Lot 60
CHRONIQUE LATINE RIMÉE RELATIVE À L'HISTOIRE DE LA BOHÊME. Fragments manuscrits sur parchemin. Italie (Bologne, Venise ou Padoue ?), deuxième quart du XIVe siècle ; in-4 (240/245 x 170/175 mm) de 12 ff., maximum 36 lignes par page (justification des peintures : 205 x 145 mm ; justification du texte : environ 150 x 70 mm), couverture de parchemin ancien. Restes d'une ancienne foliotation au ff. 2 (.III.) et 9 (.IIII.)
CE MANUSCRIT TOTALEMENT INCONNU JUSQU'ICI, ET DONT LE TEXTE EST APPAREMMENT INÉDIT, EST D'UNE EXTRÊME IMPORTANCE POUR LA CONNAISSANCE DE L'HISTOIRE DE LA DYNASTIE DES PRZEMYSLIDES, PREMIÈRE DYNASTIE AYANT RÉGNÉ EN BOHÊME. Rédigé dans un latin parfois relâché, mais d'un style concis et direct, le récit très vivant est une retraduction jusque-là ignorée d'une chronique plus ancienne en langue tchèque, la chronique rimée dite de Dalimil, rédigée vers 1310 et texte fondateur de l'historiographie en Bohême (éditée par J. Jirecek dans les Fontes rerum Bohemicarum, t. III, Prague, 1882, p. 3-224). Les 12 feuillets du manuscrit décrits ici ne représentent qu'une faible partie - mais combien précieuse - d'un manuscrit à l'origine beaucoup plus important, puisque la chronique de Dalimil comporte 106 chapitres dont seuls subsistent ici les chapitres 23 à 27, la fin des chapitres 28 et 37, et les chapitres 38, 39, 41, 43, 44.
SON INTÉRÊT RÉSIDE ÉGALEMENT DANS SA TRÈS RICHE ILLUSTRATION Où UNE LARGE PLACE EST FAITE AUX ÉVÉNEMENTS ANECDOTIQUES ET PARFOIS ROMANESQUES ÉVOQUÉS DANS LE TEXTE. Elle se compose de 7 initiales avec demi-encadrement et de 13 peintures, dix à pleine page et trois à trois-quarts de page (ff. 11v, 12, 8, respectivement ff I-[7 bis], I-[9] et II-[1] de la séquence reconstituée proposée plus loin), divisées en deux registres superposés, eux-mêmes compartimentés éventuellement en deux ou plusieurs compartiments, ce qui a permis de multiplier les épisodes. D'obédience clairement italienne, ces peintures s'apparentent stylistiquement aux meilleures productions sorties des ateliers bolonais, padouans et vénitiens durant le second quart et le milieu du XIVe siècle. L'exécution probable du manuscrit en Italie du nord-est est également suggérée par l'écriture du texte, une belle textura bolonaise très soignée. Mais une exécution du manuscrit en terre tchèque par un scribe et des artistes originaires de la péninsule n'est pas entièrement à exclure.
Les miniatures sont l'œuvre de trois artistes distincts. Les deux premiers interviennent dans le premier cahier : le principal (A), au style nettement affilié à celui des enlumineurs bolonais du second quart du XIVe siècle (en particulier à Nerio, au Maître du Gherarduccio, au Maître du Gratien de Naples, au Maître de Modène et au Maître de 1328, cf A. Conti, La miniatura bolognese. Scuole e botteghe, 1270-1340, Bologne, 1981, pl. XIX-XXII et fig. 180-195, 200-202, 229-248) est l'auteur de la plus grande partie des scènes de ce premier cahier, à l'exception de celles des ff. 1v et 12 (ici ff. [2 bis] et [9]), dont le style également de matrice bolonaise, sont l'œuvre d'un artiste reconnaissable à sa manière de modeler les vêtements de traits dorés et à la richesse de ses fonds à motifs vermiculés (B). Le troisième artiste (C), le plus doué et le plus attentif aux détails matériels, a entièrement peint le second cahier. Il semble davantage en rapport avec le milieu des enlumineurs vénitiens des années 1330 dont l'influence est également sensible à l'époque en Autriche, et son style semble annoncer celui du Maître de la Chronique angevine de la Bibliothèque nationale de Budapest.
