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Lot 3
Corneille de LA HAYE, dit Corneille de LYON (La Haye, 1500 - Paris, 1575) Portrait d'Odet de Coligny, cardinal de Châtillon Huile sur panneau, transposé et parqueté (Restaurations) Dans un cadre ancien (redimensionné et ressemelé) Portrait of Odet de Coligny, cardinal de Châtillon, oil on panel, by C. de Lyon 8.07 x 6.49 in. 20.5 x 16.5 cm Provenance : Acquis par Armand-François-Marie, marquis de Biencourt (1773-1854), en 1823, Paris et Azay-le-Rideau ; Collection des marquis de Biencourt, Azay-le-Rideau ; Vendu par Charles-Marie-Christian, marquis de Biencourt (1826-1914) ; Collection Léopold Benedict Hayum Goldschmidt (1830-1904) ; Par descendance à sa fille, Claire Goldschmidt (1866-1930), épouse d'Ange André Pastré, comte Romain (1856-1926) ; Par descendance à leur fille, Diane Pastré, comtesse de Vogüé (1888-1971), Commarin ; Sa vente, Paris, Palais Galliéra, Me Couturier, 14 mars 1972, n° 177 (comme attribué à, adjugé 135 000 francs) ; Vente anonyme ; Paris, Tajan, 14 décembre 2004, n° 39 (comme attribué à, adjugé 82 000 €) ; Galerie De Jonckheere, Paris ; Acquis auprès de cette dernière par les parents des actuels propriétaires en 2005 ; Collection particulière, France Bibliographie : Louis Dimier, La Peinture française au XVIe siècle, Marseille, 1942, repr. pl. 25 Anne du Bois de Groer, Corneille de La Haye dit Corneille de Lyon, Paris, 1996, p. 200-201, n° 112 Œuvre en rapport : Copié à dimensions par Marguerite de Biencourt en 1890 (Chantilly, inv. PD 537, gouache et aquarelle, 20,2 x 15,4 cm ; annoté au verso 'Odet de Coligny / cardinal de Châtillon évêque de Beauvais, copie d'un tableau du château d'Azay-le-Rideau / en 1890 par Marguerite de Biencourt'). Dans la foisonnante galerie de personnages les plus influents de la cour de France que Corneille de La Haye, plus connu sous le nom de Corneille de Lyon, eut à peindre lorsqu'il était au service du dauphin Henri de France (futur Henri II), très peu sont des ecclésiastiques. Et ce, alors même que les prélats, souvent issus des grandes familles du royaume, occupaient des fonctions importantes. Bien avant le cardinal de Richelieu, ceux que l'historien Cédric Michon avait appelé " prélats d'État ", se chargeaient des affaires les plus diverses, avec une prédilection pour la politique intérieure et la diplomatie. À l'époque où œuvrait Corneille, il s'agissait notamment des cardinaux Louis de Bourbon, Jean de Lorraine (favori de François Ier), François de Tournon, Jean Du Bellay, Antoine Sanguin de Meudon (oncle de la duchesse d'Étampes), Georges d'Armagnac, Georges II d'Amboise, Charles de Lorraine-Guise etc. La plupart de ces prélats ont été peints par François Clouet, portraitiste en titre de la famille royale, même si certaines de ces effigies ne sont aujourd'hui connues que grâce aux dessins des recueils de copies au crayon. En revanche, on ne connaît aujourd'hui que deux portraits de cardinaux par Corneille, auxquels il faut probablement ajouter un troisième, représentant Charles de Bourbon et dont subsiste une réplique relativement maladroite, mais parfaitement révélatrice de sa manière (collection particulière). Les deux autres portraits représentent Robert, cardinal de Lenoncourt (Dubois de Groër, no 113), et Odet de Coligny, cardinal de Châtillon, dont les traits sont parfaitement connus grâce à plusieurs portraits réalisés par Jean et François Clouet, et par Jean Decourt. Issu de l'une des plus importantes maisons du temps des derniers Valois, neveu du connétable de Montmorency, Odet se vit offrir le chapeau de cardinal à seize ans à l'occasion du mariage de Catherine de Médicis et de Henri II et alors qu'il n'était pas ordonné prêtre. Archevêque de Toulouse et évêque de Beauvais, il ne fut jamais sacré et se posait en homme d'État plutôt qu'en homme d'Église. Membre du Conseil dès 1547, courtisan accompli, fin esprit et amateur d'art, il prônait une réforme du culte catholique, mais fut le dernier de sa famille à se convertir ouvertement au protestantisme. Désormais titré comte de Beauvais, Châtillon épousa Isabeau de Hauteville et resta un personnage influent à la cour jusqu'à ce que la troisième guerre de religion ne l'oblige à s'exiler en Angleterre. Il y mourut en 1571 alors qu'il s'apprêtait à retourner en France, pacifiée après l'édit de Saint-Germain. Aussi bien pour le portrait de Châtillon par Corneille que pour celui de Lenoncourt, au moins quatre versions sont connues, de qualité et de dimensions variables. Comme souvent, il s'avère difficile de distinguer l'original peint d'après nature des répliques tirées dans l'atelier, d'autant plus que de nombreux tableaux ont disparu. Il n'en demeure pas moins que la qualité de notre peinture est indéniablement meilleure que celle des autres versions localisées (Avignon, musée Calvet ; collections particulières). En observant les portraits d'Odet de Coligny par les Clouet, il est possible de dater notre œuvre de la toute fin des années 1540, tandis que, à en juger d'après l'âge de Lenoncourt, Corneille paraît l'avoir peint plus tôt, au début de la décennie. L'utilisation de panneaux sensiblement plus grands pour Châtillon confirme ce décalage, tout comme son vêtement qui correspond à la mode d'autour de 1550. Plusieurs années séparent donc les portraits des cardinaux de Lenoncourt et de Châtillon et ces deux iconographies, malgré la mise en place similaire, ne constituent aucunement des pendants, même si certaines versions auraient pu se retrouver ensemble dans quelque galerie de personnages les plus éminents de la cour. Si très souvent Corneille n'hésite pas à s'inspirer des œuvres de Clouet afin de respecter l'iconographie " officielle " d'un modèle, il préfère ici composer une image nouvelle. Le visage du cardinal est ainsi tourné vers la droite et non vers la gauche comme chez Clouet et vu un peu plus de face. Le modèle fixe