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Lot 12
Edgar DEGAS 1834-1917 DANSEUSE, POSITION DE QUATRIÈME DEVANT SUR LA JAMBE GAUCHE (TROISIÈME ÉTUDE) Bronze à patine brune, effets ocre signé sur le côté droit de la terrasse à l'arrière : cire perdue AA Hébrard, gravé 5/G Daté par Rewald entre 1882 et 1885 et par Millard entre 1885 et 1890 57,5 x 33,3 x 38,5 cm (22,64 x 13,11 x 15,16 in.) Provenance : Collection particulière, Paris Bibliographie : Catalogue Hébrard, 1921, Galerie A.A. Hébrard, “Exposition des sculptures de Degas”, mai-juin 1921, n° 11 (un exemplaire similaire) Paul Vitry, “Catalogue des sculptures du Moyen-Age de la Renaissance et des Temps Modernes, supplément”, Musées Nationaux, Paris 1933, n° 1728 (un exemplaire similaire) John Rewald, “Degas. Works in sculptures. A complete catalogue”, XLIV, Pantheon Books Inc., New York, 1944, reproduit page 99 (un exemplaire similaire) Catalogue du Jeu de Paume, “Peintures et sculptures exposées au Musée de l'Impressionnisme. Les impressionnistes, leurs précurseurs et leurs contemporains”, Paris, 1947, n° 294 (un exemplaire similaire) Pierre Borel, “Les sculptures inédites de Degas. Choix de cires originales”, Pierre Cailler, Genève, 1949, non paginé, deux photographies détourées de la cire John Rewald, Degas. Sculpture. The complete Works”, XVIV, Thames & Hudson, Londres, 1957, page 150, planches 43, 44, figure 18 (un exemplaire similaire) Charles W. Millard, “The sculpture of Edgar Degas”, Princeton Univerty Press, Princeton, 1976, page 24 (un exemplaire similaire) Camesasca, Cortenova, 1986, figure 5, page 104 n° 5, page 175 (cire et 4 vues) (un exemplaire similaire) Anne Pingeot, Antoinette Le Normand-Romain, Laure de Margorie, “Catalogue sommaire illustré des sculptures du Musée d'Orsay”, Paris, RMN, 1986, page 127 (un exemplaire similaire) Minervino, Naurois, Fiorella Minervino, “Tout l'œuvre peint de Degas”, Flammarion, 1988, S11, page 141 (un exemplaire similaire) Anne Pingeot, “Degas sculptures”, Imprimerie Nationale Editions et Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1991, n° 11, reproduit pages 56, 57 et 157 (un exemplaire similaire) Ambroise Vollard demanda un jour à Edgar Degas pourquoi il ne coulait pas ses statuettes en bronze, ce à quoi l'artiste répondit que le bronze était éternel. “Mon plaisir à moi, c'est d'avoir toujours à recommencer. Comme ça…” et, tout en parlant il prit entre ses mains une figurine représentant une danseuse et en refit une boule. A l'exception de trois figurines moulées en plâtre vers 1902 pour une raison inconnue, Degas remettait toujours à plus tard le moulage de ses statuettes de cire de façon à pouvoir toujours les améliorer [...] Cherchant toujours le mieux, de jour en jour patiemment, Degas s'en était expliqué avec l'historien François Thiebault-Sisson qui rapporta leur échange dans un article du Temps paru le 23 mai 1921 : “Il en est de même de l'interprétation de la forme humaine, surtout de la forme en action. Retracez une figure de danseuse, vous pourrez, avec un peu d'adresse, faire illusion un instant, quelque scrupule que vous ayez apporté à votre traduction, qu'à une silhouette sans épaisseur, sans effet de masse, sans volumes, et qui manquera de justesse. La vérité vous ne l'obtiendrez qu'à l'aide du modelage, parce qu'il exerce sur l'artiste une contrainte qui le force à ne rien négliger de ce qui compte. C'est pourquoi maintenant que mes yeux mauvais m'interdisent tout tableau, maintenant que le crayon ou le pastel seul m'est permis, j'éprouve plus que jamais le besoin de traduire mes impressions de la forme en sculpture. Le nez sur mon modèle*, je le scrute, j'en marque tour à tour les aspects en une série de croquis, et je résume le tout dans une pièce exiguë, mais dont la mise en place est solide, et qui ne ment pas.” Le contexte dans lequel Degas a travaillé la troisième étude de