Le style de ces miniatures et certains détails de la mode masculine évoqués dans les peintures du troisième enlumineur, le plus attentif aux détails du costume, suggèrent que le manuscrit a dû voir le jour au cours des années 1330-1340.
Le commanditaire du manuscrit : il s'agit très vraisemblablement de Jean de Luxembourg ou de son fils, le futur Charles IV, dont les intérêts politiques et les ambitions territoriales en Italie du nord, durant les années où le manuscrit fut probablement exécuté, sont bien attestés (cf notamment R. Cazelles, Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg, roi de Bohême, Paris, 1947). De ces deux personnages, le fils est le candidat le plus vraisemblable : on connaît l'importance de son mécénat artistique, son intérêt, voire sa fascination pour la culture italienne, et qui dans ces années, seconda efficacement la politique de son père dans la péninsule. Bien avant la fin du règne de Jean, Charles, qui portait alors le titre de duc de Moravie, était devenu le véritable administrateur du royaume de Bohême (cf Cazelles, op. cit., p. 253-254). On ignore tout du destin du manuscrit jusqu'à sa réapparition actuelle.
Il est inutile de souligner son importance primordiale sur le plan iconographique : on y trouve le plus ancien cycle connu relatif aux deux figures historiques majeures liées à la fondation du royaume de Bohême, sainte Ludmila et son petit-fils saint Venceslas, cycle bien antérieur, et non sans liens avec ceux, plus tardifs, peints au château de Karlstein, cher au cœur de Charles IV (grande tour de ce château, vers 1360-1365 ; voir K. Stejskal, L'empereur Charles IV : L'art en Europe au XIVe siècle, Prague, Paris, 1980, p. 124, fig. 100, et Magister Theodoricus, court painter to emperor Charles IV, éd. J. Fajt, Prague, 1998, p. 155, fig. 98 et p.156, fig. 99-100) et dans la chapelle consacrée à saint Venceslas dans la cathédrale Saint-Guy de Prague, dont les scènes relatives au saint présentent de nombreuses concordances avec celles du manuscrit (pour une reproduction globale de ce cycle datable vers 1509, voir Gotik in Böhmen, éd. K. M. Swoboda, Munich, 1969, pl. des p. 363-370.) Un autre cycle relatif à la vie de saint Venceslas, à peu d'années près contemporain de ce manuscrit, apparaît à la fin de la Bible de Velislav, datable vers 1350 (Prague, Bibliothèque de l'Université, ms XXIII C 124, ff. 180-188) : malgré quelques recoupements iconographiques avec le cycle du saint monarque de notre manuscrit, ses dessins à la plume légèrement rehaussés relèvent d'une toute autre orientation stylistique et s'inspirent d'une source écrite différente, la Passio sancti Venceslai dite Crescente fide christiana. Plus généralement le programme narratif très développé du manuscrit concorde bien avec l'accent quasi patriotique de la chronique dite de Dalimil dont l'auteur, encore controversé aujourd'hui, insiste sur l'indépendance du royaume de Bohême vis-à-vis du puissant voisin germanique.
Ce manuscrit acéphale et lacunaire est actuellement relié en un seul cahier dont les bifolia se succèdent dans le désordre. Le texte prend place après l'image et chaque nouvel élément de texte commence par une initiale ornée. En tenant compte de la chronologie des événements et de certains indices codicologiques, notamment l'accord des côtés poil et chair du parchemin, nous proposons la restitution suivante (l'ordre restitué des feuillets est indiquée entre crochets, la foliotation actuelle est indiquée entre parenthèses) :
Premier cahier restitué :
Lacunes correspondant aux ff. [1], [3], [8] et [10] du cahier restitué.
[2] (1). Texte : " Dux Hostunt post hec decessit (chap. 23 de la Chronique de Dalimil, éd. Jirecek, p. 48-49) ". Baptême de Borivoj, membre de la famille des Przemyslides, duc de Bohême (mort en 894), à l'instigation de Svatopluk, roi de Grande Moravie (870-894), à Velehrad après 824. Suivant la tradition, Borivoj fut baptisé vers 870 par Méthode, archevêque de Pannonie et de Moravie. Ici Méthode, appelé Nuchidiege, est dit d'origine ruthène et archevêque de Velehrad. Premières fondations de Borivoj : églises Saint-Clément et Notre-Dame à Prague, c'est-à-dire Notre-Dame du Tyn, l'un des sanctuaires les plus vénérés dans la ville basse de Prague.
