Lot 471 - a
Auguste RODIN 1840-1917
LA JEUNESSE TRIOMPHANTE, 1894
Bronze à patine brune nuancée signé en creux
“A. RODIN” à droite du tertre, cachet rond du fondeur “Fumière et Cie. Succ. Thiébaut Frères, Paris” au dos
Fonte probablement réalisée du vivant de l'artiste
Hauteur : 50 cm (195/8 in)
Largeur : 43 cm (17 in)
Profondeur : 38 cm (15 in)
BIBLIOGRAPHIE :
Léon Maillard, “Auguste Rodin, statuaire : Études sur quelques artistes originaux”. Paris, H. Floury, 1899. Référencé page 141 Fridolyn G. Watkins, “Rodin Museum of Philadelphia, Press of Edward Stern, 1929, un exemplaire similaire répertorié sous le n° 23 du catalogue. Georges Grappe, “Catalogue du Musée Rodin. I-Hôtel Biron”. Paris, Musée Rodin, éditions de 1931, 1938 et 1944, un exemplaire similaire répertorié Parker Tyler, “Rodin and Freud : Master of ambivalence”. Art News, New York, 54 n° 1 (mars 1955), référencé page 64 Ionel Jianoux et Cécile Goldscheider, “Rodin”. Paris, Arted Editions d'art, 1967, référencé page 108.
John L. Tancock, “The sculpture of Auguste Rodin”. Philadelphie, David R. Godine et Philadelphia Museum of Art, 1976, un exemplaire similaire reproduit et répertorié pages 225-227, sous le n° 26
Note :
Comme de nombreux groupes au sujet allégorique et symbolique, “La jeunesse Triomphante” résulte de l'assemblage de deux figures distinctes dans l'œuvre de Rodin. On reconnaît dans l'attitude de la vieille femme assise sur un tertre la célèbre figure décharnée de “La Vieille Heaulmière” appelée aussi “Celle qui fut la belle Heulmière” de 1887 - figure qui dès son apparition lors de l'exposition d'Angers de 1889, fit sensation par son réalisme outrancier.
Embrassant la vieille femme, la jeune-fille nue (probablement une figure non retenue pour la “Porte de l'Enfer” (Spear, Cleveland 1967) apparait dans deux autres groupes : le marbre de 1899 “La Terre et la Lune” et plus tard “Aesculape” de 1903.
L'assemblage de ces deux figures antagonistes n'a pas manqué de susciter les plus divers commentaires rattachant le baiser de “La jeunesse Triomphante” au thème de la mort et de la résurrection. Le succès que rencontre la sculpture conduit Rodin à envisager sa commercialisation par l'édition en bronze.
Le 24 octobre 1898, il signe avec la fonderie Fumière et Guignot un contrat d'édition sur les dix ans à venir ; contrat qui sera renouvelé à nouveau dix ans plus tard. Tancock suggère que l'édition en bronze du groupe a été réalisée d'après un marbre (dont un exemplaire est répertorié par Cécile Goldscheider dans les collections du California Palace of the Légion of Honour de San Francisco). Cette suggestion s'appuie à l'évidence sur l'aspect relativement lisse et poli des surfaces, l'absence d'aspérité propre aux cires ou aux terres-cuites. Il en magnifie d'autant la puissance émotive du sujet et donne à “La Jeunesse Triomphante” une pureté à l'égale de celle de “L'Age d'Airain”, du “Baiser” ou de L'Éternel Printemps”.
BIBLIOGRAPHIE :
Athena Tacha Spear, “Rodin sculpture in the Cleveland Museum of Art, Cleveland 1967
John L. Tancock, “The sculpture of Auguste Rodin”, Philadelphie 1976
Nicole Barbier, “Marbres de Rodin”, Musée Rodin, Paris 1987
Antoinette Le Normand-Romain, “Rodin en 1900”, Musée du Luxembourg, Paris 2001
100 000 / 120 000 €
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