Lot 17
GRANDE COMMODE D’ÉPOQUE TRANSITION PAR JEAN-FRANÇOIS HACHE (GRENOBLE 1730-1776) Ouvrant à deux rangs de tiroirs séparés par une traverse, galbée en façade et sur les côtés, à montants antérieurs saillants, sur un bâti en merisier, elle reçoit un placage de bois de rose, hêtre moiré et de loupes de sycomore nuageuses et moirées, teintées en blond et vert, dans un décor de réserves composé en façade d’un grand ovale de cubes sans fond en noyer de fil, flanqué de deux médaillons de hêtre moiré en quatre feuilles, le tout relié par un grand filet en bois noirci au dessin inédit. Les faces des montants saillants, tout comme le tablier, sont ornés de cartouches en belle loupe de sycomore brune, la façade et les côtés sont ponctués de petites pastilles en loupe de sycomore verte. Les moulures des tiroirs sont en olivier. Reposant sur quatre pieds dits « pastilles ». Montage à clef. Beau marbre gris nuageux de la Mûre. Poignées de tirage et entrées de serrures feuillagées en bronze vernis. Jean-François HACHE (Grenoble 1730-1776), ébéniste du duc d’Orléans, vers 1770. 85 x 136,5 x 67 cm (Quelques usures, fentes, manques et réparations au placage.) Ce meuble sera reproduit dans le Tome 2 du livre « Le génie des Hache », Pierre et Françoise Rouge, Faton 2005, à paraître prochainement. BOIS EXOTIQUE ET LOUPES TEINTÉES EN UN DÉCOR INÉDIT ET VIRTUOSE SIGNÉ JEAN-FRANÇOIS HACHE C’est Jean-François Oeben, l’ébéniste du roi et de la Pompadour, ami de Pierre et Jean-François Hache (in Le génie des Hache, Pierre et Françoise Rouge, Faton 2005, p. 58-61) qui mit à la mode les décors de cubes vers 1760. De Jean-François Hache, on ne connaissait jusqu’à la découverte de ce modèle, que trois commodes à décor de cubes (ibidem, pp. 297, 311 et 315), réalisées entre 1768 et 1778 et toutes de format réduit, contrairement à notre commode de belles dimensions et dotée d’un beau marbre de la Mûre galbé en arbalète en façade. Outre la nouveauté du décor, inédit par le dessin du grand filet qui enserre les réserves de façade et des côtés et dont le tracé est virtuose – car ininterrompu pour former cercles, ovales, droites et angles – ce modèle se distingue également par la présence importante de bois exotique, tel que le bois de rose en façade et sur les côtés. On retrouve ici le procédé illusionniste cher à Jean-François Hache, qui consiste à ignorer la traverse médiane pour laisser l’oeil du spectateur reconstituer l’ovale et les médaillons, il fait office de signature aussi bien qu’une estampille ou qu’une étiquette.
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