Lot 125
Geer VAN VELDE COMPOSITION, vers 1950 Huile sur toile monogrammée en bas à droite et signée au dos 64 x 81 cm Geer Van Velde est un artiste rare dans le sens où son travail minutieux, analytique sans être froid ou retranché dans un intellectualisme glacé ne fige pas des règles directement appliquées d'un théorème. Il connaît la puissance des pulsions, mais les contrôle, arpentant pas à pas les chemins d'un dialogue avec la toile, résultante d'un combat. En homme du Nord, il est le fruit d'un pays : la Hollande et les Flandres où la perspective atmosphérique a vu le jour au début du XVème siècle avec les enluminures des frères Limbourg où la profondeur de l'espace dans ces terres plates était suggérée par un dégradé de couleurs. Il connaît les natures mortes de ses aînés du XVIIème siècle mais aussi les paysages d'Hobbema et de Ruysdael où les lignes de fuites convergent dans une profondeur illimitée parfaitement structurée et se rejoignent vers une ligne d'horizon qui semble se perdre dans les brumes et les couleurs nuancées des plaines et ciels nordiques. De ces fenêtres ouvertes sur le monde où l'austérité protestante se conjugue à la rigueur d'un climat, Geer Van Velde en fait la trame de ses toiles. Solitaire, parlant peu, chaque toile rend compte du personnage. Chaque tableau depuis l'abandon progressif puis la dissipation de tout référent depuis la fi n de la guerre livre une sorte d' « exploration-introspection » selon le mot de Germain Viatte c'est-à-dire une manière de peindre qui scrute « l'extérieur depuis le refuge de l'intérieur ». Cette exploration du terrain se matérialise par un maillage ouvert, un balisement de l'espace qui font perdre nos habitudes dépassées de distinguer dedans dehors, ouvert fermé avec un souci scrupuleux d'équilibre et de mesure. Chaque tableau de Geer Van Velde mesure et traverse le temps, le lent temps d'exécution, le lent périple du voyageur de la périphérie d'un lieu vers son ou sa pluralité de centre(s) dans une lente et progressive structuration de l'espace, tissant « une dualité transparence apparence » selon le mot de Gaëtan Picon, et rendant sensible le résultat d'une topographie où le mouvement de la vie n'est jamais absent.
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Tableaux anciens
À propos de la vente
Catalogue
26/04/2009
Proposé par Maître DE CRISNAY
01 39 50 69 82