Lot 17
Francis PICABIA 1879-1953 LE TORRENT (PAYSAGE AU GRAND ET AU PETIT ARBRE), circa 1911 Huile sur toile 73 x 92 cm (283/4 x 361/4 in.) Provenance : Vente Genève, Galerie Motte, 19 juin 1965, n° 163, Monsieur Jacques Dubourg, expert ; acquis par l'actuel propriétaire. Bibliographie : William A. Camfield, Francis Picabia, his art, life and times, Princeton University Press, Princeton, 1979, reproduit illustration 5, et sous le n° 48. Maria Lluïsa Borrás, Picabia, Éditions Albin Michel, Paris, 1985, no 223, reproduit pages 126 et 128. Un certificat de Monsieur Jacques Dubourg sera remis à l'acquéreur. Lors de l'exposition du 20 décembre 1909 au 20 janvier 1910, intitulée “Exposition de peinture moderne”, organisée à Rouen par la Société normande de peinture moderne, avec pour membres Marcel Duchamp, Jacques Villon et Pierre Dumont, Francis Picabia montre pour la première fois sa nouvelle manière de concevoir la peinture. Il expose Les bords de la Sédelle. Crozant, œuvre qui interpelle le public, qui “intrigue” et qui fait l'objet de remarques dans L'avant-garde de Normandie, en janvier 1910. Maria Lluïsa Borrás, dans sa monographie Picabia, écrit : “Il peut s'agir d'un des paysages représentant un torrent ou de sujet voisin et ce qui “intrigua” fut probablement que le paysage était le simple prétexte à un jeu de formes et de couleurs, dépourvu de toute recherche de perspective traditionnelle”. Le torrent (Paysage au grand et au petit arbre) n'est pas celui de l'exposition de 1910, mais il n'aurait pas manqué de provoquer les mêmes émotions. Le mariage de Francis Picabia, en janvier 1909, avec Gabrielle Buffet, et la rupture quelques mois plus tôt avec son marchand, Danthon, avaient provoqué chez le peintre une complète remise en question de son écriture picturale. Gabrielle Buffet était une musicienne talentueuse, dotée d'une indépendance d'esprit remarquable. A Berlin où elle étudiait, elle avait rencontré Ferruccio Busoni, compositeur et pianiste italien, curieux de nouveautés, qui poursuivait des recherches dans le domaine de l'harmonie. Il était un précurseur qui prônait le retour absolu à la musique pure et devait écrire : “… Qui est né pour créer devra préalablement accepter la grande responsabilité de se débarrasser de tout ce qu'il a appris […] afin, après avoir fait table rase, de provoquer en lui-même un état d'intense concentration…”. Transposant au plan de la peinture ses réflexions sur la musique, Gabrielle Buffet sut éveiller en Picabia des préoccupations semblables. Leurs discussions passionnées sur l'esthétique engendrèrent chez le peintre un bouleversement, un retournement sur lui-même. Il se préoccupa alors d'aller vers une peinture abstraite, dépourvue de références directes au réel et qui devait s'élaborer, selon un système de correspondances, avec la musique. Voir suite de la fiche descriptive lot "17 suite" et English Notes 600 000 / 800 000 FF 82 200 / 110 000 $ 91 500 / 122 000 E
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À propos de la vente
Catalogue
Art Moderne - Part I
75008 Paris - France
17/12/2001
Proposé par Artcurial
33 (0)1 42 99 20 20