Lot 136
Augustin PIC (1722 - actif jusqu'en 1780)
Maquette de vaisseau de 64 canons.
13 canons de 24 livres sur le premier pont et 14 de 12 livres sur le second.
8 pièces de gaillards par bord.
Seuls les sabords du premier pont sont équipés de mantelets.
L'armement est fidèle au règlement des vaisseaux de troisième rang, premier ordre.
La coque est bordée sur babord tandis que les préceintes laissent apparaître les aménagements sur tribord.
Derrière l'éperon, après trois élégantes hausses en vagues reprises par quatre jambettes, une petite plaque en argent porte le nom de Pic et la date 1754 (similaire à celle apposée sur la maquette du vaisseau de 74 canons du Musée de la Marine).
144 x 166 cm
(Château et bouteilles absentes. Restaurations récentes de gréement à revoir)
Provenance :
Musée de la Citadelle Vauban
Modèles d'Arsenal
Le modèle d'arsenal remonte aux temps de la vieille marine en bois, temps où la construction navale était un art.
Un art difficile avec des moyens techniques et technologiques bien sommaires.
Seule l'expérience et un sens aiguisé des volumes permettaient aux Maîtres charpentiers de connaître la réussite dans leur réalisation, malgré parfois, des échecs.
Dès 1670, sous le règne de Louis XIV, les règlements royaux tendent à rationaliser et uniformiser chaque grand type de vaisseau, sur base des caractéristiques jugées par l'expérience, les plus adaptées aux qualités nautiques recherchées.
C'est ainsi que naquit en France le modélisme d'arsenal qui existait déjà en Angleterre sous le règne de Charles 1er.
Fin 1678, chaque arsenal construit des modèles en petits des vaisseaux de chacun des cinq rangs, dans lesquels les mesures seront réduites au 1/12e ou au 1/20e de toutes leurs proportions et mesures, avec autant d'exactitude et de justesse qu'ils servent perpétuellement pour les mesures et proportions à tous les vaisseaux qui seront construits dans l'avenir...
Bâtiments reproduits
Un modèle d'arsenal est un modèle ayant rigoureusement le même aspect, le même ajustement dans ses assemblages que le bâtiment qu'il reproduit, non seulement en ce qui concerne l'aspect extérieur, mais aussi toutes les membrures, toutes les pièces d'équipements intérieurs et extérieurs, ainsi que tous les éléments de décoration, sculptures, etc.
Le XVIIIe siècle, apogée de ces majestueux navires, reflète parfaitement la science et la maîtrise des maîtres de la hache.
Ces grands navires sont des œuvres considérables, véritables monuments de charpente.
On est surpris que des hommes aient eu l'audace de les entreprendre.
Modélisme d'arsenal
La meilleure des références de ce modélisme est assurément le modèle d'un 74 canons, construit par Augustin Pic et conservé au Palais de Chaillot à Paris.
Bien que non gréé, ce modèle est un des meilleurs exemples d'une démonstration savante de la construction navale de l'époque, réalisé avec un soin particulier, mais aussi avec un goût très rare.
De même, le modèle de l'ARTESIEN, vaisseau de 64 canons, remarquable tant pour la coque et l'accastillage que pour le gréement. Les études approfondies et détaillées montrent l'assemblage de pièces de charpente, constituant des parties complexes du bâtiment.
Ceci s'applique au fonctionnement mécanique des parties mobiles (cabestan, gouvernail, pompes, jeu de mâts supérieurs, etc).
Cette notion n'étant pas restrictive.
Bibliographie et textes :
Jean Boudriot in Neptunia, La revue des amis du Musée national de la Marine, Paris, no130
Arthur Molle : www.touscollectionneurs.com
Augustin PIC, quand le modélisme devint un art
Augustin PIC exerce au Port de Rochefort en tant que modéliste, alors que ses ambitions l'amenaient à espérer devenir constructeur.
Néanmoins, son goût et son habileté ne se démentirent jamais.
Et aujourd'hui encore, l'histoire de la marine lui rend justice.
Trois de ses maquettes servent toujours à étudier le travail de ces artisans-artistes qui constitue l'essentiel des musées maritimes.
Parce que ses études furent tardives, à moins que son caractère et son manque d'appui familial aient eu un effet néfaste sur sa carrière, Augustin Pic, qui ne fut ingénieur-constructeur ordinaire qu'en 1764, n'eut jamais l'occasion de réaliser un bâtiment de quelque importance.
Il se contenta de surveiller des travaux de raboud ou de refonte et, au mieux, il eut à suivre la construction de vaisseaux dont les plans avaient été dressés par d'autres.
Mais celui qui avouait avoir embrassé « le génie de la Marine »
laisse derrière lui trois maquettes qui firent sa réputation dans le modélisme : en 1752, un modèle de vaisseau de 64 canons, en 1755, un modèle de vaisseau de 74 canons et, en 1756, un modèle de vaisseau anglais.
La maquette présentée faisait partie de la collection de la Fondation Smith-Champion à Nogent-sur-Marne.
C'est à l'occasion d'un transport que son château a été endommagé et restauré sans documentation.
Par la suite, il a été jugé préférable de supprimer cet élément
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