Lot 76
COMMODE AUX DRAGONS D'APRÈS CHARLES CRESSENT (1685-1768) XIXe SIÈCLE MATÉRIAUX : BÂTI DE CHÊNE, PLACAGE DE BOIS VIOLET ET DE PALISSANDRE, BRONZES DORÉS, MARBRE BRÈCHE VIOLET H. 97 CM, L. 190,5 CM, P. 7,5 CM Charles Cressent, Commode aux dragons, Londres, Wallace Collection DROUOT RICHELIEU • VENDREDI 26 MARS 2010 • 14 H MARS 2010 101 Commode à façade en arbalète abritant deux rangs de deux tiroirs aux traverses de soutien dissimulées. Au dos, placage de palissandre. Grande profusion de bronzes dorés recouvrant les surfaces visibles du meuble. Au centre, un registre dormant est orné d'un cartouche déchiqueté entourant un mascaron féminin en semi ronde-bosse. Les tiroirs sont cachés derrière un enchevêtrement de feuillage rocaille animé par deux dragons " opposés " dont les queues forment poignées de tirage. Les arêtes sont recouvertes de riches chutes en bronze aux cartouches centrés de motifs de miroirs sur des feuilles d'acanthe et arabesques. Le dos du meuble est également en bois de placage, indiquant le degré de fi nition qu'ont voulu donner les ébénistes du XIXe siècle à leur travail. Charles Cressent, comme Boulle et BVRB, fait partie de cette petite lignée d'ébénistes qui ont dominé leur époque de leur talent exceptionnel. Il personnifi e la période Régence par une production éblouissante et abondante qu'on ne peut malheureusement identifi er avec précision puisqu'il n'estampilla aucune de ses oeuvres. D'abord ébéniste du Régent le Duc d'Orléans, il travaille ensuite pour de hauts personnages de l'aristocratie comme le Marquis de Marigny et le Duc de Richelieu, ainsi que pour de grands collectionneurs tels que Marcellin de Selle, Trésorier Général de la Marine. Ses talents de sculpteur et l'ampleur des décors qu'il entend donner à ses meubles de commande l'amènent à réaliser lui-même les modèles de ses bronzes et à les faire exécuter dans ses propres ateliers. Ces meubles ont toujours des bâtis très soignés, presque toujours de grandes dimensions, robustes, mais parfaitement proportionnées. Les bronzes, d'une ciselure toujours impeccable, constituent, sur certains meubles de Cressent, en premier lieu sur ses commodes, des décors d'une invention et d'une richesse qu'aucun autre ébéniste n'a jamais égalé. Lambrequins, encore très Louis XIV, feuillages godronnés et déchiquetés, très Régence, rinceaux, cartouches, palmes, branches de lierre, feuillage et fl eurs d'esprit rocaille, bas-reliefs allégoriques, singes, dragons, bustes d'enfants, bustes de jeunes femme souriante inspiré de « Watteau » et connus sous le nom d' « espagnolettes » et même personnages en pied (on est ici en plein domaine de la statuaire) se conjuguent parfois dans une luxuriance qui ne tourne jamais à la confusion et reste parfaitement ordonnancée. Il dissimule complètement cette traverse dans la commode « aux dragons » de la Wallace Collection de Londres. Celle-ci, la plus célèbre est plaquée de bois violet, la face en arbalète, elle ouvre à quatre tiroirs sans traverse et est ornée d'un éblouissant décor de bronzes rocailles. Cette commode est un ouvrage (quant aux bronzes) d'une richesse extraordinaire. Ce meuble exceptionnel est une des pièces maîtresses de la Wallace Collection de Londres. BIBLIOGRAPHIE : Pierre Kjellberg, Le Mobilier français du XVIIe siècle, Editions de l'Amateur, Paris 2002, p. 220, 221, 222 et 223 et illustration p. 225.
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Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
26/03/2010
Proposé par Kohn
(33) 1.44.18.73.00