cette Danseuse nous est connu grâce à ce témoignage. Les datations possibles pour cette sculpture proposées par les historiens, entre 1882 et 1895 pour John Rewald, et entre 1885 et 1890 pour Millard, restent imprécises avec une marge de dix-huit ans. Edgar Degas n'a tenu aucun carnet ni aucune liste concernant ses sculptures. La seule certitude que nous avons est d'ordre général et nous est donnée par la plus célèbre d'entre elles, la Petite danseuse de quatorze ans qui figura** en 1881 à la 6e exposition de peinture (dite “impressionniste”. Les historiens datent donc les débuts de Degas sculpteur “vers 1875”. En revanche, l'opéra et son foyer fait partie de son univers depuis de longues années. En témoigne cet admirable pastel intitulé Examen de danse exécuté en 1874 (fig. 1) où Degas saisit l'atmosphère tendue d'une séance d'examen, avec au fond, les mères anxieuses, et essaimées dans la pièce, les jeunes danseuses en tutu ceinturé de rose ou de bleu selon leur niveau. Degas aimait cette atmosphère qui lui donnait à voir les exercices à la barre, les pas de danse si variés, les souffrance, leur intimité lorsqu'elle tire un bas ou bien masse une cheville. Degas dissèque, scrute, fouille, épie. Muré dans le célibat et la solitude, il passa sa vie à regarder les jeunes filles et les femmes. Il les a capturées et, avec passion et ténacité, les a peintes, dessinées et sculptées. Notre sculpture fut l'objet d'un travail attentif car Degas la modela en trois tailles : 41 cm, 60,3 cm et 57,5 cm, chaque fois dans la même pose. Degas, hanté par l'inachevé, raffine dans le recommencement ; ses dessins et pastels, très nombreux, démontrent son acharnement à dominer son insatisfaction. Il fallait toujours apprendre ; en réalité, chaque œuvre préparait la suivante (fig. 2). Les sculptures originales furent coulées par le fondeur A.A. HEBRARD ; l'édition en bronze fut limitée à vingt deux épreuves, dont vingt seulement furent mises en vente. Toutes porteront le nom de Degas en creux, le cachet du fondeur “cire perdue AA Hébrard” et le numéro du modèle (de 1 à 73). Les vingt épreuves mises en vente porteront une lettre d'ordre (de A à T). Ici, nous avons le modèle n° 5 G. Degas ne voulait pas du bronze, “cette matière qui est pour l'éternité”. Pourtant ses sculptures font partie des trésors des musées et des plus grandes collections particulières. *Degas travaillait chaque jour, sans exception, sur des modèles vivants. ** Mentionnée dans le catalogue de l'année précédente, la vitrine resta vide. Fig 1 : Edgar Degas, Examen de danse, 1874, huile sur toile, 83 x 79 cm, New York, The Metropolitan Museum of Art. Fig. 2 : Danseuse debout, la jambe droite levée, fusain rehaussé de blanc, 45 x 30 cm. Bibliographie : Jacqueline et Maurice Guillaud, Degas, le modelé et l'espace, Centre Culturel du Marais, Paris, 1984 ; Anne Pingeot, Degas, Sculptures, Réunion des musées nationaux, 1991. EDGAR DEGAS DANSEUSE, POSITION DE QUATRIEME DEVANT SUR LA JAMBE GAUCHE, TROISIEME ETUDE Ambroise Vollard once asked Edgar Degas why he didn't cast his statuettes in bronze. The artist replied that bronze was eternal. “My pleasure is to always be able to begin again. Like this…” and as he spoke, he took up a figurine representing a dancer and crushed the sculpture into a ball. With the exception of three figurines molded in plaster around 1902 for some unknown reason, Degas always delayed casting his wax sculptures in order to continually improve them. Always patiently seeking for the best solution day by day, Degas explained himself to the historian François Thiebault-Sisson, who reported their exchange in an article published in Temps on May 23, 1921: “The same is true in interpreting the human form, especially the human form in action. Draw the figure of a dancer, and, with a bit of skill, you will be able to create the illusion of an instant, if you have