Lot 124
GRANDE GLACE ROMAINE Bois noirci, laqué et doré, incrustations de marbres de couleur H. : 132 cm - larg. : 80 cm - P. : 11 cm Italie (Rome) Circa 1600/1620 Etat : Très légers accidents, miroir moderne Vente sur folle enchère La marquèterie de marbres et de pierres dures débute à Rome au XVIème siècle, après la découverte de pavements de marbres et de mosaïques antiques. Les Papes développent cet art de prestige en faisant habiller de marquèterie de marbres les murs de la Sala Regia du Vatican, vers 1560. Cette impulsion donnée par les Pontifes pousse mécènes et collectionneurs à faire décorer les murs et les sols de leurs palais, et à commander des meubles et des objets ressuscitant ces techniques anciennes. Elle gagne Florence, où les Médicis fondent en 1588 une manufacture vite renommée. Plus qu'à la mosaïque, l'incrustation de marbres et de pierres ressemble à l'intarsia. Chaque pièce, plus grande que la tesselle, est découpée pour s'adapter parfaitement sur un fond préparé. L' association de toutes les pièces produit un ensemble homogène, qui utilise la couleur naturelle et le veinage des pierres pour obtenir l'effet recherché. La construction très architecturée de ce cadre remarquable s'inspire de l'antique, évoquant une entrée de palais, avec soubassement, colonnade, frise et entablement. Ce substrat classique reçoit un traitement nouveau. Des arcs emboités se superposent : l'ouverture en plein cintre est surmontée d'un fronton triangulaire, lui-même enveloppé d'un fronton curviligne. Rinceaux et volutes aux lignes courbes tracent la silhouette du cadre, surmonté de trois élégants pots à feu. Matières et couleurs créent une harmonie musicale. Colonnettes en ronde bosse, moulures, piédestal et fronton en haut relief introduisent dans les volumes des jeux d'optique et de perspective. Le bois noirci et laqué enchâsse les marbres verts et roses, polis et brillants. Il se couvre, sur les frontons, d'une fine guipure dorée de palmettes, rinceaux et entrelacs délicatement tracée au pinceau, qui rappelle l'art de la miniature. Ce cadre est un écrin, virtuose et raffiné, à la manière des petits théâtres qui se multiplient en Italie (cf. Le décor de bois du Teatro Olimpico de Vicence), traduisant l'engouement pour cet art dans la péninsule dès la fin du XVIème siècle. De stiné à mettre en valeur un portrait peint ou un reflet dans un miroir, il place l'illusion théâtrale au cœur de l'architecture.
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Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
Haute Epoque
75009 Paris - France
22/12/2010
Proposé par AGUTTES
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