Lot 48
Eugène Viollet-le-Duc (Paris, 1814-Lausanne, 1879) Album de 46 pages de dessins annotés, projets d'ornements pour Notre Dame de Paris, notamment chimères, gargouilles, rosaces transposées ensuite dans la pierre par Geoffroy-Dechaume et son équipe durant la campagne de restauration qui dura de1844 à1864. Crayons et lavis d'encre, la plupart signés et datés 1849, 1853, 1854, 1856, 1860, 1861, 1862. Joint dans l'album un dessin figurant un chapiteau signé de Jean Baptiste Lassus (1807-1857), architecte ayant également participé à la restauration de Notre Dame de Paris Annotated sheets and drawing album for the ornemental project for Notre Dame de Paris, pencil and ink wash, most of them signed and dated 1849, 1853, 1854, 1856, 1860, 1861, 1862. PROVENANCE Vente Beurdeley, 31mai 1920. Parmi ces dessins, se détachent particulièrement les figures de chimères ou bêtes d’amortissement qui se retrouvent sur la balustrade de la galerie des tours de Notre Dame. Nous connaissons d’autres dessins de ce vaste bestiaire né de l’imagination de Viollet-le-Duc et Lassus, certains conservés à la médiathèque d’architecture et du patrimoine. Ce ne sont pas moins de 54 chimères que les maîtres d’œuvre créent pour Notre Dame, travaux répartis entre 11 ateliers de sculpteurs sur de nombreuses années. Ce peuple de "démons, d’oiseaux et de monstres" tel que le qualifie lui-même Viollet le Duc, n’est pas que le fruit de l’imagination de l’architecte. Il peut s’appuyer sur les célèbres carnets de Villard de Honnecourt, modèles d’ornements datant du XIIIesiècle, que son associé Lassus connaît pour les avoir publiés. Il s’inspire également de l’ornementation mieux conservée de la cathédrale de Reims dont il a pu faire de nombreux relevés. Les dessins témoignent ainsi de la naissance de ces chimères et gargouilles que Viollet le Duc considéraient comme partie intégrante du bâtiment. Les gargouilles ont en effet une fonction d’évacuation des eaux de pluie, comme le précise Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire raisonné d’architecture. Les chimères quant à elle, participent de l’harmonie générale de l’édifice s’inscrivant dans un ordre unitaire propre au style gothique. L’esprit analytique de cet architecte contribue à recréer la "Bible de pierre" de la cathédrale. Son œuvre n’en est pas moins empreinte d’une certaine liberté artistique. Dans la monographie qu’il consacre en 1856 à la cathédrale, Viollet le Duc écrit à propos des chimères de Notre Dame "Ces pittoresques figures [qui existaient auparavant] viennent d’être rétablies". Pour lui, il s’agit de "rendre à l’art ses droits sur toute chose". Le gothique rêvé qui a souvent été reproché à Viollet-le-Duc était donc davantage pour lui un gothique retrouvé.
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Dessins, aquarelles et pastels
À propos de la vente
Catalogue
24/06/2020
Proposé par Tajan
01 53 30 30 54