[2 bis] (1v). Image (sur deux registres) : A/ Svatopluk, déguisé en moine, comparaît devant le roi germanique Arnulf (empereur de 896 à 899), son épouse et sa cour. Tourné vers la gauche, il semble désigner vers la droite la reine ou une jeune femme assise à ses pieds. B/ Svatopluk affronte devant Arnulf et sa cour le champion désigné par celui-ci.
[4] (2). Texte : " Oportet te hoc tuo gladio comprobare (chap. 24, éd. Jirecek p. 50-51) ". Svatopluk déguisé en moine est à la cour d'Arnulf. Après avoir vaincu le champion de celui-ci, il se voit restituer sa femme et son royaume. Les Hongrois envahissent la Moravie. Après la mort de sa femme, Svatopluk se retire dans un monastère à Zaborz en Hongrie.
[4 bis] (2v). Image (sur deux registres) : A/ Drahomíra épouse de Vratislav Ier, duc de Bohême (915-921) et mère de saint Venceslas (morte après 936) offre de l'argent et des chevaux à Thirnye et Komonye pour tuer sainte Ludmila sa belle-mère, veuve du duc Borivoj ; Ludmila accompagnée du petit Venceslas reçoit les traîtres dans son palais. B/ Ludmila se prépare à la mort en communiant dans une église ; les traîtres arrivent dans la chambre de Ludmila puis l'étranglent avec un morceau d'étoffe aux pieds de son lit où dort le petit Venceslas ; au-dessus du bâtiment deux anges portent l'âme de Ludmila au Ciel.
[5] (9). Texte : " Postea Borzivoy de mundo decessit (chap. 25, éd. Jirecek p. 51-52) ". Après la mort de Borivoj, Spytichnev Ier son fils, devient duc. Il meurt adolescent laissant le duché à son frère Vratislav Ier. Celui-ci épouse une païenne Drahomíra. Ils ont deux fils : Boleslav, l'aîné (935-972) et Venceslav, le cadet (915-921). Venceslav est élu duc à cause de sa bonté, mais étant trop jeune il est confié à sa grand-mère sainte Ludmila. Sa mère Drahomíra voulant gouverner seule, convoque deux hommes nommés Thirnye er Komonye, et leur demande de tuer Ludmila en échange de chevaux et d'argent.
[5 bis] (9v). Texte : " Isti ducisse volentes complacere (chap. 26, éd. Jirecek p. 52-53) ". Sainte Ludmila comprenant ce qui va lui advenir se prépare à la mort. Les deux assassins arrivent chez elle à Tetin et l'étranglent.
[6] (4). Image (sur deux registres) : A/ Début du règne de Venceslas Ier : restauration du christianisme en Bohême. Le duc trône entouré du clergé tandis qu'on amène des enfants au baptême ; les enfants sont baptisés dans un grand baptistère ; messe dans une église. B/ Saint Venceslas participe à la fabrication des Saintes Espèces : à gauche, agenouillé dans une église, il réchauffe le moule à hosties sur un feu ; à droite, dans une vigne, il foule aux pieds le raisin destiné au vin de messe.
[6 bis] (4v). Image (sur deux registres) : A/ Saint Venceslas apporte du bois à des veuves. Le parallélisme avec le Portement de Croix est souligné par le personnage soutenant le morceau de bois derrière le duc. B/ La nuit, il part pieds nus prier dans une église et des traces de sang tachent la neige ; dans sa chambre, aux pieds de son lit dont la couverture porte des motifs héraldiques (lions passants), il enseigne des orphelins, se fait flageller et lit le psautier à un de ses familiers.
[7] (11). Texte : " [D]rahomira se de filio intromisit (chap. 27, éd. Jirecek p. 54-55) ". Après la mort de Ludmila, Drahomíra gouverne la Bohême jusqu'à ce que son fils soit majeur. Elle restaure le paganisme, chasse le clergé et excitant les païens contre les chrétiens provoque de grands massacres. Parvenu à l'âge requis, Venceslas se libère de la tutelle de sa mère. Il rouvre les églises, restaure le clergé et augmente le culte de Dieu. Il fait baptiser les enfants, prépare les Saintes Espèces, aide les veuves en leur apportant du bois et se rend de nuit au sanctuaire pieds nus jusqu'à ce que du sang lui coule des pieds.