le spectateur au lieu de diriger son regard hors du cadre, ce qui rend la confrontation avec le personnage plus intense, son expression plus fière et volontaire. Le portraitiste se montre ici un coloriste délicat, bâtissant son œuvre sur l'harmonie du rouge garance et du vert clair, rompue seulement par le blanc du col et le brun-roussâtre de la chevelure. Souvent plus sommaire dans les vêtements que dans les visages, le peintre lyonnais s'attache ici à reproduire le dessin complexe de la soie damassée des revers du manteau. La délicatesse de ces motifs, tout en glacis translucides laissant transparaître la préparation blanche, contraste avec le trait puissant et épais des galons de bordure. Nous remercions Madame Alexandra Zvereva pour la rédaction de cette notice (septembre 2020). Corneille de LA HAYE, dit Corneille de LYON (La Haye, 1500 - Paris, 1575) 20.5 x 16.5 cm Among the abundant gallery of the most influential figures at the French court that Corneille de La Haye, better known as Corneille de Lyon, was asked to portray during his time in the service of the Dauphin Henri de France (the future Henri II), very few were ecclesiastics. This was despite the fact that the prelates, who often came from the kingdom's leading families, held important positions. Long before Cardinal de Richelieu, those whom historian Cédric Michon called ‘prelates of state’ were in charge of a wide range of affairs, with a predilection for domestic policy and diplomacy. At the time Corneille was working, they included Cardinals Louis de Bourbon, Jean de Lorraine (a favourite of François I), François de Tournon, Jean Du Bellay, Antoine Sanguin de Meudon (uncle of the Duchesse d'Étampes), Georges d'Armagnac, Georges II d'Amboise, Charles de Lorraine-Guise and others. Most of these prelates were painted by François Clouet, who was the royal family's portraitist, although some of these effigies are only known today thanks to drawings and collections of copies done in pencil. On the other hand, only two portraits of cardinals by Corneille are known today, to which we should probably add a third, representing Charles de Bourbon, of which a relatively clumsy replica has survived, but which is perfectly indicative of his style (private collection).   The other two portraits are of Robert, Cardinal de Lenoncourt (Dubois de Groër, no 113), and Odet de Coligny, Cardinal de Châtillon, whose features are well known from several portraits by Jean and François Clouet, and by Jean Decourt. Born into one of the most important families of the last Valois, nephew of the Connétable de Montmorency, Odet was offered the cardinal's hat at the age of sixteen on the occasion of the marriage of Catherine de Médicis and Henri II, even though he was not an ordained priest. Archbishop of Toulouse and Bishop of Beauvais, he was never consecrated and saw himself as a statesman rather than a man of the Church. A member of the Council as early as 1547, he was an accomplished courtier, a wit and an art lover. He advocated a reform of Catholic worship, but was the last of his family to openly convert to Protestantism. Henceforth renamed Count of Beauvais, Châtillon married Isabeau de Hauteville and remained an influential figure at court until the Third War of Religion forced him into exile in England. It was there that he died in 1571 as he was preparing to return to a peaceful France following the Edict of Saint-Germain. For the portrait of Châtillon by Corneille as well as that of Lenoncourt, at least four versions are known, of varying quality and size. As is often the case, it is difficult to distinguish the original painted from life from the replicas produced in the studio, especially as many of the paintings have disappeared. Nevertheless, the quality of our painting is undeniably better than that of the other versions that have been located (Avignon, Musée Calvet; private collections).   In looking at the Clouet portraits of Odet de Coligny, it is possible to date our work to the very end of the 1540s, whereas, judging by Lenoncourt's age, Corneille appears to have painted him earlier, at the start of the decade. The use of much larger panels for Châtillon confirms this discrepancy, as do his clothes, which correspond to the fashion of the period around 1550. Several years therefore separate the portraits of the cardinals de Lenoncourt and de Châtillon, and these two iconographies, despite their similar settings, are by no means counterparts, even if some versions could have been found together in certain galleries of the most prominent figures at court.   Although Corneille often drew inspiration from the works of Clouet in order to respect the ‘official’ iconography of a model, here he preferred to create a new image. The cardinal's face is turned to the right, rather than to the left as in Clouet's work, and seen slightly more from the front. The model stares at the viewer instead of looking out of the frame, making the confrontation with the figure more intense and his expression more proud and determined. The portraitist shows himself to be a fine colourist, building his work upon the harmony of madder red and light green, broken only by the white of the collar and the reddish-brown of the hair. Often more summary in the execution of the clothes compared to the faces, the painter from Lyon endeavoured here to reproduce the complex pattern of the damask silk on the lapels of the coat. The delicacy of these designs, with their translucent glazes revealing the white preparation, contrasts with the powerful, thick lines of the piping around the edges.   We would like to thank Alexandra Zvereva for the writing of this catalogue entry (September 2020).
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Tableaux anciens
À propos de la vente
Catalogue
30/04/2025
Proposé par Artcurial
01 42 99 20 26

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