Lot 109
Edgard Tytgat (1879-1957)
Belgique
Les vieillards tragiques (1924)
Huile sur toile
Sig. 1924 et sig. au dos mars 1924 avec titre
80 x 100 cm
Étiquettes d'expositions au dos
"Le Centaure" Bruxelles 1924, cat. no. 15
"Edgard Tytgat" Kunst-en letterkring Bruxelles 1924, cat. no. 16
"Edgard Tytgat" Gal. Montaigne Parijs 1927, cat. no. 3 ,
"Le Centaure" Bruxelles 1928, cat. no. 22
"Edgard Tytgat" Berlin/Düsselfd. 1929, cat. nr.29,
"Retrospectieve Edgard Tytgat" Palais des Beaux-Arts, Bruxelles 1931, cat. no. 99
"Edgard Tytgat" Museum Boymans Rotterdam, Sted. Museum Amsterdam, Sted. Van Abbemuseum Eindhoven Raadhuis Heerlen, 1950-51, cat. no. 20
"Verzameling Tony Herbert" 1957-58, cat. no. 19
"Edgard Tytgat" Cultureel Centrum Mechelen, Feestzaal Brugge 1960, cat. no. 41 et Soc. Royale des Beaux-Arts Verviers 1960, cat. no. 16
"Tony Herbert" Casino Kursaal, Blankenberge 1963, ill. no. 32 et 38
"Verzameling Tony Herbert" Sted. Van Abbe Museum, Eindhoven 1999, ill. p. 41
"Verzameling Tony Herbert" Museum Dhond-Dhaenens, Deurle 2011, ill. p. 85
"Sélection" no. 5, février 1927, art. Luc Haesaerts
Maandblad voor beeldende kunsten, octobre 1928, Amsterdam, art. M. Roelants, avec ill.
"Ed. Tijtgat" Cahier 4, Sélection, Anvers 1928 p. 61 ill.
Der Cicerone, Leipzig, 1929, p.58
"Tytgat" Jean Milo, Cris 1957, ill. 8
"Edgard Tytgat. Beschrijvende catalogus van zijn geschilderde oeuvre, opgemaakt met de medewerking van Mevrouw Gisèle Ollinger-Zinque" Albert Dasnoy, Laconti S.A., Bruxelles 1965 p. 181 ill. 142
coll. W. Schwarzenberg, Bruxelles
Gal. Le Centaure, Bruxelles
coll. Max Cahen, Bruxelles
coll. Tony Herbert, Kortrijk
PAS SI INNOCENTE
Une jeune demoiselle à peine couverte est harcelée par un trio maléfique : cette scène fait au moins froncer les sourcils. Mais rien n’est ce qu’il semble à première vue dans les tableaux d’Edgard Tytgat. Le peintre est un conteur émérite qui s’approprie les classiques de la mythologie grecque et biblique. Il dépeint des contes de fées désarmantes par leur fantaisie, surréalisme et humour.
Le titre fait référence à l’histoire de Suzanne et les vieillards, décrite dans le livre de Daniel de l'Ancien Testament. Des aînés éminents convoitaient la ravissante et chaste Suzanne. Ils l’espionnent lorsqu'elle veut se baigner dans l'intimité de son jardin, et tentent de la séduire. Suzanne rejette les avances, dont les hommes insultés l'accusent à tort d'adultère. Elle est condamnée à mort par lapidation. Toute la communauté croit les anciens sauf Daniel. Il expose le mensonge, prouve l'innocence de Suzanne et fait condamner les vieillards à leur tour.
La Suzanne de Tytgat, en revanche, ne tient pas aussi fort aux principes de chasteté et de fidélité. Les trois vieillards tragiques tentent chacun à leur manière de la séduire à la luxure. Le plus rusé charme la belle avec un lys blanc - "Suzanne" en hébreu, symbole d'innocence et de pureté. La tige est déjà cassée. Un cupidon sournois répande l'amour sous forme de roses. Les fleurs tombent directement sur le giron de Suzanne, d'où ses désirs charnels jaillissent et prennent le contrôle.
Tytgat dépeint une scène douce-amère dans laquelle son style naïf masque la complexité des images. Le dessin apparemment maladroit ne tient pas compte de l'anatomie ni de la réalité. Des lignes simples délimitent les couleurs sobres. La peau ivorine de la désirable Susanna contraste avec les forbans. Les ténèbres et la destruction émergent dans leur sillage : le ciel s'obscurcit, un arbre meurt, le sol se dessèche. La perspective primitive, entassée comme dans les compositions médiévales, mène à la clarté dans le lointain, signe de la vertu abandonnée par Suzanne. Un travailleur acharné, son mari, se plie en quatre pour fournir son foyer et sa progéniture. Le malheureux ne sait pas ce qui se passe derrière son dos.
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