Lot 354
Guglielmo Ciardi (1842 - 1917)
Lagune, 1880
Huile sur toile
35 x 64 cm
Signature : en bas à droite, "Ciardi".
Date : "1880", sur la voile en ivoire d'un bateau à gauche
Éléments particuliers : étiquette avec numéro d'inventaire "CE 09/22" ; "CIARDI" au feutre au verso du cadre
Provenance : Leslie Hindman, Chicago (1993) ; collection privée, Venise
Bibliographie : Maurizio Agnellini, "Ottocento italiano. Peintres et sculpteurs. Opere e Mercato", Milan, 1994, table XX ; Volker et Erwin Silbernagl, éd. "Pittori a confronto", catalogue d'exposition, Daverio, 1995, p. 35 ; Nico Stringa, "Guglielmo Ciardi. Catalogo generale dei dipinti", Crocetta del Montello, 2007, p. 221, n° 128.
Exposition : "Pittori a confronto", Milan, Galleria Sibernagl, 1995
État de conservation. Soutien : 90% (rintelo)
État de conservation. Surface : 70% (perte de peinture et repeint)
À partir de 1873, Guglielmo Ciardi s'impose comme un peintre de la lagune vénitienne, héritier prédestiné de Canaletto, Guardi et Bellotto (Stefano Bosi, " Il cantore della laguna veneta : I cicli delle 'basse maree' e dei 'pescatori in laguna' ", in Enzo Savoia, Francesco Luigi Maspes, ed. " Guglielmo Ciardi protagonista del vedutismo veneto dell'Ottocento ", Crocetta del Montello, 2013, pp. 92-95). Élève de l'école de paysage créée par Domenico Bresolin à l'Académie des Beaux-Arts de Venise, l'artiste a su créer un mariage heureux entre la tradition vénitienne, dont il emprunte les atmosphères et la palette, et les recherches les plus novatrices de son époque entre "macchia" et "vero". Le point de vue particulier de la terre vue de la mer ou d'un des îlots de la lagune lui avait permis de faire cette synthèse et de travailler sur le motif en captant les variations infinies des effets de la lumière à la surface de l'eau. La mer est toujours calme et les rares figures humaines sont industrieuses, dans une interpénétration harmonieuse entre l'homme et la nature, transfigurant une dimension sereine et intemporelle. Il s'agit de véritables cycles, où chaque détail atmosphérique et chaque activité humaine sont notés au fil des ans à travers des tableaux tous différents les uns des autres. Après un séjour à Paris pour visiter l'Exposition universelle de 1878, la peinture de Ciardi gagne en maturité et en internationalité, comme en témoigne l'œuvre examinée provenant du marché américain et datée de 1880 sur la voile ivoire de la sixième embarcation en partant de la gauche. Le coup de pinceau devient plus doux et le contraste de couleur entre les mottes de terre et l'eau plus évident. Une femme accompagnée de deux enfants observe, depuis une petite jetée qui ferme la composition, les voiles des bateaux de pêche qui se déploient sur la lagune. Le ciel à peine nuageux se reflète placidement sur la surface de la mer, qui marque tout le contour du tableau. L'artiste orchestre savamment les variations chromatiques, passant du brun au bleu vers le bas, le long de la ligne d'horizon du bleu à l'ivoire des bâtiments, esquissés de manière miniaturiste, et à droite du bleu au cobalt des collines au loin.
Teresa Sacchi Lodispoto
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