Lot 138
EXCEPTIONNEL COFFRE OFFERT À FOUAD IER, ROI D’ÉGYPTE Par Edgar BRANDT (1880-1960) Paris, 1927 Matériaux Fer forgé, argenté et palissandre Estampillé E. BRANDT France Inscription : À sa majesté Fouad Ier Roi d’Égypte – hommage très respectueux du Comité « Les Affaires françaises et les Français d’Égypte – Paris le 24 octobre 1927 » H. 22 cm, L. 53 cm, P. 53 cm Provenance Ancienne collection privée, Le Caire Collection privée, Paris Cet objet exceptionnel et unique, tant par la qualité de son exécution, que par ses proportions ainsi que par sa destination, témoigne de l’importance des arts décoratifs en France dans les années 1925-1930 où préciosité et raffinement atteignirent la perfection. Ce coffre en fer forgé présente une forme carrée à angles arrondis. Il repose sur deux patins de longueur terminés en volutes fixées sur les petits côtés, ces derniers ornés de motifs en accolade La partie supérieure est parée d’un riche décor ajouré de feuillages stylisés et découvre un intérieur plaqué de palissandre d’un grand raffinement. Il repose sur une base à corniche sur laquelle est apposée une plaque portant l’inscription : À sa majesté Fouad Ier Roi d’Égypte – hommage très respectueux du Comité « Les Affaires françaises et les Français d’Égypte » – Paris le 24 octobre 1927. Cette dentelle de feuillages peut être rapprochée d’un lustre présenté en 1925 sur le stand de Brandt lors de l’Exposition des Arts Industriels. En effet, les bras en volutes accueillant des tulipes en verre gravé de la maison Daum sont couverts de petits branchages aux feuilles ovoïdes stylisées d’un même raffinement que celui que l’on peut apprécier sur le coffre. Le coffre que nous présentons est un objet exceptionnel, fruit d’une commande pour un évènement tout aussi unique. Réalisé en 1927, il fut offert à Fouad Ier, Roi d’Égypte (1922-1936) lors de sa venue en voyage officiel à Paris en octobre 1927. Le 24 octobre au soir, se tint un dîner privé organisé au Claridge en l’honneur du Roi « en hommage et témoignage de la reconnaissance des français qui ont été les hôtes de l’Égypte et qui entretiennent avec elle des relations intellectuelles ou des relations d’affaires » selon les termes de l’édition du Figaro du 25 octobre 1927. Le Président de cette association, Marcel Lebon, dirigeant de la Compagnie du Gaz et d’Électricité qui étendit son Empire jusqu’en Égypte, offrit à cette occasion ce précieux ouvrage d’Edgar Brandt. Compte tenu de son ouverture en bascule, le coffre devait vraisemblablement contenir un livre d’art réalisé en l’honneur du Roi d’Égypte, qui aujourd’hui a disparu. Réalisé par le plus grand ferronnier d’art que le XXe siècle ait connu, cet objet illustre parfaitement la mise à disposition des arts industriels au service de la création artistique. Edgar Brandt travailla le fer avec un tel aboutissement qu’il atteignit la perfection esthétique, à l’image d’un orfèvre voire d’un joaillier, il para ses réalisations d’un décor raffiné dont il puisait ses inspirations dans le monde végétal, animal et historique. Dès les premières années de sa carrière, Edgar Brandt se plaisait à répéter « Il n’y a rien de difficile, il n’y a que des choses qu’on ne sait pas faire ». Cette philosophie lui permit de prendre une place prépondérante dans le monde des arts décoratifs français. La modernité de ses œuvres fut telle qu’elles s’intègrent encore aujourd’hui dans notre environnement urbain sans une once de désuétude. Il para les plus beaux immeubles de portes, balcons, rambardes et escaliers de la Capitale, comme les escaliers Mollien du Louvre, les rambardes du grand magasin Au Bon Marché en 1923, la porte de la Maison de couture Paul Poiret, rue des Champs Élysées en 1924, pour n’en citer que quelques-uns et participa à la décoration du Paquebot Paris en 1920. Célébré à l’Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925 qui s’était tenue à Paris, Brandt y conçut la Porte d’Honneur, chef-d’œuvre de ferronnerie qui assit sa réputation et y présenta à l’Hôtel d’un Collectionneur, pavillon conçu par Jacques-Émile Ruhlmann un échantillon d’ouvrages en fer forgé de pure beauté. Précurseur et visionnaire, il ouvrit une galerie, au 101 boulevard Murat, la première galerie consacrée aux arts décoratifs en France. Il y exposa toutes ses créations, paravents, lampadaires, lampes de table, protège-radiateurs, écrans de cheminée, miroirs, consoles, jardinières ornées d’un vocabulaire stylisé puisé dans le japonisme, l’orientalisme, l’animalier ou l’Antiquité. Son répertoire iconographique sembla intarissable tant ses motifs pouvaient être modulés à volonté. Edgar Brandt fut fasciné par les États-Unis et surtout par la supériorité de la technologie américaine, notamment en matière de métallurgie. Le déclic se fit par la rencontre en novembre 1921 avec George Both (1864-1941) grand amateur d’art et de ferronnerie, propriétaire du Evening news de Détroit. Celui-ci lors de son passage à la Galerie Brandt commanda dix-huit pièces qu’il fit rapatrier par paquebot aux États-Unis ; Cela ouvrit la porte à Brandt du marché américain en recevant de nombreuses commandes, principalement à Montréal et à New York, dont le plus remarquable ouvrage fut la Porte d’entrée du Madison-Belmont Building. Appelé par les magazines américains le « Benvenuto Cellini du XXe siècle », il collabora notamment avec Cheney Brothers, une manufacture de textiles new yorkaise pour qui il conçut paravents, écrans et autres meubles. Référence bibliographique Joan Kahr, Edgar Brandt Art Deco Ironwork, éd. Schiffer, 2010
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Dessins, aquarelles et pastels
À propos de la vente
Catalogue
Vente de Prestige
75008 Paris - France
10/09/2014
Proposé par Kohn
(33) 1.44.18.73.00