Lot 70
GIOVANNI BATTISTA BEINASCHI (Fossano, 1636 / Naples, 1688) SAINTE FAMILLE avec sainte Anne et saint Joachim Naples, vers 1670 Huile sur toile H. 127,5 x L. 169 cm Provenance Ancienne collection Sir Richard Blunt (Vente Christie’s Londres, 30/11/1973, lot 2) Vente Sotheby’s Londres, 11/12/1974, lot 59 Collection particulière, Nice Collection particulière, Paris Exposition Galerie Canesso 2007, Tableaux napolitains Bibliographie Véronique Damian, Tableaux napolitains, du naturalisme au baroque, Paris, Galerie Canesso, 2007, présenté et reproduit p. 46-47 Antonio Gesino dans Vincenzo Pacelli et Francesco Petrucci (dir.), Giovan Battista Beinaschi, pittore barocco tra Roma e Napoli, catalogue raisonné, Rome, 2011, reproduit p. 45, fig. 62 et p. 113-114, n° Cb7 Né à Fossano, près de Turin, Giovanni Battista Beinaschi partit à Rome en 1660 où il devint l’élève du peintre et graveur baroque Pietro del Po (Palerme, 1616-Naples, 1692) avant de s’installer à Naples en 1664. Il étudia avec ferveur l’art de Giovanni Lanfranco (Parme, 1682-Rome, 1647) dont le classicisme se ressent dans la composition triangulaire de notre tableau, enrichi d’un clairobscur accentué qui puise sa source dans l’œuvre du napolitain Mattia Preti (Taverna, 1613-La Valette, 1699). La colombe du Saint-Esprit irradie la Sainte Famille, représentée ici avec sainte Anne et saint Joachim. Le cadrage très resserré a laissé Joseph de côté qui, songeur, la tête posée contre la main, semble encore en proie au doute. Au premier plan, Marie est vêtue de couleurs vives, une robe rose sous un manteau bleu. Elle converse avec ses parents. Son visage rayonne de lumière. L’Enfant s’est assoupi contre son sein. Beinaschi expose ici cette manière toute personnelle d’utiliser la couleur qu’il réserve aux zones lumineuses en de larges et libres coups de pinceaux ainsi que cette efficace de la gestuelle qu’il a su développer dans les grandes fresques réalisées pour les églises de Naples ou de Rome. On retrouve cette même puissance suggestive dans les dessins préparatoires (fig. 1) ou dans le tableau du Couronnement d’épines récemment acquis par le Louvre (fig. 2). Comme ici, la composition est en triangle et le cadre resserré sur les personnages qui se détachent sur un arrière-plan à peine esquissé.
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