[7 bis] (11v). Texte (8 lignes) : " Uxorem unquam non habuit (fin chap. 27, éd. Jirecek p. 55) ". Venceslas ne se marie pas et considère les orphelins comme ses propres enfants. Il enseigne les psaumes à ses familiers. Il nettoie les chaussures d'un camérier et se fait flageller par lui. - Image (sur deux registres, au-dessous du texte) : A/ Venceslas, en armure, assis sous une tente militaire, au milieu de ses hommes en armes, dicte une lettre qui est remise à un messager. B/ Dans un décor analogue, le messager remet la lettre à un personnage princier (son frère Boleslav ? ou son compétiteur Radslaw ?).
[9] (12). Texte (11 lignes) : " Et dum Wratislaus prope ducem Wenteslaum (fin chap. 28, éd. Jirecek p. 57) ". Venceslas marqué d'une croix d'or sur le front et entouré de deux anges s'approche de Vratislav et l'accueille avec bienveillance. - Image (sur deux registres, au-dessous du texte) se rapportant sans doute à l'épisode évoqué plus haut : A/ En présence d'un roi trônant à gauche et de ses conseillers, un personnage lit une déclaration. B/ La deuxième scène illustre sans doute un épisode analogue à celui qui est décrit à la partie supérieure du feuillet : Venceslas est introduit par deux anges devant Vratislav qui descend de son trône pour l'accueillir.
[9 bis] (12v). Image (sur deux registres) : A/ Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie (919-936) fait remettre à Venceslas assis sur son trône la relique du bras de saint Guy. B/ Après l'avoir transportée à cheval, Venceslas remet la relique à un évêque, sur le parvis d'une église en cours d'achèvement (la cathédrale Saint-Guy de Prague).
Second cahier restitué :
Lacunes correspondant aux ff. [3], [5], [6] et [8 ] du cahier restitué.
[1] (8). Texte (10 lignes) : " Eum cum argento emiserant (fin chap. 37, éd. Jirecek p. 76-77) ". Récit du martyre de cinq frères ermites (polonais ?) en 1004. - Image (sur deux registres, au-dessous du texte) : A/ Le duc Oldrich lors d'une chasse voit un château au pont-levis relevé, ses compagnons s'éloignent (le texte indique qu'il chassait seul). B/ Le duc explore le château puis s'en éloigne.
[1 bis] (8v). Texte : " [I]n illo tempore accidit quod dux Ulricus venabatur (chap. 38 et chap. 39, éd. Jirecek p. 77-78) ". Le duc Oldrich durant une chasse trouve un château isolé. S'étant frayé un chemin à travers une forêt épineuse, il pénètre dans le château, qu'il trouve désert et ressort par le même chemin. Il offre cette terre au seigneur Przimda qui donne son nom au château. L'auteur se réfère, à propos de l'histoire de ce château mystérieux, à une chronique allemande. Le château avait été construit par le comte d'Altenburg. Début de son histoire : il tombe amoureux de la fille de l'empereur (Et sic amore desiccabatur) mais n'ose se déclarer à celui-ci.
[2] (7). Texte : " Quod eum invasit talis miseria (chap. 39, éd. Jirecek p. 78-79) ". Le comte d'Aldeburg vend son fief à l'empereur dont il aime la fille. Il se fait construire un château dans un lieu isolé puis tue les ouvriers et incendie toute sa maisonnée pour que le lieu reste secret. Il enlève la fille de l'empereur et vit dans son château seul avec elle durant cinq ans. Un jour, l'empereur chassant près de Ratisbonne trouve le château isolé et demande à y pénétrer.
[2 bis] (7v). Texte : " [H]ospitem super castrum intromiserunt (chap. 39, éd. Jirecek p. 79-81) ". L'empereur est introduit dans le château. Se faisant passer pour un autre, il annonce sa propre mort. Sa fille ne le reconnaissant pas avoue sa tristesse. L'empereur quitte le château et revient avec son armée pour l'assiéger.
[4] (10). Image (sur deux registres) : A/ Lors d'une chasse, Oldrich, duc de Bohême (1012-1034), rencontre une jeune paysanne, Bozena, qui lavait son linge au bord d'une rivière ; mariage religieux d'Oldrich et de Bozena. B/ Précédé et suivi de ses compagnons, Oldrich conduit Bozena dans son château.