scrupulously translated the form correctly, but only as a silhouette without thickness, no mass, no volumes, that will lack precision. The truth can only be conveyed through modeling, because thus the artist is affected by constraints that force him to neglect nothing essential. This is why, now that my poor vision forbids me any painting, now that only the pencil or pastel is permitted me, I feel even more strongly the need to translate my impressions in the form of sculpture. I scrutinize the nose on my model*, I mark down one by one all the aspects in a series of sketches, and then I combine them all in a restricted form, but where everything is solidly put together and does not lie.”The context in which Degas worked on the third study of this Danseuse is known thanks to the above testimony. The possible dates for this sculpture suggested by historians - between 1882 and 1895 for John Rewald, and between 1885 and 1890 for Millard - remain imprecise with a margin of 18 years. Edgar Degas never kept any record or list of his sculptures. The only certainty we have is of a general nature, provided by the most famous of them all, Petite danseuse de quatorze ans which was included** in 1881 in the 6e exposition de peinture (known as the “impressioniste”). Historians thus date the early stages of Degas' sculpture “around 1875”. On the other hand, the opera and its foyer were part of his universe for many years, as seen in the admirable pastel entitled Examen de danse, executed in 1874 (fig. 1), where Degas conveys the tense atmosphere of a examination session, with, in the background, the anxious mothers, and scattered across the room, young dancers in tutus with pink or blue sashes indicating their level. Degas loved this atmosphere, where he could observe exercises at the bar, the wide variety of dance steps, the suffering, and intimate gestures such as pulling up a stocking or massaging an ankle. Degas dissects, scrutinizes, searches, spies. Walled up in his bachelorhood and solitude, he spent his life watching young girls and women. He captured them and, with passion and tenacity, painted, drew, and sculpted them. This sculpture was the result of careful research as Degas modeled in three sizes : 41 cm, 60,3 cm and 57,5 cm, always in the same pose. Degas, haunted by the incomplete, refines by recommencing : a plethora of drawings and pastels demonstrate his determination to dominate his dissatisfaction. He was always engaged in a learning process, and in reality, each work prepared the following one (fig. 1). The original sculptures were cast by the foundry A.A. HEBRARD. The bronze edition was limited to twenty-two proofs, and only twenty were put up for sale. All have the name of Degas incised, and the stamp of the foundry, “lost wax A.A. Hébrard”, and the number of the casting (1 to 73). The twenty proofs offered for sale were each given a letter (A to T). The model here is n° 5 G. Degas was not interested in bronze, “this material that lasts forever”. However, his sculptures are among the treasures owned by many a museum and the most significant private collections. *Degas worked every day, without exception, from live models. ** Mentioned in the catalogue of the preceding year, the display case remained empty. Fig 1 : Edgar Degas, Examen de danse, 1874, oil on canvas, 83 x 79 cm, New York, The Metropolitan Museum of Art. Fig. 2 : Danseuse debout, la jambe droite levée, charcoal highlighted in white, 45 x 30 cm. Litterature : Jacqueline and Maurice Guillaud, Degas, le modelé et l'espace, Centre Culturel du Marais, Paris, 1984; Anne Pingeot, Degas, Sculptures, Réunion des musées nationaux, 1991.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Sculptures et bronzes
À propos de la vente
Catalogue
Art Moderne I
75008 Paris - France
02/04/2007
Proposé par Oger-Semont

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