Lot 29
FRANCESCO SOLIMENA (Canale di Serino, 1657-Naples, 1747)
Le triomphe de la Foi sur l’Hérésie par l’intercession des dominicains
Toile
The triumph of Faith over Heresy through the intercession of Dominicans, canvas
229,50 x 93 cm - 90,4 x 36,6 in.
PROVENANCE
Hôtel particulier en Bourgogne
BIBLIOGRAPHIE
Nicola Spinosa, Francesco Solimena (1657-1747) e le Arti a Napoli, Ugo Bozzi editore, Rome, 2018, p.385, cat. 158.2, repr. p. 386
Notre toile est le modello de mise en place de la grande fresque du plafond de la sacristie de San Domenico Maggiore, réalisée entre 1705 et 1707 et qui mesure 14 mètres de long sur 5 mètres de largeur (Fig. 1 et 2). Celle-ci est insérée dans des bordures de stuc doré. Cette esquisse a dû être validée par les pères dominicains avant le début des travaux dans leur église. Les premiers paiements à l'artiste sont documentés en 1704 et 1705, puis le solde en 1706, et il reçoit un supplément en 1709.
En ce début de siècle et juste avant la mort de Luca Giordano, lequel a longtemps séjourné hors de Naples, Solimena révolutionne la peinture napolitaine avec cette composition, et la fait entrer dans le XVIIIe siècle. Il fait la synthèse entre Giordano, Preti et Pierre de Cortone, regarde l'évolution récente de la peinture romaine (Carlo Maratta) et bascule du Baroque au courant Rococo par les anges virevoltant gracieusement, les raccourcis saisissants, le mouvement ascensionnel au milieu des nuées et le tourbillon de l'ensemble. Cette synthèse de la tradition napolitaine dans une conception moderne de l'espace ouvert, non compartimenté, influencera non seulement les peintres des générations suivantes, (Nicola Maria Rossi, Paolo de Matteis, Francesco de Mura …), mais également l'architecture et la sculpture.
Solimena peint le plus souvent sur une "imprimatura", une sous-couche brune (qu'on voit très bien à droite), d'où les personnages se détachent par des lumières et couleurs chaudes. Ils sortent de la pénombre par les draperies aux couleurs vives. Le mouvement circulaire de la composition est servi par un pinceau léger, qui rend particulièrement crédible la densité des nuées célestes ou la douceur des ailes de l'ange de gauche. La Trinité est vue dans un raccourci saisissant, au milieu des nuées. On note plusieurs variantes secondaires entre notre esquisse et la fresque :
- l'élément d'architecture de pierre et de brique est simplifié et moins défini,
- la disposition de la main du personnage, à l'extrême gauche, est plus nette et plus levée que dans la version finale,
- plusieurs putti ont des visages et des expressions légèrement différentes,
- la draperie du saint Michel est gris-rose ici et bleue dans la fresque.
Il n'a été retrouvé aucun des dessins préparatoires (1), qui ont dû exister, mais nous connaissons deux études de détails autographes avec importantes variantes (Quimper, musée des Beaux-Arts, voir catalogue de l'exposition De Véronèse à Casanova Parcours italien dans les collections de Bretagne, Quimper, Musée des Beaux-Arts, Rennes, Musée des Beaux-Arts, 2013/2014, p.188-189).
Des copies d'ensemble
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Tableaux anciens
À propos de la vente
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