[4 bis] (10 v). Texte : " [D]ux Ulricus apud Postoloprt venabatur (chap. 41, éd. Jirecek p. 82-84) ". Rencontre d'Oldrich et de Bozena. Il tombe amoureux d'elle et l'épouse. Discours d'Oldrich à ses hommes pour justifier ce mariage (malo cum Boema rustica ridere / quam filiam regis alienigenam pro uxore habere). Oldrich et Bozena ont un fils nommé Bretislav (Bretislav Ier).
[7] (3). Image (sur deux registres) : Scènes incertaines (identification proposée d'après les chroniques) : A/ Bretislav Ier pénètre dans un couvent de Schweinfurt afin d'enlever Judith, fille du comte de Nordgau, cachée dans l'église du monastère avec trois jeunes filles (l'une d'elles portant une robe bleu fleurdelisée essaye de repousser Bretislav). B/ Il enlève Judith, ses soldats massacre les moines qui s'étaient armés pour les repousser ; lui-même blesse le frère portier. Les compagnes de Judith restent dans l'église et celle qui porte une robe fleurdelisée est particulièrement attristée.
[7 bis] (3v). Image (sur deux registres) : A/ Scène non identifiée : rencontre d'un empereur (?) et d'une femme noble ressemblant à Judith et accompagnée d'autres dames dont une en robe bleue fleurdelisée. Les deux protagonistes sont entourés de soldats portant des bannières armoriées (d'or à l'aigle couronnée de sable). B/ Scène incertaine : un grand seigneur (Aldeburgensis comes ?) vend son fief à l'empereur en lui remettant son écu armorié (de gueules à l'aigle de sable) ; après avoir quitté le palais, ses serviteurs incendient une ville.
[9] (6). Image (sur deux registres) : Scènes non identifiées, probablement liées aux préliminaires de la campagne de Bretislav Ier contre les Polonais : A/ Sous la tente centrale d'un camp militaire, un empereur (?) vêtu de rouge et deux rois se concertent, entourés de leurs troupes. B/ Dans un camp similaire, un duc et six personnages discutent tandis qu'à leurs pieds des serviteurs coupent un arbre, le tronçonnent et l'écôtent.
[9 bis] (6v). Image (sur deux registres) : A/ Campagne de Bretislav Ier, duc de Bohême (1034-1055), contre les Polonais : le duc de Pologne Mieszko II (Meska) s'enfuit et l'armée bohémienne massacre l'armée polonaise. B/ Scènes non identifiées : des soldats pillent une ville et s'emparent de prisonniers (en Pologne ?) et une armée précédée d'une bannière armoriée (d'or à l'aigle couronnée de sable) arrive ; un duc trônant ordonne de martyriser un moine (?) ; des serviteurs lui crèvent les yeux et lui coupent les mains et les pieds.
[10] (5). Texte : " Post hec dux volens vindicare avum suum (chap. 43, éd. Jirecek p. 87-88) ". Campagne du duc Bretislav contre la Pologne. Les Bohémiens prennent les dépouilles des cinq frères martyrs polonais, et de saint Radim, le demi-frère de saint Adalbert. Translation de saint Adalbert (Woythiech) après trois jours de jeûne, l'affranchissement d'esclaves, etc. Les Bohémiens emportent aussi trois tableaux dorés et une croix en or (ibi receperunt tres tabulas pictas / ex toto aureas / quarum quelibet trecentas libras ponderabat). Cent chars emportent ces biens à Prague. Ces événements se passent en 1038.
[10 bis] (5v). Texte : " [P]oloni super Boemos de violentia querelabantur (chap. 44, éd. Jirecek p. 88-89) ". Suite de la même histoire : les Polonais se plaignent au Pape (Benoît IX, pape à trois reprises de 1032 à 1048) des exactions des Bohémiens. Le duc de Bohême pour obtenir son pardon ordonne de faire construire une église en Boleslavie (un monastère en l'honneur de saint Venceslas à Stará Boleslav). Campagne de l'empereur (Henri III, 1039-1056) contre la Bohême.
Quelques écaillures en particulier au feuillet 8 r.
120.000/150.000 €
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