans le plexiglas, on change la qualité et l'identité de l'objet puisqu'on pétrifie un état, arrête un instant ». Privés de leurs identités, les objets prennent un aspect original. Ils acquièrent un pouvoir obsessionnel qui souligne leur évidence et leur confère un sens particulier. Devenu unique, cette contrebasse atteint à l'honneur du statut d'œuvre d'art. Elle en recevra les témoignages, suscitera l'envie, la convoitise, l'acharnement possessif etc. Né d'un geste colérique et magique, approximatif, d'une spontanéité essentielle, liée aux exigences d'une méthodologie réfléchie, Arman a donné naissance à un mystère qui permet aux brisures statufiées de chanter mieux aujourd'hui qu'hier. Le cas particulier toujours bouleverse. Un million de morts est une statistique, un million de contrebasses, des instruments. Instruments qui jamais n'intégreront comme ici, le souvenir de l'agressive beauté de la destruction.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Dessins, aquarelles et pastels
À propos de la vente
Catalogue
16/12/2007
Proposé par Maître DE CRISNAY
01 39 50 69 82

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