Lot 398
Commode demi-lune en marqueterie de branchages fleuris dans un panier sur fond de sycomore dans des encadrements de bois de rose et amarante.
Elle ouvre par deux vantaux latéraux, trois tiroirs en façade dont le supérieur à traverse simulée.
Montants et pieds fuselés à cannelures simulées.
Bronzes ciselés et dorés tels que entrées de serrure, chutes de feuilles de chêne et rubans, entrelacs fleuris, tablier, « Tournesols» et encadrements.
Estampillée de Charles Topino sur le montant avant gauche et marque de la Jurande.
Bronzes probablement de Ravrio, ciselés par Dubuisson, dorés par Bécard ou Gérard.
Serrure de Carto. (Radiographie de la serrure reproduite)
Dessus de marbre blanc à décroché restauré.
Époque Louis XVi vers 1780-1785
Accidents et restaurations d'usage.
Haut. : 88 cm - Larg. : 128 cm - Prof.: 60 cm
Né probablement à Paris en 1742, il travaille longtemps comme ouvrier libre au faubourg St-Antoine. Il est reçu Maître en 1773.
Il travaille beaucoup pour de nombreux marchands merciers et confrères ébénistes.
Son livre de comptes qui a subsisté témoigne de ses activités mais aussi d'une gestion défectueuse.
Il déposera le bilan le 21 décembre 1789 et décède en 1803.
Ayant travaillé pour de nombreux ébénistes il est probable que plusieurs de ses ouvrages figurent sous leur signature.
Toutefois, les documents d'archives retrouvés permettent d'évoquer une clientèle privée parmi laquelle figure le Garde Meuble de la Couronne dès le 1er juillet 1771 par l'intermédiaire d'ébénistes tels que Boudin, Macret…, le marquis de Gravelle, pouvant être considéré comme le client le plus fidèle, Madame Lasolay, la Comtesse Ferdinand, Madame de Mimbert et Milord Stuart Ventreport.
La commode demi-lune Louis XVI marquetée de fleurs compte parmi ses modèles favoris.
Il en existe de dimensions différentes.
Toutes présentent un fond clair sur lequel se disposent des marqueteries de corbeille, bouquet ou guirlandes encadrés de bronzes.
Ce type de marqueterie se retrouve aussi sur des secrétaires ou meubles bas.
Longtemps méconnu et peu considéré, Topino a du lutter et son nom s'est imposé dès la fin du XIX° siècle.
Les collectionneurs tels que Moïse de Camondo, Richard Wallace et Edouard André, l'ont considéré comme faisant partie des artisans les plus intéressants de l'ébénisterie parisienne.
Au XX° siècle, les collections Dutasta, de Polès, Heidelbach, Rothschild, Rockefeller ou Dodge ont également réservé une place de choix aux meubles de Topino. Les musées ne le boudent pas non plus que ce soit le Louvre où les plus grands musées étrangers.
Quelques commodes de ce modèle avec de légères variantes sont connues on peut citer :
Baltimore Museum of Art, Etats-Unis.
Vente Christie's Paris, le 13 décembre 2006, lot 298, Collection Garbisch, acquis auprès de la Galerie Segoura en 1978.
Vente Ader-Picard-Tajan, le 21 juin 1989, Hotel George V, Paris, lot 186, Ancienne Collection de Madame Christian Heidsieck Delepoulle
Vente Christie's Londres, le 3 juillet 1986, lot 126, Collection Mlle Broadway. Illustré dans P. Kjellberg. « Le mobilier français du XVIII° siècle» Editions de l'amateur, 1989 page 845, puis 2002 page 885.
Vente Sotheby's Londres, le 19 mai 1977, lot 467, Collection Rosebery, Mentmore Towers, puis vente Sothey's New-York le 19 novembre 1993 lot 63, puis le 22 mai 1997, lot 245.
Vente Christie's Londres, le 29 juin 1972, lot 85, Collection Hillingdon
Vente Christie's Londres, le 22 juin 1938, lot 62, Collection Mortimer Schiff
Vente Christie's Londres, le 17 juin 1937, Collection Moïse de Camondo
Vente Christie's Londres, le 23 novembre 1922, lot 116, Collection Alice de Rothschild, puis Vente New-York avril 1951 Collection Fred Stettenheim, puis Vente Christie's New-York le 23 octobre 1998 lot 166.
Topino et les marqueteries de guirlandes et de bouquets :
Les décors de guirlandes et bouquets sont surtout marquetés sur des commodes demi lune.
On en connaît près de quinze.
Parfois réalisées en paire.
Elles ouvrent toutes en façade par trois tiroirs dont un en ceinture, deux vantaux latéraux; elles ont toutes une marqueterie de cannelures simulées sur les pieds fuselés et sur les montants.
La marqueterie principale est toujours composée d'un bouquet de fleurs dans une corbeille.
Les ceintures ont toutes cette caractéristique frise d'entrelacs en bronze, souvent centrés de tournesols en bronze. Tournesols identiques à ceux des vantaux et des tiroirs.
D'une façon générale, on peut que ce type de marqueterie est une signature de Topino.
Le Mobilier National conserve dans ses collections, un remarquable bureau plat reprenant les mêmes marqueteries de fleurs, mais surtout les mêmes chutes, les mêmes encadrements en bronze des tiroirs, et les fameux tournesols.
Topino et ses fournisseurs :
D'après son livre de comptes, Topino est assez fidèle dans le choix de ses fournisseurs.
Pour les fontes de bronzes il commande régulièrement à Viret de juillet 1772 à aout 1776, il s'agit vraisemblablement Pierre Viret, décédé rue de Charonne le 27 mai 1777 et installé rue de Lappe à Paris.
Topino achète ses bronzes au poids.
Il se livre aussi chez André Ravrio, qui a épousé la soeur de R.V.L.C.
Son fils André Antoine sera fournisseur de Garde Meuble de la Couronne en livrant des bronzes pour les principaux palais.
Dubuisson sera pendant seize ans le Ciseleur de Topino.
Il doit s'agir de Jean Baptiste Dubuisson, maître le 15 novembre 1765, ou d'Eloy Dubuisson reçu maître le 13 juillet 1769.
Répertorié come « sçizeleur rue de Charenton à Paris», Jean baptiste Dubuisson incarne avec Topino l'exemple type de relations fidèles, voire amicales, entre deux artisans du Faubourg.
Le nombre important de commandes passées entre les deux artisans, montre qu'il est véritablement le fournisseur privilégié de l'ébéniste.
Cette remarque est aussi valable pour le doreur Vallée.
Jusqu'au dépôt de bilan du doreur en septembre 1776, les traces de collaborations sont fréquentes.
Lors du dépôt de bilan de Topino en 1789, les doreurs débiteurs de l'ébéniste sont Bécard, et Gérard.
Pour ses serrures, Topino se livre chez Carto.
C'est le seul nom qui apparaisse dans les archives, notamment en 1789 lors du dépôt de bilan de l'ébéniste.
La collaboration entre les deux artisans commence le 6 avril 1750.
Dès 1775, Topino achète ses bois chez principalement chez André Flerkmann, cependant il lui arrive de se fournir chez les frères Fortin et chez Petit-Blé.
Pour une commode, l'intervention d'un garnisseur et d'un sculpteur ne s'impose pas.
COMMODE par Charles TOPINO
Livre de comptes de Topino. Archives de la Seine, D5 B6395 f°30
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Mobilier moderne et design
À propos de la vente16/06/2010
Catalogue
Dessins, Tableaux, Bijoux, Argenterie, Asie, Céramique, Mobilier
75009 Paris - France
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